Alta Via 1 : Refuge Rivetti - Refuge Alpenzu Grande

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Après une rude étape de plus de 6 heures de marche et près de 1300 m de dénivelé, Philippe et Jacky repartent pour une étape de plus de 8 heures. Ils vont atteindre le refuge Alpenzü Grande.



Samedi 27 août 2016

Refuge Rivetti - refuge Alpenzü Grande
8h00 - 16h20 soit 8h20 de "marche" (6h35 selon le topo) et 945 m de dénivelé+.

Voyez ici pour le Road Book Refuge Alpenzü Grande

Ce matin, le bruit de l'étage, occupé par les australiens, nous fait lever à 6h45. Nous descendons à 7h05. Un peu de patience en attendant la fin de la mise en place du service et nous sommes servis.
Départ 8h00.
La montée du col, afin de rejoindre notre itinéraire, est bien mieux réalisée par Jacky, que celle de la veille. Puis c'est par une longue traversée légèrement ascendante, au pied de parois rocheuses dont certaines sont équipées pour l'escalade, que nous filons vers le nord-est. Nous dominons les alpages traversés la veille et surplombons le lac Grekji.
Le chemin est bien cairné et slalome sur l'herbe entre les rochers. Étonnant et fort agréable ce contact plantaire moelleux. On en avait perdu la sensation. Une paire de trailers italiens nous dépasse en courant. Comme nous ils montent au col Lazouney, mais eux font demi-tour en redescendant sur Niel. Nous passons sous la banderole de drapeaux de prières et entrons dans le large magnifique vallon de Lòo.





Les zones humides sont colonisées de linaigrettes et, au dessus de nous, les sonnailles des moutons animent les flancs de la Pointe Lazouney. Souplesse du terrain ! Le chemin descend gentiment ce large vallon dont le centre est occupé par la curieuse cime du Mont Kick. Un groupe de 5 ou 6 perdrix bartavelles décolle de notre gauche.
On contourne le mamelon du Mont Kick par la gauche. Le vallon est large, bien pourvu en herbage. Premier mur à l'approche d'Ober Lòo. On croise deux randonneuses.




Entre deux murets de pierre, nous arrivons au hameau d'Ober Lòo, où les vaches paissent, les chiens aboient et la fontaine coule. Les bidons de lait et l'entonnoir en inox trempent dans le bassin. Les constructions sont magnifiques. Murs de pierre et toits de lauzes se restaurent avant l'arrivée de l'hiver. Dans l'enclos de l'étable, une énorme section du tronc d'un mélèze a été creusée et sert de niche au chien.
Ici les termes Obro ou Ober et Ondro ou Onder à côté des noms des hameaux signifient "Dessus" et "Dessous".



Je marque une pause à la chapelle Saint-Laurent et salue amicalement la fermière et son chien. Construite en 1682 elle est dédiée à Sainte Marie des Neiges ! Bien que close, j'arrive par le fenestron à faire une photo des statues posées sur le petit autel. Les parcours de montagne sont jonchés de chapelles votives réalisées par les habitants des villages au cours d'un passé très ancien. Ces chapelles représentent une dévotion populaire, liée au besoin de protection et à la nécessité de conjurer les dangers et la malchance. Le chemin change de rive et concomitamment nous changeons de type de sol avec des blocs de couleur rouille. Les mélèzes apparaissent.


Les épilobes encore en fleurs attirent des papillons de couleurs différentes. Apollons, Tabac d'Espagne, Azurés, ils sont particulièrement nombreux et variés dans ce vallon.


Après avoir rempli les poches à eau à Obro Bodma nous reprenons le chemin entre deux superbes murs.
Une italienne nous interpelle, demandant d'où nous venons, où nous allons. Valdotaine, elle parle bien français et nous expliquent la "guerre", y compris juridique, entre les deux épreuves d'ultra-trail, le Tor des Géants et 4K. Ce premier subventionné grassement par la région pendant 6 ans a refusé d'avancer d'une semaine son épreuve parfois soumise aux rudes conditions météorologiques de la montagne. La région a alors mis en place sa propre épreuve (4K) mais en tournant dans le sens contraire. Outre la bataille commerciale et financière, cet affrontement a plutôt démobilisé les nombreux bénévoles qui pendant une semaine donnaient 24h/24 de leur temps. Elle nous demandera de rappeler à Roberto (son mari), qui suit derrière, la promesse faite il y a 34 ans d'aller voir Paris !



A Lòo Ondro, nous traversons le torrent. Après une petite ruine dont les vestiges encadrent les sommets environnants, nous trouvons au bord du torrent un superbe lieu de pique-nique à la fraîcheur bienvenue. Nous sommes juste à l'avant du canyon qu'a creusé la rivière. A la reprise, la pente devient d'ailleurs bien plus raide et la perte de dénivelé très rapide. A l'ombre, en forêt, nombreuses seront les marches à descendre. Dernier pont sur le Lòobach. Le chemin surplombe un instant un petit canal d'irrigation encore en eau.



A 13h30 nous arrivons au village de Lomatôo retrouvant la route devant la chapelle Saint Nicolas. Désormais, et pendant plus de deux heures nous allons cheminer dans la vallée du Lys entre hameaux, villages et ville. S'il n'y avait l'attrait des splendides maisons et chalets, cette portion serait lassante.
Le Lys traversé, nous avisons à Steina un bar ouvert en ce jour de week-end. Deux cocas bien frais feront notre bonheur. Le chemin suit maintenant la rive droite du Lys à la couleur laiteuse caractéristique des fontes de neige.
Il faut dire que les sommets du fond de la vallée présentent les neiges éternelles du Massif du Mont Rose.

Nous passons au pied des remontées mécanique du Weissmatten. Un troupeau de chèvres nous prend pour leurs pâtres et nous emboîte le pas. A l'entrée de la forêt, nous les chassons.

Une petite faute d'inattention me fait, après Obro Biel, descendre jusqu'au village d'Enselo. Les maisons sont splendides et richement fleuries.



Sans détour, nous remontons sur l'Alta Via à l'aplomb de la cascade du Staller peu après avoir passé la jolie chapelle de Notre Dame des Douleurs à Greschmatto.

On emprunte ce qui constituait la promenade habituelle de la reine Marguerite. Épouse du roi Humbert 1er d'Italie, son mari lui fit cadeau en 1904 d'un château, le Castel Savoia. La reine y passa ses vacances d'été jusqu'en 1925 transformant en une station de villégiature, fréquentée assidûment par la noblesse, la ville de Gressoney Saint Jean.

Le tourisme de masse, moderne, a rejoint Gressoney, devenu aujourd'hui un centre très important autant pour les séjours estivaux que pour le ski. Et en ce samedi après midi, nous sommes en plein dedans. Baignade, bronzage et pique-nique au bord du lac Gover donnent le pendant au centre d'équitation, et aux boutiques et terrasses du centre ville. Je m'y sens comme un poisson rouge dans l'eau ... de mer !
Dans une heure, nous serons de nouveau en montagne. Je profiterai tout de même de la vue des superbes maisons walser aux balcons fleuris entourant l'église Saint Jean Baptiste de 1515 (tient cette date...) avec son clocher dominé par une flèche en cuivre verdi par l'oxydation.



La Haute Route change de rive et longe désormais le golf ! Jusqu'à Chemonal nous resterons au contact du Lys. Le village est superbe et propice à de nombreux déclenchements. Entre temps Jacky s'est égaré. Il est parti sur le sentier numéro 15 et ... redescend la vallée. J'ai beau siffler, il est trop loin. Je ne peux le joindre sur son téléphone, l'appel m'étant refusé. Je passe donc par la France pour demander à mon épouse, de lui signifier son erreur. En l'attendant, je me pose à l'ombre sur le banc de la chapelle.

A 15h30, Jacky réapparaît. La "manœuvre" française a fonctionné. Il avoue n'avoir pas été surpris car il voyait bien qu'il était à rebours. Nous reprenons le balisage triangulaire numéro 1 de l'Alta Via et gagnons Torre pour la dernière ascension. Encore quelques mètres sur l'asphalte et on s'engage sur un large sentier muletier.

On monte la pente abrupte en une série de lacets qui pénètre en forêt, principalement peuplée de mélèzes et de quelques rares érables. Deux petits oratoires émaillent cette ascension mais aussi un vénérable mélèze de plus de 500 ans. Au bord du sentier bordé de rampes de bois, il domine une falaise et offre sous sa ramure une belle vue sur Gressoney Saint Jean. On rejoint les pâturages situés en contrebas du village pour les traverser vers la belle chapelle Santa Margherita et les chalets walser.



Donnés pour une heure, nous avons effectué les 350 mètres de dénivelé en 45 minutes. Je crois que Jacky a retrouvé sa condition physique. Cinq jours d'un rude entrainement lui ont redonné sa superbe. Je suis content pour lui.

Le village est magnifique, rempli de vieilles maisons fleuries. Sa position dominante sur la vallée ajoute à son cachet architectural une note paysagère. Un câble portant une petite benne le relie d'ailleurs à la vallée. Les chalets en mélèze ont cette couleur sombre un peu cuivrée que leur donne une exposition de longue durée au soleil.



La chapelle Santa Margherita, à la blanche éclatante en cette fin d'après midi, est le lieu d'un pèlerinage chaque 20 juillet. Un vieil érable sycomore de 300 ans, classé arbre remarquable, borde l'amont du village et laisse entrevoir sous sa frondaison le massif de Mont Rose.


Notre refuge, rénové en 1992, est lui aussi superbe. Nous sommes installés dans un städel annexe. Une chambre pour nous deux avec douche, WC. De l'hôtellerie de montagne, s'il ne fallait pas sortir nos serviettes de toilette et nos sacs à viande.
Le städel est en langue walser le "grenier" où sont stockés pour l'hiver fourrage, céréales destinés au bétail.



Le repas sera à la hauteur de l'environnement : viande séchée et confit de tomates sur tranche d'aubergine poêlée, risotto aux champignons, quatre saucisses maigres (genre diots de Savoie) avec des pommes de terre sautées et gâteau aux pommes avec cannelle et chantilly. Les deux serveuses sont adorables, prévenantes et souriantes. Nous félicitons la patronne pour la qualité de sa cuisine, de sa maison et de son personnel.

A suivre du Refuge Alpenzu Grande au Refuge Ferraro





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 05/02/2017
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Catégorie : Publication Randonnee


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