Alta Via 1 : Refuge Lago della Vecchia - refuge Rivetti

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Pour cette 4 éme étape en Val d'Aoste, nous voilà au coeur d'une randonnée véritablement intense. Des paysages magnifiques, des efforts physiques à la mesure du dénivelé, des rencontres humaines remarquablement contées par Philippe qui nous amène randonner avec lui.



Vendredi 26 août 2016

Refuge Lago della Vecchia - refuge Rivetti
8h25 - 14h35 soit 6 h10 de "marche" (5h35 selon le topo), 1295 m de dénivelé +.

Voyez ici pour le Road Book Refuge Rivetti



Ce matin la gardienne n'est pas au rendez-vous à 7h30. Une dizaine de minutes de retard. Et vu sa tête… elle ne doit pas être matinale! Le petit déjeuner est léger: une petite tasse de chocolat, peu de pain, beurre et confiture. Entre les demandes d'eau chaude et l'établissement de notre facture il sera 8h25 lorsque nous démarrerons. Nous reprenons l'ascension du col à rebours, évitant le raccourci passant par la droite du refuge, trop raide pour un départ, pour Jacky.



Quelques mètres avant l'arrivée au lac, un joli rocher est sculpté d'une vieille femme avec un ours. Rappelant la légende, c'est en septembre 1877 que le maître maçon Battista Rosazza Bertina avec ses deux assistants sculpta en 11 jours le motif et le texte ... pour un prix de 34,15 livres ! Le lac est au soleil et en pécheur est déjà en place. Jacky monte très doucement, étant même essoufflé à cette allure. Il lui faudra une heure pour atteindre le col.

Le géologue qui a dormi au refuge, nous dépasse avec, fixés à la taille, son burin et sa masse. Nous empruntons la voie muletière à droite. Elle est à l'ombre. Un autre rocher gravé la surplombe. On y voit deux femmes se rejoindre les bras ouverts. C'est le même sculpteur qui fit cette allégorie représentant la réunion des vallées de Gressoney et de Piedicavallo en novembre 1877.



Nous descendons vers les mélèzes. A gauche un sentier descend directement dans la vallée. Pour nous le panneau annonce 1h50 pour Niel (Gruba)... on mettra 2h20. On retrouve les rhododendrons puis les arbres. C'est ensuite un versant abrupt, à l'ombre avec de nombreuses mouches. Les passages sont souvent humides et les rochers "piégeux". Mieux vaut assurer son pas sinon c'est la glissade ... assurée. Ici aussi le chemin a été fauché sur une bonne largeur. Nous perdons de l'altitude jusqu'à environ 1600 m, moment où nous traversons le torrent de Grignatz. Le téléphone passe. Chacun en profite pour appeler ses proches et envoyer quelques SMS. Un petit escalier de fer nous fait passer le ressaut rocheux, le pont de pierre au pied de la cascade signe la fin de la descente.

On longe quelques instants un ancien canal d'irrigation passant entre les ruines de Gagliorda et son "crottin". Le rumex abonde devant la bâtisse de l'alpage Berord. Plante nitrophile, elle est le signal, même plusieurs dizaines d'années après leur abandon, d'un lieu de station du bétail. Une clairière marque la fin de notre ascension. C'est en forêt que nous descendons vers le torrent Varail di Niel. Le village de Niel sur la rive opposée apparaît entre les branches.


Nous arrivons devant un très joli pont en dos d'âne situé juste au dessus d'une cascade. Le site incite à mettre les pieds dans l'eau mais plusieurs panneaux avertissent que la roche est glissante et la glissade vers la cascade ...fatale. Nous déjeunons à l'ombre des ruelles de Gruba et trouvons la fontaine pour remplir nos "gourdes". Ce n'est toujours pas la grande forme pour mon acolyte. Il monte boire un coca au bar-restaurant-dortoir. Je l'accompagne par les ruelles et escaliers de ce fort joli village fleuri jusqu'à la terrasse ensoleillée.



Départ 12h35 pour le col de la Mologna Grande et ses 800 mètres de dénivelé au soleil. Le chemin est entièrement dallé et bordé de murets de pierre sèche. C'est un magnifique ouvrage. Entre les sorbiers des oiseleurs et les frênes, on remonte le cours du Varail Lazouney. Les chalets ponctuent la lente ascension. La chaleur est forte, l'ombre rare, le pas de Jacky pesant. Je l'accompagne jusqu'à la bifurcation des chemins 6 et 6B. Désormais sans erreur de direction possible chacun montera à son rythme car il semble un peu pressé si je reste derrière lui. Il mettra le temps convenu par le topo-guide et 35 minutes de plus que moi, mais nous serons chacun à notre rythme.




Le pont passé, un virage serré donne accès au plan herbeux de l'alpage Schtovela. Puis la montée se raidit. Toujours en plein soleil, elle est ponctuée de ruines ou de granges d'alpage.

Après une heure d'ascension j'accède à un vaste plateau occupé par le lac de Grekji. Son exutoire est bordé de linaigrettes. Un couple y farniente. Dernier effort pour gagner le col de Mologna Grande à 2348 m qui sépare la pointe des Trois Évêques (Punta Tre Vescasi) de celle des Jumeaux (Gemilli). Ici aussi l'activité muletière a eu ses heures de gloire, d'autant plus que ce passage restait gratuit quand celui della Vecchia subissait un péage suite à son aménagement. Là aussi l'altitude fait débat 2390 m sur le panneau, 2348 sur la carte, 2364 sur le topo-guide.



Deux jeunes randonneuses bronzent au sommet, un couple se prend en photo devant le cairn sommital. Le refuge apparaît 150 m en contrebas. Par des lacets serrés et la traversée d'un éboulis j'atteins Rivetti à 14h35. Allemands, australiens, italiens, français, hollandais, le monde a rendez-vous ici. L'hôtesse m'attribue une chambre-cabine de quatre places pour nous deux.

Je file faire ma lessive en ayant pris soin de prendre ma place dans la file d'attente pour la douche. Un bac de lavage et un grand étendoir me permettent de lier conversation avec les australiens.

Jacky arrive à 15h10. J'ai l'impression qu'il a mieux géré son ascension qu'en ma présence. En tout cas il a l'air moins marqué. On boit un coup, Coca pour lui, histoire de recharger les accus.



Belle ambiance le soir au dîner où l'équipe de refuge mange avec ses hôtes tout en assurant le service.

Le dîner est fort copieux : pennes à la sauce tomate avec aubergines et fromage râpé, puis veau et purée pour finir par une crème caramel. On dîne entre deux allemands qui font la GTA (Grande Traversée des Alpes) et deux hollandais. Un des allemands a étudié à Paris et parle bien le français. Mais d'un avis commun, ce sera l'anglais pour la discussion rendant la compréhension meilleure pour tous nos voisins proches.
Ecologie, politique, altitude des différents sommets culminants de chaque pays (bon là les hollandais pleuraient), légion étrangère, tout y passe et la conversation, hétéroclite, est passionnante. Le repas sera entrecoupé d'une séance photo de l'ensemble des convives à la vue de la mer de nuages au soleil couchant.




On se brosse les dents, avec Jacky, au bac à laver à l'extérieur évitant ainsi la foule des sanitaires où patientent trois anglais, une quinzaine d'australiens mais seulement deux italiens, les seuls autochtones présents comme randonneurs ce soir.



A suivre du Refuge Rivetti au Refuge Alpenzu Grande





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 04/02/2017
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Catégorie : Publication Randonnee


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