Alta Via 1 : Refuge Coda - Refuge Lago della Vecchia

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Quittant le refuge Coda émerveillés par la vue, Philippe et Jacky repartent pour une nouvelle étape. C'est une longue étape qui va les mener au Refuge Lago della Vecchia via des sentiers peu difficiles et des paysages magnifiques.



Jeudi 25 Août 2016

Refuge Coda - Refuge Lago della Vecchia
7h05 - 16h45 soit 9h40 de "marche" (8h35 au topo) 1405 m de dénivelé +

Voyez ici pour le Road Book Lago della Vecchia



Lever 6h15 et nous descendons déjeuner à 6h30. La patronne est là, présente. Café car il n'y a pas de chocolat pour moi. 4 biscottes, une petite barquette de miel, de confiture, deux plaquettes de beurre, une barquette de "Nutella". Pour moi c'est trop léger du moins en "pain". Aussi j'avale tout en me disant que tout carburant est bon pour la chaudière! Départ 7h05
Quittant le refuge, il nous faudra plus de cinq minutes pour décoller tellement le spectacle est beau. Une mer de nuages nous voile complètement le Piémont et le Val d'Aoste. Avec le lever du soleil, c'est somptueux.




Mais toute beauté a son revers. Nous dévalons sous la Pointe Sella et c'est dans les nuages au pire ou sous ces derniers que nous passerons la majeure partie de la matinée. A tout inconvénient chose est bonne, nous n'aurons pas trop chaud comme hier au soleil.

Nous descendons le vallon du Gaudin. En bas du col, la bifurcation montant au Mont Mars est gardée par deux vaches qui émergent de la brume et nous dominent. Un des lacs Gaudin proche du sentier se comble de végétation. Une cheminée fume en contrebas. Du haut de l'escalier, le chien nous suit du regard mais n'aboie pas. A travers pins cembro, mélèzes et rhododendrons, on passe d'alpage en alpage : Serrafredda puis Leretta après avoir traversé le torrent de Gouillas. Nous contournons le Mont de Leretta. Sur la piste forestière, une bétaillère remonte. Nous la retrouvons quelques kilomètres plus loin à l'alpage Dare dou Crest où la traite a lieu au son des machines. Devant l'étable deux bassins réceptionnent les déjections des vaches. Cette structure se retrouve devant la plupart des étables. Le câble du téléphérique ayant servi à la construction du refuge de Barma est encore en place. Peut-être servira-t-il au ravitaillement... si à tout hasard il ouvre ! Nous descendons fortement de nouveau et gagnons la forêt après avoir croisé l'alpage de Lion. Entre les mélèzes apparaît le lac de Vargno.



La digue du lac fut construite en 1916 pour aménager le réseau naturel à des fins hydroélectriques. En raison des doutes quant à l'étanchéité de la digue on décida de rétablir le niveau du lac. Sur le chemin, le "rotofil" a été passé. Nul doute que c'est pour les deux ultra-trails à venir (4K et Tor des Géants) qu'il en est ainsi. Le chemin passe sur la crête du barrage, un pécheur est à l'œuvre au bord de l'eau. Nous quittons la Haute Route n°1 pour prendre une variante (le sentier 2A) évitant de passer par le refuge de Barma et gagnant une heure sur la version officielle de l'Alta Via. Nous croisons alors le tracé d'une importante manifestation religieuse régionale : la procession de Fontainemore à Oropa. Partant du village du Pillaz vers minuit, celle ci a lieu tous les 5 ans fin juillet début août. Elle remonte le vallon de Pacoula, croise les lacs de Vargno, Loune, et Barma pour basculer vers le sanctuaire de la Vierge Noire d'Oropa par le col de Barma. L'évêque d'Aoste accompagne environ 2.000 fidèles. Homme et femmes sont séparés. Ces dernières doivent avoir les cheveux couverts d'un foulard blanc, tandis que les hommes le nouent autour du cou. Depuis 1585 la procession suit des règles précises, alternant marche, haltes, chants et sermons des prêtres. Les pèlerins arrivent après environ 12 heures de marche. Ils passeront la journée entre repas et prières et reprendront la route le lendemain à 8h30 vers la montagne pour rejoindre l'église paroissiale aux alentours de 19h00.



On remonte dans les mélèzes par un raide sentier bien plus étroit que l'Alta Via, mais le balisage ne fait pas défaut. Nous gagnons ainsi la ferme d'alpage Grangeas. Doutant de la possibilité de ravitaillement en eau, nous faisons le plein des poches à eau jouant la prudence (il y en aura à Marmontana). Une nouvelle piste pour véhicules a été construite. Elle dessert les différents alpages et sème un peu le trouble car elle est absente de la carte. Mais l'orientation reste assez simple car nous filons vers le nord et l'astre solaire revenu permet de se diriger facilement. A 10h55 nous retrouvons le balisage de l'Alta Via n°1 et ses triangles jaunes. Envisagée dès la préparation notre variante nous a permis de gagner une bonne heure sur une étape qui alors était donnée pour neuf heures et demie. A 11h35 nous passons l'alpage de Marmontana et ses vaches. Jacky fatigue, il propose de déjeuner. Vu l'heure précoce du petit déjeuner, la pause est bienvenue. A l'ombre d'une vielle grange, nous mangeons.





Nous finissons l'ascension du col Marmontana une demi-heure après la remise en route. Le vallon du Tourrison est beaucoup plus sauvage. Nous dévalons vers le lac Kiersee et le torrent Turrudschunbach. Avec de tels noms, nous sommes certains d'être en territoire walser, cette communauté alémanique venue en Vallée du Lys et d'Ayas au 13ème siècle. Quelques bêlements signalent un troupeau de moutons à notre aplomb. Il faut avoir le son pour déterminer parmi tous ces rochers et cailloux où les situer. Pas de câble, pas de piste ici, le berger vit encore à l'ancienne. La sortie de Leikier est bordée de murets et le chemin dallé. Il descend entre les maisons en ruine à partir d'une petite écluse.




La Haute Route n°1 rejoint le sentier descendant du col du Loup. Il nous reste encore quelques mètres de dénivelé à perdre pour atteindre Mianda. Le sentier est fort bien entretenu et ses murs de soutènement dans les virages faits avec beaucoup de soin.

L'ascension vers la Crenna dou Leui commence; 300 mètres de dénivelé. Il fait chaud au soleil, heureusement nous nous dirigeons plein nord, évitant ainsi de l'avoir pleine face. Longue montée, parfois raide. Longue galère pour Jacky. Manque de cuisses, essoufflé, les signes de fatigue se multiplient, les pauses aussi! Je suis assailli toute l'ascension par les mouches et les taons. Le rameau de mélèze sert de chasse-mouches à merveille. A 14h30 la crête et l'échancrure du Col Crenna dou Leui sont atteintes. Pause à l'ombre avec un léger courant d'air. On boit avant d'entreprendre ensuite la descente d'un très abrupt couloir au pied de la paroi. Mais à l'ombre, quel bonheur ! Puis ce sera un parcours un peu en dents de scie, alternant passages herbeux, marches rocheuses, traversées d'aulnes. Le panorama sur le Val du Lys est légèrement voilé par la brume de chaleur mais il reste immense.




Par deux fois nous croisons des dalles rocheuses polies, signe du travail de l'ancien glacier qui occupait les lieux. Jacky n'a plus d'eau. J'en possède encore. Heureusement il ne reste d'après l'altimètre que 60 mètres de dénivelé pour atteindre le dernier col de la journée. Nous voyons d'ailleurs sur l'autre versant du vallon le chemin qui en descend. Les murs de soutènement marquent la voie muletière que fut cet axe. Construite à partir de 1876 et achevée au mois de novembre 1877 sur ordre du sénateur Féderico Rosazza elle fut une importante voie commerciale entre la vallée du Lys et la vallée del Cervo. A 15h55 nous atteignons le Col della Vecchia. Le vent y souffle et chasse définitivement ma cohorte de mouches.



Dans les premiers hectomètres de la descente le nom du sénateur et la date de 1876 sont gravés sur le pilier droit d'une petite grotte.

Par un beau chemin dallé, aux murs de soutènement en très bon état nous descendons vers le lac della Vecchio posé au pied du Mont Cresto.


Une légende celtique raconte qu'un jeune guerrier tombe amoureux d'une jeune fille. Le mariage doit avoir lieu près du lac mais le marié ne vient pas. Habillée de riches vêtements la mariée attend toute la journée et la nuit.

Au matin, on vient lui annoncer la mort de son "époux" assassiné dans une forêt. Elle voulut "enterrer" son amant au fond du lac et rester sur place en compagnie d'un ours pour veiller sur son amour.

Au fil des ans, considérée comme une sorcière, les habitants venaient auprès d'elle chercher des remèdes, lutter contre des sorts. A sa mort, elle fut, elle aussi, "enterrée" au fond du lac permettant aux deux esprits amants de fusionner.


Il est 16h45 lorsque nous arrivons au refuge. L'hydratation précédera la douche. A 17h00 notre hébergement est à l'ombre des crêtes. De nouveau c'est une chambre, plutôt un petit dortoir, où nous sommes que tous les deux, qu'on nous alloue. La nuit sera calme. Ce soir au dîner, ce sera salami chaud et risotto puis pommes de terre en robe des champs avec huile d'olive, sel et poivre et un petit dessert bien sûr!


A suivre : Refuge Lago della Vecchia - Refuge Rivetti





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 02/02/2017
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Catégorie : Publication Randonnee


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