Alta Via : Refuge Champillon - hôtel Suisse, Saint-Rhémy-en-Bosses

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La randonnée rencontre un autre monde, celui de l'ultra trail. Les magnifiques paysages de montagne qui s'offrent sont partagés, une course se prépare alors que les rencontres se multiplient.



Samedi 3 septembre 2016

Refuge Champillon - hôtel Suisse, Saint-Rhémy-en-Bosses
7h40 - 13h20 soit 5h40 de "marche" (4h30 selon le topo) et 625 m de dénivelé +

Voyez ici pour le Road Book Hôtel Suisse, Frazione Saint-Rhémy

Le petit déjeuner est à 7 heures pour tout le monde ... enfin 7 personnes !
Que des biscottes, pas de pain; alors de sera 6 sachets. J'essaierai la confiture au chou rouge mais reviendrais à la compote de pommes. Au lever le ciel était rougeoyant sur les cimes faisant face au refuge, mais vers 8h00 un voile d'altitude s'installe donnant pour une bonne partie de la matinée, une impression de grisaille. Les photos s'en ressentiront.


Il y a 250 mètres de dénivelé jusqu'au col Champillon. Les trois valdotains, partis dix minutes avant nous, feront la course en tête. Nous ne les reverrons plus car ils dorment ce soir au refuge Frassati au pied du col de Malatra. Un vacher pousse ses vaches vers leur lieu de pâture. J'essaie durant l'ascension de repérer quelques bouquetins ou chamois, mais rien ne bouge ce matin. A 2709 m, le col se situe sur une belle selle herbeuse entre le Mont Chenaille et le Crou de Bleintse. La pente qui descend dans le vallon de Ménouve est fort raisonnable et terreuse, rendant plus souple au pas notre perte d'altitude. La vue sur le Mont-Blanc est laiteuse. De larges lacets nous mènent à l'alpage en ruine de Crou de Bleintse, ensuite ce sera une longue traversée descendante jusqu'à la forêt.
Nous trouvons sous les mélèzes un troupeau de vaches. Vaches laitières et "combattantes" s'y côtoient.


La principale race laitière est ici la valdotaine pie-rouge. La transhumance concerne environ 30.000 bovins sur le Val d'Aoste pour une production de fontine d'alpage de 82.000 formes (meules) en 2015.


Quant aux vaches de combat, c'est en 1924 que fut organisé le premier combat public de reines. Mais la dictature fasciste, se méfiant de toute manifestation populaire locale, empêcha l'organisation stable de ces combats qui n'eurent lieu qu'à partir de 1947.

Séance photo terminée, une nouvelle pause s'impose. Il reste encore des framboises à grappiller en lisière de forêt. Un chien monte suivi d'un berger, lui d'origine marocaine. Il m'interpelle, se renseigne sur les salaires français, car il songe aller en France. Je lui parlerai des loyers et des grandes villes. Ici il paie 150 Euros pour un trois pièces, sans compter la qualité de vie et l'environnement...
Aux ruines de Ponteilles Damon, le balisage de 4K file vers le fond du vallon. Nous descendons vers le sud. Apparemment, le tracé du trail quitte l'Alta Via numéro 1 pour le Tour des Combins. Nous le retrouverons vers midi dans le bois de Teppes. Nous rejoignons la piste du rû d'Allein pour suivre ce petit canal en eau, dont l'existence remonte à 1393. En sept kilomètres, il conduit ses eaux vers les champs de la commune d'Allein.


Mais ma carte indique que l'on quitte le canal pour descendre vers le lit du torrent. Il y a bien un ancien chemin un peu embroussaillé. A vue, nous coupons en forêt et rejoignons le pont. Le tracé numéro 1 doit désormais suivre le rû d'Allein, passer Bleintse, et traverser le torrent de Ménouve au pont suivant.

Nous retrouvons le balisage quelques centaines de mètres après notre changement de rive. C'est un sentier muletier bordé de murets qui nous conduit au Bezet.

Les papillons y abondent. Nous dominons la grosse route qui monte au col du Grand Saint Bernard et perdons le silence qui nous accompagnait depuis ce matin. Le bruit des motos résonne fortement.


Une petite route, en impasse, grimpe à Eternod-Dessus. Le cri d'alarme des geais remplace, ici, celui des casse-noix mouchetés un peu plus haut.
Le hameau est en partie délaissé. Des maisons tombent parfois en ruine, d'autres sont fort bien entretenues. Une jolie chapelle présente en façade de belles fresques mais surtout une étonnante cloche placée sous la panne faîtière de l'avancée de la toiture. Remontant à 1653, elle est dédiée à San Antonio e Barbara.


Une courte remontée par un étroit sentier entre des murets de pierre sèche nous permet de gagner la piste forestière qui nous conduira jusqu'à Saint-Rhémy-en-Bosses, lieu de notre étape.

A midi, alors que nous nous apprêtons à déjeuner dans le Bois de Teppes, nous retrouvons les petits drapeaux jaunes du balisage 4K

A l'ombre, sur la piste la progression est aisée.

Nous croisons un bénévole vérifiant le balisage de la course. Il nous dira son incompréhension d'avoir mis sur pied une nouvelle épreuve concurrente du Tor des Géants, et réfutera l'argument météo (soutenu par les trois valdotains) voulant que plus l'épreuve est tardive, plus il y a de risque de la voir amputée pour cause de neige ou de mauvaises conditions climatiques, comme lors des deux années précédentes. Pour lui, le calendrier d'autres compétitions empêche tout mouvement de date.

Nous ferons quelques centaines de mètres sur la route du col du Grand Saint Bernard et entrons dans le joli village de Saint-Rhémy à 13h15.


Dernière commune avant la frontière suisse et porte d'accès au millénaire Col du Grand Saint Bernard, la ville prospérera grâce au transport des marchandises et des voyageurs dont elle tenait le monopole avec les habitants d'Etroubles. Cette situation est attestée par un laissez-passer octroyé par le Duc de Savoie en 1273, la "carta di franchigia".

Si on ne veut retenir qu'un passage spectaculaire du Grand Saint Bernard, c'est celui de Napoléon, qui en mai 1800, avec son armée de 40.000 hommes, 5.000 chevaux, 50 canons et 8 obusiers, mit 8 jours, devant les difficultés à faire passer l'artillerie, pour franchir le col. Ce passage en force à travers les neiges fit grande impression sur les populations locales. Celles ci arborent en temps de carnaval des masques inspirés de l'armée napoléonienne, plus de deux siècles après l'invasion !




Un tour du village s'impose. L'église fut construite en 1784 et décorée de fresques par les frères Stornone d'Ivrée, en 1898. Le petit cimetière situé sur l'un de ses flancs est un lieu touchant avec ses stèles et ses plaques commémoratives.

De belles bâtisses anciennes bordent le torrent du Grand Saint Bernard et une source ferrugineuse est acheminée jusqu'à la fontaine de la place principale du village.


Saint-Rhémy est un carrefour de randonnées ! Alta Via 1, Via Alpina (de la Méditerranée à la Slovénie), Via Francigena (Canterbury à Rome).

Nous logeons à l'hôtel Suisse, vieille maison d'accueil puisqu'en 1860, un ouvrage "la vallée d'Aoste" d'Edouard Aubert en faisait déjà mention. Notre chambre est faite pour un couple... Rappelant que nous avions réservé pour deux lits simples, nous buvons un verre au bar. La patronne nous amènera gracieusement une ardoise avec jambon de Bosses (AOP) et pain pour patienter, le temps de séparer les lits et d'y mettre des couettes individuelles. C'est un délice et nous la remercions pour ce geste délicat.


Ce soir au menu : spaghetti bolognaise ou minestrone, sauté de veau, polenta et fromage fondu, soufflé à la châtaigne.


A suivre Hôtel Suisse à Saint-Rhémy-en-Bosses - refuge Walter Bonatti






Article mis à jour par Janol
le 22/02/2017
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Catégorie : Publication Randonnee


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