Collioure Cadaqués randonnée jusqu'à El Port de la Selva

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Collioure Cadaqués randonnée jusqu'à El Port de la Selva
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Au second jour de randonnée, Philippe quitte le port de Cadaqués. La journée sera riche en couleurs avec un paysage minéral et maritime de toute beauté. Découverte du phare du parc naturel de Cap de Creus et des étonnantes cabanes en pierre sèche.


Au second jour de randonnée, Philippe quitte le port de Cadaqués. La journée sera riche e

Samedi 28 avril 2018
Cadaqués - El Port de la Selva
7h00 de trajet 8h15 - 15h15 - dénivelé positif 820 m

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A 7h30 nous prenons notre petit déjeuner sur le port. Le ciel est limpide, le vent nul et les quais déserts à cette heure où seules les vaguelettes s'agitent. La ville dort encore. Nous quittons Cadaqués par la Carrer de la Miranda et passons, la côte montée, devant la délicieuse chapelle Sant Baldiri. Edifiée entre 1699 et 1702, elle fut, tout comme l'église paroissiale, construite grâce à l'effort collectif des pêcheurs. Des pénalités de pêche, voire des jours de pêche réservés, assurèrent son financement.




La maison de Dali siège dans l'anse de Portlligat. En 1928, Paul Eluard et son épouse Gala, concomitamment maîtresse non cachée de Max Ernst, rendent visite à un jeune peintre catalan, Salvador Dali, chez lui à Figueres. C'est le coup de foudre réciproque. En 1930, dans la crique de Portlligat, Dali et sa compagne, de 10 ans son ainée, acquièrent une simple cabane de pêcheur. Les amants se marient en 1932. En 1936 Dali s'exile aux Etats-Unis à cause de la Guerre Civile espagnole puis de la seconde Guerre Mondiale. Il ne revient à Portlligat qu'en 1948. Durant plus de 35 ans, Dali a agrandi et remodelé le bâtiment en ajoutant des pièces, des éléments surréalistes qui font de cette maison une autre de ses œuvres.




A la sortie des faubourgs constitués de résidences secondaires récentes, le chemin part sur la droite et descend à travers un bosquet touffu formant une véritable voûte végétale au passage du ruisseau de Jonquet. On ressort de la ravine pour gagner un petit col marqué par de belles terrasses et des oliviers. Nous pénétrons alors dans un maquis dense où les bruyères arborescentes côtoient quelques genévriers oxycèdres, les fameux cades. Le sentier bifurque plein ouest pour traverser l'ensemble du parc naturel national formé par cette péninsule que le feu ravagea en août 2000. La mer reste invisible mais les fleurs égaillent le maquis encore vert à cette époque de l'année. Rares sont les endroits où furent épargnés de grands arbres. Chaque petit ruisseau est traversé, sur ce "Cami Antic", par un petit pont de pierre. C'est là, à la Cala Jugadora, que l'on retrouve la mer. Nous touchons la pointe finale du Cap de Creus.




C'est ici que s'éteignent les Pyrénées. Séparant les eaux du Golfe du Lion de celles du Golfe de Roses, les reliefs avancent hardiment en Méditerranée, se détachant de plus de 10 kilomètres de la ligne générale de la côte, avant de plonger abruptement dans la mer au point le plus oriental de la péninsule ibérique. Sur les 150 km2 de cette péninsule, le parc naturel de Cap de Creus occupe une superficie terrestre de 10.813 hectares (les 2/3). L'élément minéral a ici une prépondérance indiscutable surtout sur ce littoral où la roche montre de spectaculaires contrastes de couleurs et de formes modulées par l'érosion. Nous rejoignons le phare perché à 82 mètres d'altitude.




Depuis l'époque romaine une lumière reste allumée pour guider les navigateurs dans les eaux les plus froides et réputées dangereuses de "Mare Nostrum". Le bâtiment actuel fut inauguré en 1853 mais les marques des mitrailleuses datant de la Guerre Civile espagnole (1936-1939) sont encore visibles. Cette tour ronde surmontée d'un œil de verre scrutant l'horizon maritime envoie un signal lumineux qui atteint les 60 kilomètres. L'ancien bâtiment propose, lui, une carte de poissons frais dans son populaire bar-restaurant.




Du haut de ce belvédère, le visiteur qui tenait la Costa Brava pour un lieu hautement touristique et bâti, peut être surpris par l'évidente prédominance des éléments naturels. Les collines et les vallées aux teintes sombres, pratiquement dépouillées d'arbres, ondoient sous le soleil, composant un paysage d'une beauté austère et un peu désolée mais inondée d'azur et baigné par une mer omniprésente. Cette dernière entoure le Cap de Creus de ses fonds rocheux et sédimentaires offrant une grande diversité d'habitats, d'où une extraordinaire richesse sous-marine : les fonds coralligènes côtoient les prairies d'algues marines. Riches en plancton, les eaux froides le sont aussi en poissons. Près de 300 espèces y ont été répertoriées sur les 386 existant en Méditerranée.




A partir du Cap de Creus nous suivons les traces rouges et blanches du GR11. C'est l'étape initiale ou finale d'une traversée complète de la cordillère des Pyrénées côté espagnol (GR10 côté français).

Le col de Ses Portes nous conduit à un surprenant pré sillonné d'un ruisseau. Le Mas de Rabassers de Baix occupe cet îlot de verdure. Les vaches et leurs veaux y pâturent, les bousiers roulent leur boule de bouse et, un peu plus loin, un panneau macabre indique qu'on est à 974 km de Paris ! J'en raterai la bifurcation vers le mas de la Birba, nous privant d'un détour panoramique vers la Cala Tavallera. Dans cette mosaïque de buissons, le GR11 traverse de nombreux petits vallons où l'eau coule. La tendre végétation de berge se fait plus présente dans ces lieux jamais cultivés des bas fonds. Les gazons bordent les rus aux eaux limpides et les herbes touffues colonisent les eaux stagnantes.




On croise sur le plateau par contre des abris de bergers. L'épierrage des champs permit de construire nombre de murets et cabanes. Ces dernières n'étaient pas que des abris temporaires en cas de mauvais temps ou des lieux de remise. Une sélection minutieuse des pierres leur a fait traverser le temps. A l'intérieur la forme est ronde avec un dôme hémisphérique. Le toit présente une fausse voûte, les pierres étant placées en encorbellement. L'extérieur présente, lui, diverses formes. Nombre de pierres, retirées des champs, ne convenaient pas à la construction des cabanes ou des murets. C'est sur un rocher ou un endroit incultivable que l'on retrouve ces constructions simplement destinées à entasser le maximum de pierres sur une surface minimale. Ce qui pourrait ressembler à une cabane est un clapas (cloper en catalan). Aussi, si la plupart du temps ces derniers ont une forme cylindrique, certains ont une base quadrangulaire, mais tous ont des murs verticaux présentant une légère inclinaison vers l'intérieur. Les pierres les plus épaisses sont utilisées pour fabriquer l'extérieur du cloper. De grandes dalles atteignent l'intérieur de la structure, les pierres supérieures exerçant une pression poussant le mur à pencher vers l'intérieur, garantissant ainsi la stabilité.




Un sentier quitte la piste aux abords du Mas Paltré. La descente vers le Rec del Talabre se fait sous les arbres. De séculaires chênes-lièges voisinent avec les pins. C'est sous ce couvert forestier, après avoir traversé à gué le petit ruisseau, qu'on arrive aux ruines de Sant Baldiri de Tavallera, une église originelle du 10è siècle. Cet ermitage était le centre spirituel et économique de nombreuses fermes dispersées dans les collines du Cap de Creus. Dépendant de San Pere de Rodes les bâtiments actuels datent du 18è siècle, même si on peut encore observer les restes d'une église préromane et ceux d'une tour de défense du 16è siècle destinée à surveiller les incursions des pirates




Le chemin remonte progressivement de cette combe, étonnement verdoyante, et s'élargit avant de déboucher sur la piste principale descendant vers El Port de la Selva. Nous arrivons, en dominant la jolie Cala Tamariua, à la Punta de la Creu où les griffes de sorcières colonisent des pans entiers du bord de mer ...ou les toits végétalisés des villas de cette petite station balnéaire. El Port de la Selva occupe une baie ouverte au nord et exposée à la tramontane, mais c'est pourtant un actif port de pêche. Ce soir j'y mangerai une zarzuela, recette traditionnelle et gourmande de poissons et de crustacés, qui est à la Catalogne ce que la bouillabaisse est à Marseille !





Article mis à jour par Phortail
le 05/12/2018
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