Traversée des Alpes du Sud Refuge de Longon Gite de Roya
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De nouvelles découvertes sur la Traversée des Alpes du Sud qui est à mi-parcours. Ce sont les airs et sa faune au dessus des falaises qui seront à l'honneur de cette étape de quiétude dans la descente vers le Refuge de Roya.
Mardi 3 septembre 2019
Longon Roya
7h50 - 14h30, soit 6h40 de trajet avec un dénivelé positif de 941 m et un dénivelé négatif de 1322 m.
Voyez ici le Road Book du Refuge de Longon au gite de Roya et la trace GPS Longon Roya.
Lever 6h40, je convie Stéphane à faire son sac à dos après le petit déjeuner. Nos colocataires sont encore couchés. J'aide Manuel à mettre en place un très large plateau de confitures et de miels ainsi que les ingrédients du petit-déjeuner. Nous payons notre hôte, le seul qui refusa les arrhes par conviction car dit-il "cela permet de changer son hébergement si la météo est défavorable". Je lui demande si on peut écrire à Nice Métropole pour donner son avis sur le projet mal calibré. Je le ferai deux jours après notre retour.

Départ 7h50, la lumière est belle, vaches et veaux sont déjà dehors. Nous découvrons le large vallon de Longon et sa montagne dénuée de tout arbre. Autour de la cabane des Portes de Longon, les vaches paissent en liberté. Le berger libère à notre passage les moutons du parc. Très éloignés, les patous donnent de la voix sans nous rejoindre. Le col des Portes de Longon donnent accès à une petite gorge s'ouvrant vers le hameau des Vignols. C'est la voie d'accès automobile du futur projet d'hôtel de montagne.
On descend à l'ombre de reliefs ruiniformes. Les falaises sont creusées de baumes et la cargneule prend parfois des formes de cheminées, de pics.

La vacherie de Roubion libère, elle aussi, les moutons à notre arrivée. On traverse le torrent au lieu-dit Pierre du Démant. Un peu au-dessus deux patous montent la garde d'un troupeau posé sur les pentes de la Barre du Démant et dominant le ravin éponyme. Comme si ils connaissaient notre parcours, les chiens ne nous suivent pas. En effet, le chemin part à l'opposé du troupeau et gagne le col des Moulinés. La vue est immense et donne à voir au loin une station de ski, celle de Beuil-Valberg. Le GR tourne de plus de 90 degrés vers l'ouest. C'est là que le randonneur belge arrivé hier vers 19h00 s'est trompé, ne voyant pas en contresens, le balisage du GR5.

Dans le ciel un rapace tourne. C'est un gypaète barbu. On distingue fort bien avec les jumelles son corps crème et ocre orangé. Il est rejoint par deux autres vautours légèrement plus petits, puis chacun suit son ascendance. Au-dessus du col du Refuge, à 2068 m, deux chamois s'éloignent devant nous. Un randonneur descend. Il est 10h00, sûr que ce dernier a bivouaqué cette nuit en montagne. Nous sommes bien trop éloignés du gite de Roya.

La vue sur la Barre Sud du Mounier, sommet qui la domine à 2817 m, est impressionnante. Elle laisse voir l'action de l'érosion. Deux énormes blocs rocheux se sont décrochés de la falaise et un autre encore plus volumineux semble avoir glissé vers l'aval.
Toujours ascendant on gagne sans difficulté la Baisse du Démant autrement appelée Canton du Midi. L'ascension se termine à la stèle Vallette-Viallard, lieutenant de 29 ans du 141è RIA décédé accidentellement à la tête de ses skieurs au cours d'une reconnaissance le 14 janvier 1936.

On distingue sur la ligne de crêtes les randonneurs grimpant vers le Petit Mounier puis vers les 2817 mètres du Mont Mounier. La vue est particulièrement dégagée et sans voile sur ces sommets dénués et arides. Un observatoire astronomique avait été construit en 1893 sur l'antécime. Détruit à deux reprises par un incendie puis reconstruit, il servit également de refuge de 1927 à 1940. Seules les ruines subsistent désormais.
Il est 11h05, on croise les premiers "nordistes". Un jeune homme chaussé de "crocs" monte du col de la Crousette. Il nous annonce être parti de Saint Gingolph, au bord du Léman, il y a deux semaines et pense ce soir dormir à Saint Dalmas Valdeblore. Il campe et doit marcher 12 heures par jour pour couvrir une telle distance car sa vitesse ascensionnelle n'a rien d'étonnant. Au col de la Crousette, 2480 m, on discute quelques minutes avec un groupe de cinq messieurs partis de Plampinet, une étape au nord de Briançon. Si on excepte le randonneur solitaire qui les suit de près ce seront les derniers "nordistes" croisés.

Nous déjeunons sous l'Ubac du Mounier et ses barres. Un joli replat herbeux, voire par endroits marécageux, nous offre une nappe verte. Quelques traces de sabots sont imprimées dans la vase de mares encore humides. Le pique nique terminé, les premiers pas apprécient le moelleux et la souplesse du terrain. Puis le sentier croise le petit cours d'eau et descend en lacets sous la Barre de Sallevieille.
Près de 300 mètres de dénivelé négatif pour gagner la bergerie au toit rouillé, le cheminement à son approche se fait à vue tant les moutons ont sillonné l'endroit. Ils sont d'ailleurs présents sur le flanc oriental du vallon, sous la crête de Cabane Vieille. Là aussi, deux vautours fauves survolent le troupeau puis s'en vont tournoyer plus loin.

Nous doublons deux dames, sœurs, qui randonnent avec un groupe de Nyons. Elles n'ont pas suivi leurs 14 compagnons partis sur les crêtes du Mont Ferant. Chaque pas est pour nous l'occasion de voir sauter, mais aussi voleter, des sauterelles. Elles parcourent quelques décimètres en l'air à chaque impulsion. L'atterrissage n'est pas toujours académique mais elles se retrouvent sur leurs pattes rapidement. Des vertes, des brunes, des grises, d'autres aux ailes rouge-orangé, la variété ne manque pas. Une libellule nous passe devant, étonnant à cette altitude loin de toute zone marécageuse et à bonne distance du torrent.

On franchit la passerelle, haut perchée, sur le torrent de la Mairis juste avant que celui-ci chute dans une impressionnante gorge. La falaise des Barres de Roya semble être un empilement de blocs de pierres parallélépipédiques. Nous gagnons avec bonheur la forêt. Le soleil, même de dos chauffe fort en ce début d'après midi et l'ombre de ces bois mixtes d'épicéas et de mélèzes est bienvenue.


Au loin la cime de Las Donnas donne un côté un peu aragonais au paysage. Derniers mètres de descente, la vue sur le hameau de Roya est enchanteresse. De la verdure, des feuillus et des mélèzes, des maisons accrochées à la montagne, tout participe à la beauté des lieux. Nous arrivons à l'étape.

La vieille église est située juste à côté de notre gite d'étape. Une belle maison aux volets "bleu lavande" avec une superbe terrasse, ancienne école du hameau. Des parasols rouges rehaussent les couleurs du tableau et donnent le change au rouge pourpre des roses trémières.

Il est 14h30 et le gite n'ouvre qu'à 15h00. On en profite pour laver un peu au lavoir situé au pied de la terrasse. Je récupère, auprès de Jean-Luc Thoulon, mon colis de lyophilisés envoyé quelques semaines auparavant. Il va me permettre de recharger les réserves destinées au repas du midi jusqu'à la fin de notre périple. Entre bière et diabolo, l'après-midi s'écoulera d'abord en écoutant les conversations des randonneurs de Nyons venus boire un coup à l'issue de leur sortie, puis ce sera le silence, enfin presque car la fontaine du lavoir laisse percevoir son glouglou.

Vers 17h00, un esquimau et la visite de l'église en empruntant la clé au comptoir du bar. Ce soir, nous sommes 6 à table, et encore un suisse. Il faut dire que les 4 épisodes de la traversée des Alpes sous forme de télé-réalité diffusés en Suisse ont eu leur effet.

Voyez sur You-tube le 4ème épisode de la GTA
À suivre, Gite de Roya - Saint-Dalmas-le-Selvage
Carte du parcours pour GPS :
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