Haute Traversée Belledonne - refuge de l'Habert d'Aiguebelle - refuge des Sept Laux
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De nouveaux lacs de montagne viennent émerveiller cette journée sur le GR738 ou faune et flore se donnent en spectacle avant le repos au doux refuge des Sept Laux.
La Haute Traversée Belledonne
par le GR 738
du vendredi 30 juillet au dimanche 8 août 2021
Mardi 3 août 2021
Refuge de l'Habert d'Aiguebelle - refuge des Sept Laux
7h55 - 14h00 soit 6h05 (4h15) de trajet pour 9,3 km avec 1025 m de dénivelé positif et 600 m de dénivelé négatif
+ AR lac de la Sagne 1h50, 4,2 km, D+ D- 175m
Temps du topoguide donné pour 4h50+1h05
Voyez ici pour le Road Book refuge de l'Habert d'Aiguebelle - refuge des Sept Laux
Ce matin, le petit déjeuner ne pouvant débuter qu'à 7h30, on prépare les sacs à dos avant de descendre. Le départ se fait un peu avant 8h00. Le réseau téléphonique, absent hier après-midi est présent ce matin. Mystère de la technologie ! J'en profite. Une bonne demi-heure d'ascension et nous sommes au col du Pas de la Coche. Très largement utilisé, avant l'apparition de l'automobile, par les populations locales pour passer d'une vallée à l'autre, voire se rendre en Maurienne, il a failli être traversé par une route. Sous l'impulsion de Joseph Pagaron, plusieurs fois ministre des Travaux Publics sous les gouvernements successifs de 1933, 34, 35, la D528 devait relier Laval en Belledonne (dont il était maire) au Rivier-d'Allemont. Le projet s'arrêta à la cote 1336 côté Grésivaudan, alors que côté vallée de l'Eau d'Olle, rien ne fut jamais entrepris.

Au Pas de la Coche, le GR 738 bascule sur le versant sud de Belledonne. Les pentes sont fleuries, très fleuries et avec une grande variété. Il y a même quelques myrtilles que Stéphane grappille alors que je photographie des fleurs en gros plan.

Un jeune randonneur, doublant quelques étapes et suivant, en repérage, la trace de L'échappée Belle (le trail de Belledonne) est parti en même temps que nous ce matin. Il passait par les lacs du Vénétier et le col de l'Aigleton. Nous le retrouvons au carrefour des deux chemins. Vu sa vitesse ascensionnelle et la difficulté du balisage, voire son absence, d'après lui (mis à part quelques cairns), nous avons pris la bonne option !
Sur les hauteurs des Plaineys, deux chamois nous dominent. L'un d'eux redescend, l'autre reste en surplomb un bon moment. La portion facile et "roulante" du sentier, même s'il grimpe fort bien, se finit à l'approche de deux replats herbeux, anciens laquets. Un duo de campeurs (en tente solo) a dormi ici. Il a gelé cette nuit et on les sent un peu frigorifiés. Un peu plus haut, un même binôme de deux jeunes campeurs est prêt à repartir dans la rude ascension terminale du col de la Vache.

Un premier névé est à franchir. La neige est encore dure mais le pied y reste bien ancré. C'est ensuite une succession de blocs rocheux où la vigilance pour s'orienter nécessite, comme déjà dit, de s'arrêter quelques secondes pour laisser le regard fureter à la recherche de la balise suivante.
À 10h20, nous sommes au sommet. La vie est belle sur le lac du Cos et les sommets plein est, en particulier la Pyramide avec ses 2912 m.

Le vent souffle fort au col, aussi nous ne nous attardons pas. La descente débute par un sentier terreux et caillouteux. Rien de mieux pour que le pied glisse et roule. On descend très lentement, préférant passer sur les blocs. Une dame, montant vers le col nous avise qu'au premier névé, les bouquetins sont au-dessus. Nous y ferons une longue pause, observant d'abord quatre grands mâles puis quatre autres congénères sur le replat herbeux nous dominant. Ils avaient totalement disparu de Belledonne. Au printemps 1983, vingt individus d'origine suisse (13 femelles et 7 mâles) furent réintroduits au-dessus du barrage de Grand-Maison dans la Combe de l'Âne, sur l'ubac de la vallée de l'Eau de l'Olle. En 2010, on dénombrait dans le massif de Belledonne 1100 bêtes.

Fin de la descente vers le lac du Cos en suivant le joli et chantant torrent éponyme. Une bergerie occupe le côté droit du cône de déjection. Nous arrivons sur le plateau des Sept Laux. Cette montagne a d'abord été connue sous le nom de Montagne Abimée (1627) puis de "Caelo" en 1630 : en latin Caelum signifie ciel. En 1803, le Comte de Barral fit dresser une carte pour son contrat de mariage. Sur celle-ci figure l'orthographe "Ceylau", qui déformé phonétiquement devient Sept Laux. On est loin du pluriel de "lac" comme certains l'écrivent.
Ce sont d'ailleurs 13 lacs qui sont nommés sur cet alpage minéral et rocailleux : lac de la Sagne, lac de la Corne, lac Jeplan, lac du Cos, lac Agnelin, lac Blanc, lac Cottepens, lac Carré, lac de la Motte, lac de la Ratoune, lac de l'Ile, lac de la Belle Étoile et enfin le lac Noir.

Le berger enlève les filets du parc et nous invite à passer sur l'amont. Le patou traverse le troupeau et vient signaler sa présence. Seules les brebis destinées à la production de viande parviennent à valoriser les maigres ressources des pentes escarpées. Il s'agit ici d'un troupeau du midi qui vient passer l'été au frais.
La météo s'annonçant sèche nous allons faire un aller-retour au lac de la Sagne. C'est le versant de l'Eau d'Olle. Sur les rives du lac Jeplan quelques pêcheurs sont en poste. Le second lac, celui de la Corne est en partie vidé. En 1976, une digue en maçonnerie a été construite pour rehausser son niveau de deux mètres. Une galerie reliant ce lac au lac de Cos a également été percée. D'ailleurs les 3 lacs de ce versant sont reliés grâce à des conduites et des stations de pompage au grand lac du Cos dont les eaux sont turbinées in fine à la centrale de Fond de France plus de 1 000 mètres plus bas dans la vallée du Bréda, côté Grésivaudan.

Le lac de la Sagne est bien rempli. Nous irons voir son déversoir et revenons sur nos pas pour pique-niquer au bord d'un petit torrent. Stéphane y mettra le pied un peu profondément en glissant sur un rocher moussu : sans conséquence ! 12h30, nous quittons notre "table" herbeuse et remontons tranquillement vers le col de Sept Laux, franchissant, avec les mains, le petit ressaut qui domine le lac de la Corne.
On retrouve la bergerie, passant cette fois-ci sur les rives du lac. Seul un des trois patous donne de la voix. Nous longeons le lac du Cos et arrivons à son barrage. Sur le flanc aval, à l'abri du vent, les deux campeurs rencontrés dans l'ascension du col de la Vache y déjeunent bien couverts.
Ils désirent bivouaquer cette nuit vers le sommet du Rocher Blanc. Vu les prévisions pessimistes de la météo, annonçant dès ce soir la pluie pour une journée complète et une limite pluie neige à 2300m, je leur souhaite bon courage.

Nous longeons en léger surplomb le lac Cottepens avec en ligne de mire le refuge des Sept Laux sur la rive opposée. Un joli passage se fait sur une petite digue et un pontet entre les lacs de la Motte et Cottepens.

En contrebas de ce dernier, le bassin du lac Carré est vide. Il sert de tampon en cas de crue du lac Cottepens, son niveau étant maintenu élevé dans le seul but esthétique des abords du refuge nous expliquera le gardien. Nous tentons d'avoir du réseau en descendant en peu vers le col de la Vieille et essayons de joindre le gite de la Martinette, se disant qu'il est 14h00 et que l'on pourrait poursuivre l'étape pour y dormir et ainsi raccourcir la journée de demain qui s'annonce pluvieuse et longue avec ses 9h50 de marche !
La réponse à ce choix se fera rapidement ... Nous n'arrivons qu'à joindre le répondeur du gite, jamais sa gérante. Aussi revenons nous sur nos pas, franchissons la passerelle posée sur le faîte du barrage et gagnons le refuge des Sept Laux comme prévu initialement.

Le refuge porte aussi le patronyme de Jacqueline Mathieu, famille propriétaire des lieux. Il est géré par la société d'économie mixte des Sept Laux et les gardiens y sont salariés, si j'ai bien compris ce qu'Hervé, le gardien principal m'explique.
On nous avait annoncé un gardien psychorigide, strict sur les masques et les gestes barrières, j'y trouverai Hervé Guyaux, guide de l'ENSA, ancien chasseur alpin, directif mais très convivial. Après installation dans le dortoir, il nous invitera, ainsi que le groupe présent, à venir nous mettre au chaud dans la salle commune. J'en profiterai pour faire une toilette au "gant", car il n'y a pas de douche sur les trois jours à venir. Seul inconvénient, le seul lavabo-évier disponible est situé dans l'entrée où sont déposés, chaussures, bâtons, sacs à dos. Qu'importe, le lieu reste relativement calme. J'utilise pour la seconde fois une éponge genre "carré-vaisselle", car j'ai perdu mon gant de toilette, alors qu'il séchait sur un fil du refuge de la Pra. Malgré les recherches, je ne l'avais pas retrouvé et m'étais procuré ce succédané tout aussi pratique.
Les deux acolytes d'Hervé, Manon et Paulo, se joindront nous pour jouer aux cartes et mettre un peu d'ambiance, avec cette capacité de mémoriser les prénoms de chacun.

À 18h00, Hervé fait un petit discours sur l'idée qu'il se fait de son métier et nous offre l'apéritif : un rosé bourguignon que son frère, viticulteur du côté de Beaune, produit. L'ambiance est conviviale à souhait, tout le monde discute, rit, échange. En l'espace de trois heures, Hervé a réussi à créer une atmosphère où chacun se sent bien. Le repas du soir sera de la même veine car les trois gardiens dinent avec nous. On discutera montagne, secours, accidents, anecdotes, stress et galères du gardien. À la fin du repas, Hervé présente sa bibliothèque. Entre "La vie de la Montagne" par Bernard Fischesser, les BD de Jean-Marc Rochette, les livres "rouges" des éditions Guérin, tout est fait pour inciter le convive à venir lire, mais aussi à jouer aux jeux de société. Paulo viendra discuter avec moi de bandes dessinées, avec une passion pour celles axées sur l'aviation. Je discuterai aussi avec Hervé. Nous nous apercevons que nous avons professionnellement une connaissance commune et en parler me remémore de très bons moments. Stéphane se replongera dans "Ailefroide, altitude 3954". Cette soirée fut sans nul doute la plus conviviale de notre périple, nous, qui à l'entrée, redoutions, aux dires des randonneurs croisés, une ambiance austère.
Étape suivante : refuge des Sept Laux - refuge de l'Oule
Carte du parcours pour GPS :
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