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Messagerie en open source en entreprise

lundi 17 juillet 2006, par km

Le modèle open source fait son chemin en entreprise. Alors qu’il existe déjà des progiciels open source, d’autres voies plus classiques, telle que la messagerie, entrent en entreprise, mais le chemin vers le libre semble être parsemé d’embûches.

L’open source

L’open source est cette voie parallèle du développement logiciel, reposant non plus sur une licence d’utilisation payante, mais sur une licence gratuite et permettant, sous conditions, la modification de ce même logiciel.
Si l’internet a permis, grâce aux différentes communautés présentes et à son mode de travail à distance, de lancer cette voie, il existe des pans entiers pour lesquels l’entreprise risque d’avoir du mal à franchir le pas vers le logiciel libre.
La messagerie en fait partie.

La messagerie et ses utilisations

Les services de messagerie sont issus de deux grandes familles :
- le monde Microsoft avec Microsoft Office Outlook,
- le monde IBM avec Lotus Notes.

Dans ces deux systèmes, les services de messagerie sont utilisés pour différentes fonctions :
- la simple messagerie au sein de l’entreprise,
- le travail de groupe avec les dossiers partagés,
- l’agenda avec le calendrier et la gestion des rendez-vous.

On peut ajouter à cela des développements spécifiques qui permettent de mettre en place des applications diverses dès lors qu’elles sollicitent le travail de groupe (par exemple, la gestion d’une hotline couplée avec une messagerie de type extranet).

Parmi ces différentes utilisations, on trouve également la fonction de sauvegarde des messages sur le réseau, en sauvegarde unitaire ou en archivage.
Différents formats de sauvegarde sont utilisés, du fichier .msg simple au fichier .rtf.
Souvent ces sauvegardes unitaires comportent, en plus du texte, une ou plusieurs pièces jointes bureautiques.

La messagerie open source

C’est par exemple, pour citer une messagerie en vogue, la suite de la fondation Mozilla : **ThunderbirdMail**.

Cette messagerie dispose des fonctions classiques :
- messagerie électronique,
- lecteur de groupes de discussions (newsgroups de Usenet),
- lecteur de flux RSS.

Étant basée sur une communauté de développeurs et étant open source, il est possible d’y développer et d’y adjoindre des modules spécifiques.
À ce niveau, Thunderbird est théoriquement identique à Outlook et Lotus Notes.

Autre intérêt : l’absence de virus côté open source.
Les failles de Microsoft tiennent au fait que son logiciel de messagerie sait lire les macros-commandes et scripts VB contenus dans les messages.
Il suffit que la messagerie Outlook affiche le message en mode aperçu pour que le script s’exécute.
Chez Thunderbird, le script VB est peut-être lu, mais il n’est pas compris et reste donc inactif.

L’open source côté messagerie paraît séduisant, encore faut-il pouvoir migrer d’un ancien système à un nouveau.

Le coût de la migration

La migration est l’opération informatique permettant de passer d’Outlook ou Lotus Notes à ThunderbirdMail, sans que cela change quoi que ce soit pour l’utilisateur.

Et c’est là que réside la difficulté.
Utiliser directement une nouvelle messagerie en repartant de zéro est envisageable pour un particulier, mais pas en entreprise.
Open source ne signifie pas compatibilité : ouvrir un objet .msg (message Outlook) ou un .pst (archive Outlook) ne fonctionne pas dans ThunderbirdMail.
C’est le principe même de ce qui n’est pas open source : les sources ne sont pas ouverts, donc on ne sait pas lire un fichier msg ou pst sans Outlook.

Il faut alors passer par la tâche lourde consistant à migrer tous les contenus des serveurs mail vers des formats lisibles par Thunderbird (par exemple RTF).
C’est une tâche ardue pour des messages unitaires et complexe pour les fichiers d’archives.
En plus des serveurs mail, il faudrait également migrer tous les fichiers et archives sauvegardés par les utilisateurs du SI, que ce soit sur le réseau, sur leurs disques durs ou sur des supports amovibles (disques externes, clés USB, etc.).

La présentation statique de l’open source est séduisante et semble intéressante pour le SI de l’organisation.
Mais de manière dynamique, en intégrant l’existant, la migration vers l’open source a un coût non négligeable.
Le coût est tel que certaines entreprises considèrent que l’open source “gratuit” devient alors trop cher.