Mille km du Sud la grande échappée Provence

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Récit du 1000 du sud à vélo, organisé en Provence au départ de Carcès. le 1000 du sud, c'est une sorte de Paris Brest Paris mais provençal et en 3D.


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Après Paris Brest Paris et ses 1.200 km en août 2011, voici que se profile durant la première semaine de Septembre 2012 un autre défi à la connotation ultra-endurance. C'est dans le cadre des Brevets de Randonneurs Mondiaux, une épreuve de 1000 km au coeur de la Provence.

Avant le départ du 1000 du SudJe ne sais si c'est le défi lié à la distance où le cadre que j'imagine grandiose de la Provence qui me motive à m'inscrire, mais la présentation de ce raid ne me fait pas hésiter un instant : Distance de 1.000 km sur un dénivelé de 16.000 m dans un délai de 75 heures. Le plus haut col culmine à 2.326 m d'altitude.Ce brevet est en autonomie complète, c'est à dire qu'il faut tout gérer, le ravitaillement solide et liquide, les pauses sommeil, les écarts de température entre le brouillard du petit matin et le cagnard sur les routes de Provence.Avant le départ du 1000 du Sud

Carcès : Il est 8 heures du matin ce 5 Septembre lorsque Sophie Matter (Provence Randonneurs) donne ses dernières consignes aux 47 cyclos engagés. Il n'y a aucune féminine sur l'épreuve, deux cyclos à vélo couchés, et comme sur Paris Brest Paris, il y a plus de randonneurs étrangers que français.Allez c'est parti pour quelques heures de selle en direction de Cotignac avec ce groupe de cyclos très hétérogène. Il y a des maillots de club allemands, italiens, anglais et des vélos de toutes sortes, des vélos droits, des vélos couchés, des vélo en 650, certains cyclos osent porter un sac à dos, d'autres préfèrent les sacoches avant et arrière. En matière d'ultra-endurance tout se fait et la mode a peu de pression sur l'efficacité que le cyclo accorde à sa solution.Cotignac est la première difficulté avec une méchante côte de bon matin qui éclate le groupe en plusieurs morceaux et ce définitivement. Si je roule dans la première moitié du groupe il y a déjà des "attardés", mais ça roule quand même vite et avec un rythme de pédalage très soutenu. Je laisse partir les premiers et leurs suivants sans regrets avec l'idée que je vais plus rouler en solitaire que dans les roues.Sur les routes vers le barrage de Sainte Croix, la route n'est pas plate et se faufile agréablement dans les forêts de chênes kermès. Après Sainte Croix du Verdon, c'est le plateau de Valensole et les odeurs de lavande persistent dans les champs, bien après la récolte de Juillet.Première difficulté EspinousseCe 1000 du Sud n'est pas seulement Provence, il est aussi cols de montagne. C'est le col d'Espinousse qui ouvre le bal avec ses 838 m d'altitude, chacun peut ainsi se tester et regretter les derniers entraînements manqués pour cause de pluie. Pour ma part, je tergiverse entre la possibilité de rester avec le groupe actuel, ou de tester sur le terrain le proverbe qui commence par ses mots : qui va piano, va sano.Les randonneurs qui m'accompagnent roulent un peu vite, mais l'ambiance est bonne, aussi je reste avec le groupe, mais jusqu'à quand ?Au sommet du col, un contrôle secret nous attends et nous permet de faire une pause ravitaillement photo. Sur un plan humain cette rencontre nous fait du bien. Les cartes de route sont tamponnées et c'est reparti vers le premier contrôle officiel : Barret-sur-Méouge au km 144.La descente qui suit le col se fait très rapidement, mes sacoches sont bien arrimées et rien ne tressaute ni ne tombe. Les six kilos de charge supplémentaires (alimentation, vêtement de nuit, de froid, nécessaire de réparation) ne sont pas handicapant dans la descente, sauf que l'avant du vélo étant plus chargé qu'a l'accoutumée, j'ai une mauvaise tendance à virer plus large, cela va s'arranger au fur et à mesure des repas, mais prudence quand même !Plus loin nous passons la Durance et après Sisteron entrons dans le département des Hautes-Alpes.


La rivière dans la gorge

Les paysages commencent à marquer les esprits, le premier bijou qui s'offre à nous est la Méouge, rivière au creux d'une gorge qui donne envie d'aller piquer une tête et de se prélasser dans les cuvettes et les barrages de pierre. Sauf que l'itinéraire ne prévoit pas de pause à cet endroit là, mais plutôt plus loin à Barret sur Méouges exactement. Je tamponne ma carte de route à l'auberge, fait le plein d'eau et repart sans perdre de temps, un col nous attends de pied ferme.Le col de Macuegne et le Mont VentouxDepuis Sisteron, la route ne fait que monter et l'après-midi commence à se faire sentir. L'après midi en Provence signifie que le soleil cogne et que c'est le moment idéal pour aller faire la sieste, pour les autres et notamment les cyclos qui roulent vers le col de Macuegne, c'est Ô peuchère.Le Col de Macuegne est le premier col à dépasser les 1.000 mètres d'altitude, il permet de contourner le Mont Ventoux et ses 1.912 m d'altitude. Par ce chaud après midi, ce col n'est pas facile à gravir et depuis l'arrêt à Barrêt sur Méouges la route se fait en solitaire. Le sommet offre une vue superbe sur les alentours, mais rapidement la descente m'emporte vers Montbrun-les-Bains puis Aurel et Sault.


Montbrun-les-Bains

Montbrun-les-bains se situe en Drôme provençale, c'est un village médiéval perché et de toute beauté. Mais pas de rêverie possible, le prochain arrêt sera au pied du Ventoux



Sault offre une vue spectaculaire sur le Géant de Provence. Je profite du village et de la fin de la sieste pour faire un ravitaillement à l'épicerie du coin, ce sera eau minérale pétillante. Je ne suis pas le seul à m'arrêter faire le plein, comme si un vélo avec la plaque de cadre 1000 du sud attirait les cyclos dans un réflexe d'appartenance au groupe. Je partage ainsi quelques échanges en anglais avec un cyclo allemand. Arrivé à Bédoin, quelques 38 km plus loin et après les gorges de la Nesque, je rencontre ce même cyclo ... à une épicerie, décidément !Avec la nuit qui commence doucement à arriver, je fais le plein de nourriture pour la nuit et avant que les boutiques ne ferment.Vallée du RhôneDu groupe qui s'est également arrêté faire ses courses, il n'y a que des individus et autant de cyclos solitaires, il faut dire qu'il y a allemands, italiens, anglais, et français. Mais où est l'Europe alors ? Et bien justement, elle est là : l'ensemble avance, mais chacun à sa vitesse.La vallée du Rhône est plane et en principe n'apporte pas de difficultés majeures, je ne sais où je vais dormir et le mistral commençant à souffler, alors que nous allons au nord, devient difficile à gérer. Les villes et villages de Vaison (Vaucluse), Visan (Vaucluse) et Grignan (Drôme) sont passés sous la bienveillance de la Lune. A 22 h30, le duvet est déplié sous un bosquet de genêts bordant une route perpendiculaire à la départementale du parcours. Le réveil est positionné pour sonner à 2h du matin, 4 heures devraient suffire pour reprendre des forces après cette première difficile journée de mise en jambes.La bataille d'AleyracLe sommeil ne vient hélas pas, et lorsque le réveil sonne, je suis déjà réveillé avec la sensation de n'avoir pas trouvé le sommeil. Les nuages cachent la lune, et le vent ne cesse pas de souffler, avec bien au contraire de fortes rafales.Le duvet est replié et rangé, le petit déjeuner prends la forme de quelques biscuits de céréales arrosés d'eau au miel et c'est reparti pour une journée de vélo. A huit heures du matin je ferais le point sur le nombre de km parcourus en 24 h.Pour l'instant je me concentre sur la route, il vente pas mal, la nuit n'a pas été bonne et le Col d'Aleyrac se présente. Il n'a pas l'air terrible avec ses 300 m de dénivelé sur 4,5 km mais le pourcentage moyen me demande de forcer pour pouvoir passer. Une fois le col franchi et en allant vers Cléon d'Andran, je ressens de la fatigue de mauvaise augure, une envie de sommeil se fait ressentir, alors qu'à 22h je me suis couché sans sommeil. Aussi je préfère écouter mes sensations plutôt qu'essayer de lutter contre le sommeil. Sur la gauche une route perpendiculaire se présente et offre un terre-plein donnant accès plus loin à une villa, l'herbe est tendre, je pose le vélo contre un arbre et m'allonge à même le sol. Après 30 minutes de vrai sommeil, je me réveille, reprends mes esprits et repart aussitôt, j'ai bien dormi !Les rencontres du petit matin5 heures du matin me voit arriver à Crest pour un contrôle de nuit. Je pose le vélo et sa plaque réfléchissante contre le panneau d'entrée de ville et prend le tout en photo. Une étape de plus a été franchie, le prochain contrôle est à la Balme de Rancurel au km 400.Le jour commence à se lever et les petits villages sur des départementales secondaires sont terribles, il y a entre chaque hameau des bosses avec un pourcentage élevé, il n'y a pas de café ni même de commerce. Combovin est le hameau le plus typique du coin avec une série de bosses très physiques, pour passer c'est le plus petit développement et en danseuse. J'imagine la difficulté pour les vélos couchés.Je grimpe chaque bosse avec l'espoir que le prochain hameau dispose d'un café, je passe Châteaudouble, rien, je poursuis vers Peyrus lorsque un panneau à droite de la route m'indique Contrôle secret 1000 du Sud. Ah que la nouvelle est bonne, je cherchais un café et voila que ce contrôle me propose un vrai petit déjeuner avec l'option "continental". Quelques tartines, un café, des bananes et un grand sourire me permettent de repartir avec un plein de forces qui me fera tenir sur les 50 prochains kilomètres.Le soleil a les pieds dans les nuages et nous propose un ciel gris et chargé, heureusement le vent souffle et nous ne restons pas ici. La météo nous a annoncé du soleil, espérons.Jambon sur pain de paysLe petit déjeuner ayant été pris au contrôle secret, pas besoin de s'arrêter à Saint Nazaire en Royans, alors qu'il y a là des cafés. Je file tout excité à l'idée d'arriver à la Balme de Rancurel. Ce sera le km 400 et le site des Gorges de la Bourne est magnifique, nous sommes dans le Vercors, altitude 650 m. A un kilomètre du village, je double un cyclo sur un vélo couché, ça ne doit pas être facile dans les bosses avec une telle machine. Dans le village, un café boulangerie est ouvert avec, de plus, un vélo du 1000 du Sud posé contre la terrasse couverte. J'échange avec le cyclo qui manifestement a fait une pause réparatrice et commande un café avec un sandwich jambon fromage.- Vous le voulez au jambon blanc ou au jambon cru ?- Jambon blanc svp et avec du fromage ?- Du fromage oui , du chèvre, ça vous va ?- Ça me va- Allez vous asseoir en terrasse, on vous l'apporte avec le café.Je pars m'installer et parle un peu de nos péripéties avec le cyclo, puis le cyclo au vélo couché arrive. Il a dormi seulement 30 minutes cette nuit et cela se voit sur son visage. "Bon, étape par étape !", comme il dit, "C'est là le secret."Le cafetier m'apporte le grand café et la boulangère suit avec le sandwich. La tranche de jambon dépasse largement du pain qui doit faire dix cm de long et qui est dense comme du pain de pays. Je crois que je tiens là le sandwiche de la journée. Le pont de la Goule noire étant fermé, il nous faut rejoindre Saint Julien en Vercors directement en traversant le village; le kilométrage étant moindre, le pourcentage est plus élevé.Passé la Balme de Rancurel, l'objectif suivant est le Col de Rousset : 1.254 m d'altitude avec depuis Saint-Agnan-en-Vercors une pente de 5%. Je monte tranquillement et profite des paysages, le soleil ne chauffe pas trop et au détour d'un virage je voie en point de mire trois cyclos en train de monter également le col. De loin la silhouette de leur vélo avec sacoches avant et arrière révèle des cyclos du 1000 du sud. Je ne sais pas pourquoi un effet aimant m'anime et après le sommet me voila dans la roue des cyclos. La route de descente est superbe, large avec de grands virages en épingle, et longue d'une vingtaine de km jusqu'à Die. Voila une bonne distance permettant de se reposer et de reprendre des forces. Le sandwich de la Balme va être d'un précieux réconfort.La belle école des colsAprès le contrôle de Chatillon en Diois, c'est le col de Menée qui se présente. Les paysages sont grandioses mais la route monte et ce longtemps. Le col fait 15 km de long avec une pente moyenne de 5 %. Il faut sans cesse relancer la machine en montant en danseuse afin de garder un bon rythme.La descente sur l'autre versant est magique et nous fait débarquer en Isère. Dans la plaine entre Cordeac et Pellafol, nous sommes entourés de montagnes, le Dévoluy, l'Obiou, le Chauvet, ce sont des paysages grandioses et dire que nous ne sommes que dans la plaine.Après ce moment contemplatif et passif, suit un moment contemplatif et actif, le cyclo se transforme en spect-acteur et en plein Dévoluy monter le col du Festre donne des frissons.


Col du Festre

C'est la fin de la journée, sur la gauche en plein soleil couchant la montagne de Faraut, en bas le village de Saint Disdier avec son église. Grandiose de beauté. Le col se passe à 1.440 m d'altitude avec un contrôle à la maison du Festre, la nuit commence à tomber et avec l'altitude l'humidité suit.L'accueil au bar restaurant est chaleureux. Je fais tamponner ma carte de route et demande si il est possible de faire un sandwich. La restauratrice me montre trois quart d'un pain de campagne et me demande si cela fera l'affaire ou bien d'attendre qu'elle en cuise un. Ne voulant pas perdre de temps, je prends le pain de campagne. La restauratrice a généreusement garni le pain de jambon cru et de fromage du pays. Le sandwich est si haut qu'à coté un hamburger XXL fait figure de crêpe. Je commence à manger mon sandwich sur place, bien au chaud puis commence à me préparer à la nuit en enfilant des vêtements chauds, la descente vers le Pont sur la Beoux va être froide.Arrivé dans la plaine, la température est meilleure mais pas longtemps vu qu'il faut remonter un col (Espréaux à 1160 m) puis les villages perchés.Entre deux villages, une nouvelle rencontre surprise avec un contrôle secret. Cette fois la soupe est proposée par l'organisation qui gère le brevet de manière humaine. Avec environ 50 cyclos au départ les possibilités de contrôler les cyclos sont plus gérables que si il y avait 500 cyclos. L'ambiance est bonne mais il reste de la route, le cap des 600 km est franchi après 38 heures de rando.La gestion du tempsAu programme des heures qui viennent, alors qu'il fait nuit, il faut penser au couchage. Dormir dans pas longtemps et rester en plaine ou bien poursuivre plus loin et dormir en altitude avec les risques que cela comporte, rencontrer des loups, subir le froid. A la réflexion, le choix se porte sur dormir en plaine, non pas que la peur du loup soit insurmontable mais plutôt que le froid génère une dépense d'énergie. Je reprends donc la route et avec un autre cyclo rencontré au contrôle secret. Du coté d'Espinousse, nous nous séparons, l'un préfère dormir coté village, alors que l'autre préfère dormir coté nature.A deux heures du matin le vélo est posé contre un arbre en contre bas d'un champs en lisière de bois. La route se situe juste derrière et permet d'entendre passer tantôt des voitures, tantôt des cyclos. Trois heures après j'éteins le réveil avant qu'il n'ait pu sonner et reprends la route vers Le Collet.La journée va être longue avec au programme quelques splendides difficultés.Au coeur du 1000 du SudEn ce troisième jour, Barcelonette se présente avec la porte vers les grands cols. Je fais le plein d'eau à un bar, hum elle est fraiche. Ce sera pour le 1000 du sud 2012 l'ascension du Col de la Cayolle. Ce col monte à 2.326 m. avec une pente moyenne de 4% et une pente maxi de 9% sur une longueur de 28 km.

Col de la Cayolle

Ce col est géant avec des montagnes environnantes démesurées. Vers le sommet une cascade se jette dans le vide en passant sous un pont qu'emprunte la route. Le sommet, désertique, ressemble au Mont Ventoux, ce n'est que pierres et rochers.La descente est relativement vite avalée avec 34 km parcourus en une heure, et vers Guillaumes je rencontre de nouveau le cyclo rencontré au contrôle secret des villages perchés. Il est juste midi, l'heure de faire les courses et de se restaurer en ayant bien pris soin de refaire le plein d'eau.Après 40 minutes, nous repartons l'après midi est simple : ascensions !Nous quittons Guillaumes par une route qui file sur la gauche et qui part tout droit et en montant, le soleil cogne.Au bout de 500m, à l'abri sous un tunnel providentiel, le tube d'écran total est de sortie pour protéger bras et jambes. La direction est Péones, mais la route grimpe bien au delà et traverse quelques villages pour arriver au bout de deux heures à Valberg. La moyenne n'a pas été élevée pour faire ces 14 km. Les jambes n'ont pas suivi ! Est ce que le kilométrage commence à faire trop (750 km), est ce que je n'ai pas assez mangé, pas assez bu. Nous redescendons vers Beuil pour monter le Col de la Couillole, il fait 7 km de long et commence mal puisque les premiers kilomètres sont entre 7 et 8 %.Au détour d'un virage, le panneau magique du contrôle secret est posé sur le bord de la route. Cette fois ci je ne me nourris pas de boisson ou de nourriture mais de mots. Le contrôleur essaye de me rassurer en me disant de ne pas m'affoler si je ne suis pas à l'heure au contrôle suivant (18h30), il m'indique que la dernière difficulté est devant, c'est la Colmiane et ensuite le contrôle de Saint Martin Vésubie. Il m'encourage en me félicitant pour ce que j'ai déjà fait. Je repars avec un bon moral et des calculs plein la tête. Je termine l'ascension de la Couillole qui sur la fin présente un pourcentage plus sympathique qu'au début. Une grande descente permet d'atteindre l'altitude de 482 m. avant d'attaquer la terrible Colmiane avec ses 1.000 m de dénivelé. Je considère que je dois être au sommet vers 18 h 18h15 pour arriver à Saint Martin avant 18h30 en profitant de la descente.Sauf qu'il faut encore monter et que la Colmiane n'est pas facile, le mistral souffle de face dans les premiers kilomètres et le soleil cogne encore, comme dans Valberg.J'essaye de me concentrer sur mon pédalage et sur ma trajectoire, je pédale en mettant plus d'énergie sur la pédale et gagne ainsi un demi km/h de vitesse, j'essaye de rester en 32 x 23, et, ne monte en 32 x 25 que si la pente devient plus forte. Je relance plus souvent en danseuse, puis, avec les kilomètres je me sens mieux, le pédalage est plus volontaire, plus efficace. Et ça paye ! A 18h05 le sommet de la Colmiane est franchi, la descente en trombe est avalée avec délectation si bien qu'à 18h20 le tampon est apposé à Saint Martin... Heureux !810 km ont été fait, 30 minutes de repos alimentation recharge me suffisent pour repartir un peu regonflé vers la région de Nice. Le parcours du 1000 du Sud est bien fait, les routes qui relient des centres d'intérêt sont également des centres d'intérêts. La route entre Saint Martin - Vésubie et Saint Jean la rivière via les gorges de la Vésubie en est un parfait exemple.La nuit commence à tomber en arrivant vers Gattières. Je dormirai dans le Col de Vence, il fait encore chaud dans cette partie de la montagne.A minuit, en plein col je trouve un chemin bordé d'une sapinière, ce sera un lit confortable pour deux heures. Depuis cinq heures ce matin, la journée a été longue, difficile sous le soleil, revigorante vers Saint Martin. Que sera demain ?Les dernières heures du 1000 du sud 2012Surprise au réveil, une jolie lune rousse illumine le ciel. Je passe le sommet du col et me lance dans la descente. Il fait froid, avec par moment des zones de brouillard. J'ai bien dormi, me semble t-il, sauf qu'en cette troisième nuit, j'ai des absences, je me sens emporté quelques quarts de seconde par le sommeil et j'ai un mal fou à lutter. Profitant d'une sapinière je m'allonge et me réveille trente minutes après. Je reprends la route et poursuis montées et descentes. Je gravis Thorenc mais rebelote, le sommeil me reprends avec cette fois ci des sensations persistantes de froid.Une nouvelle sapinière sur la gauche, cette fois ci je m'allonge mais en dépliant le duvet pour gagner en chaleur, il doit être aux alentours de 5 heures, passé peut-être de 30 ou 45 minutes.Je me réveille encore sans réveil, l'avais-je mis ? Mais cette fois le jour commence à poindre. Je regarde le contrôle de Comps-sur-Artuby, il ferme à 6h05 et il est déjà 6h45. Je replis mon duvet en vitesse et c'est parti direction le prochain pointage pour filer en vitesse sur Carcès.Comps-sur-Artuby est atteint au bout de 45 minutes, la carte tamponnée au café et deux pains aux raisins sont achetés à la boulangerie locale.Je reprends la route en gérant ma moyenne et en calculant mon horaire d'arrivée. Alors que je prévois une arrivée vers 10h30, je passe un coup de fil à l'organisation afin de donner ma position. Sophie me parle de l'exigence des parcours, me félicite et me dit de profiter des derniers instants de ce 1.000 du sud. Plus loin sur la route, au pied d'un pin de Provence, sur un tapis d'aiguilles, je déguste un pain au raisins. (Un sacré moment de bonheur !)Carcès se profile ensuite après quelques derniers kilomètres.Je rentre sur le parking, dépose mon vélo et rentre au contrôle remettre ma carte de route à l'organisation.3 jours et 3 nuits de vélo sur 1.000 km au coeur de la Provence, un voyage magnifique via un exigeant parcours avec des paysages à tomber parterre.Pour conclure ce Brevet de Randonneurs Mondiaux- 10 cyclos sur 47 n'ont pas pu terminer leur périple,- les deux vélos couchés ont du abandonner.- Paris Brest Paris est un bon entrainement au 1000 du sud.- Un sentiment exceptionnel m'envahira les jours qui suivront : Liberté no-limit

Dans le même registre ultra-distance, voyez Paris Brest Paris du rêve au projet


Voyez ici d'autres récits 1000 du sud 2012. Merci Sophie !




Article mis à jour par Janol
le 09/09/2012
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Catégorie : Publication Ultra-endurance


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