Alta Via 1 : Hôtel Valentino, Bionaz - refuge Champillon

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Entre alpages et forêt de mélèzes, Philippe et Jacky débutent une grande étape sur cet Alta Via 1. Leur état de forme semble leur permettre de passer partout et d'apprécier les moments de bien être qu'apporte à la longue la randonnée de montagne.



Vendredi 2 septembre 2016

Hôtel Valentino, Bionaz - refuge Champillon
7h35 - 15h35 soit 8h00 de "marche" (7h30 selon topo) et 2090 m de dénivelé +

Voyez ici pour le Road Book refuge Champillon

Le petit déjeuner de 7h00 est très copieux, un petit buffet avec même de la charcuterie pour qui veut. Qui veut ... nous ne serons que nous deux jusqu'à notre départ ... en voiture. Notre hôtesse nous dépose à Close sur le départ de l'ancien tracé à 7h35. L'étape fait aujourd'hui 2122 mètres de dénivelé ascensionnel et 1143 mètres de négatif, de quoi occuper la journée amplement.

C'est l'étape avec le dénivelé maximal de notre séjour. Un temps, j'avais envisagé de la scinder en deux avec un arrêt à Ollomont, mais Jacky est désormais au top. De plus les sacs se sont allégés de dix repas soit environ 1,8 kg. Nous sommes à l'ombre et dans la forêt. Parfait pour cette première ascension. Le rythme est lent mais régulier, 430 m de dénivelé à l'heure. Trois italiens nous devancent. Nous les dépassons ... lors de leur pause. Ils ont dormi au dortoir d'Oyace, hébergement tout nouveau.

A Suchéaz, alors que nous sortons un instant de la forêt, un bruit de moteur se rapproche.



C'est le berger qui monte à l'alpage de Breuson (Breson) l'Arpe en moto trial. Il y a déjà quelques passages où à pied nous sommes prudents, alors à moto il faut quelques talents d'équilibriste, surtout lors du passage des premiers couloirs détritiques provenant de la pointe Fioro. Ici sur cet ancien alpage, les granges sont en ruines. Premier rayons solaires à nous atteindre, premières photos. Les Italiens passent. La forêt de pins à l'odeur de résine cède le pas à la mélèzaie. Nous entrons sur le flanc du raide vallon de la Combe de Breuson (l'orthographe varie entre carte et topoguide, voire sur le terrain).

A 2095 m, les bâtiments de l'alpage Breuson l'Arpe sont aussi en ruine. Les Italiens y font une pause, nous repassons devant ... Ils nous repasserons devant lors de nos pauses photographiques. Ils nous renseignent à ma demande, sur les sommets du Massif du Grand Paradis nous désignant la Grivola, le Grand Paradis au sommet glacé, permettant ainsi une meilleure lecture de l'horizon panoramique de la basse vallée de Valpelline.




Nous contournons en un demi-cercle presque parfait le vallon et gagnons le col de Breuson (2492 m), légère dépression de l'abrupte crête herbeuse qui relie le Mont de Berrio et le Mont Facebella. La vallée d'Ollomont apparaît avec le Grand Combin en tête de vallon.

Le village d'Ollomont est situé 1200 m plus bas, au bas d'une pente à 60% ... oui oui 60% ! Inutile de dire que la descente va comporter de nombreux lacets et par quelques diagonales adoucir un peu la perte d'altitude sur les cinq kilomètres de sentier qui y mènent.




De vieux mélèzes peuplent la forêt dominant le torrent de Verney. Nous arrivons à l'alpage Berrio Damon. A partir de là, c'est la piste poussiéreuse qui nous conduira à Ollomont, sinuant en bordure du ravin du torrent de Berrio.

Les champs au dessus du village sont en cours d'arrosage. Les locaux nous disent qu'il n'a quasiment pas plu depuis un mois. Nous déjeunons sur le banc du lavoir à l'abri du soleil et avec l'eau à portée de main. Deux chiens montent la garde devant la grille nous faisant face. Mais la garde baisse rapidement, et l'attrait des effluves montant de nos lyophilisés prend le dessus.



Nous remontons la route sur 500 mètres environ et traversons le torrent Buthier d'Ollomont aux Rey. Les "barnums" d'accueil des futurs concurrents du 4K sont déjà en place. Le pont passé, c'est reparti pour 1000 mètres de dénivelé. Heureusement la forêt nous protège du soleil et de la chaleur jusqu'à 1900 m d'altitude. Nous saluons les trois valdotains en train de pique-niquer. Quelques trouées offrent de belles vues sur le Mont Combin et le Mont Gelé.




Un grand pâturage s'étend sous l'alpage de Champillon. Une marmotte siffle et je vois un rapace fondre à terre. A la jumelle, on le verra rester au sol, preuve qu'il a attrapé sa proie, mais la distance est trop grande pour distinguer précisément l'espèce de l'oiseau. De ces pentes d'herbe, la vue sur les sommets fermant la vallée est panoramique et magnifique. Grand Combin, Fenêtre Durand, col qui fut une importante voie commerciale, et Mont Gelé, dont le glacier sommital est fort réduit, sont les principaux points attirant l'œil.




La Fenêtre Durand fut dès l'antiquité un lieu de transit de voyageurs et de marchandises. Au Moyen-âge, le village de By à 1600 m d'altitude, était alors habité toute l'année. Mais vers 1550, les Savoie, souverains de la vallée d'Aoste et du Valais, perdirent le contrôle du versant suisse. Les conséquences furent désastreuses sur le commerce à Ollomont. By fut abandonné et en fut réduit à un alpage panoramique. Au 17ème siècle, l'exploitation des mines de cuivre ramena de l'activité mais en 1945 on déclara le filon épuisé. De nos jours, une partie de l'ancienne mine est utilisée comme entrepôt destiné à la conservation des fontines (meules de fromage local), fort pratique étant donné le caractère agricole du village.


L'Alta Via 1 emprunte pour un moment la piste qui monte au refuge de Champillon. Elle croise un canal d'irrigation encore en eau et fort bien pourvu : le rû de By. Le sentier coupe les lacets que suit la piste. Nous cheminons désormais sur une portion commune avec le Tour des Combins (TDC) itinéraire italo-suisse de six jours.

L'alpage Chaz de Champillon est actif. Les bâtiments en parfait état peuvent accueillir, lorsque l'on ouvre les plus anciens, jusqu'à 300 vaches. Le chiffre de 200 est une constante. Les propriétaires font de la fontine avec le lait mais possèdent aussi un élevage de vaches de combat. Ils gagnent régulièrement les concours comme en témoignent la série de cloches et colliers trophées récompenses qui décorent l'entrée de la fromagerie. En 2015 ils vendaient leur "reine" 28.000 euros !

Tous les bâtiments appartiennent à la même famille et quatre ouvriers roumains travaillent en plus sur l'exploitation. A la porte une jeune femme portant un enfant me salue.



En vingt petites minutes nous atteignons le refuge, magnifique terrasse sur la vallée. Mattia nous accueille dans un parfait français. Nous logerons ce soir dans une chambre pour nous deux, la douche sera chaude. Lemon-soda pour nous deux à la terrasse. Les trois italiens arrivent peu après. Ce soir, deux allemands (père et fils) faisant le Tour des Combins seront les seuls autres occupants du refuge. On parle un peu allemand, mais beaucoup français avec les valdotains. Ils ont 130.000 habitants et 7000 expatriés, le français est enseigné obligatoirement dès la maternelle et est présent dans tous les textes officiels. Nous en arrivons même à savoir que la maison du Val d'Aoste à Paris, rue des Deux Boules... leur coûte, non pas la peau des fesses, mais 300.000 euros annuellement. Elle fut pour nous une précieuse source de renseignements et de documentation. En fin d'après-midi avec la longue-vue du gardien j'observerai trois bouquetins et un chamois aux étranges bouts de pattes blancs comme des chaussettes !

Au repas ce soir, soupe avec tranche de pain grillé frotté avec huile d'olive et ail, saucisses à la sauce tomate, tartiflette valdotaine et polenta, génoise.

A suivre Refuge Champillon - Hôtel Suisse, Saint-Rhémy-en-Bosses





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 22/02/2017
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Catégorie : Publication Randonnee


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