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Randonnée de bosses vers Saint-Donnat-de-Montcalm

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Après les sorties de plaine ou celles en altitude, un besoin de monter encore plus est venu trouver ce parcours vélo de 300 km dans les Laurentides.




5 heures du matin le réveil sonne pour un départ à 6 heures.


2 clics et voilà le réveil décalé d'une heure.


Si je pars à 7h et si je mets 13 heures pour le 300, je suis rentré pour 20 heures. C'est surement à la nuit, mais acceptable, va alors pour une heure de plus.


Après le réveil, un café avec un grand bol de flocons d'avoine cuits. À une banane près c'est le petit déjeuner du marathon.


Le petit sac à dos est prêt avec ses barres de céréales, ses raisins secs, un muffin bleuets pour le moral et des tranches de pain d'épice. C'est tout ? Non, il y a aussi 250 gr de taboulé pour le repas de midi qui sera pris sur la route, sans savoir où exactement.


Le parcours a été préparé sur le net et inspiré par le net. Après des 200 km de plaine et des 160 de dénivelé, je voulais grimper encore. Les Laurentides sont un terrain idéal mais un peu loin de la maison. Pas grave, ce sera une randonnée de 300 km avec 100 bornes de bosses et des lacs en-veux-tu-en-voilà.
La couleur de cette randonnée sera ainsi verte comme montagne et bleue comme lac.


La route file tout d'abord vers Prévost, on est déjà dans le vert avec une piste cyclable en forêt. Après 70km, première pause, histoire de prendre des forces tout au long de la journée plutôt qu'en une fois. De même côté boisson, un bidon d'électrolyte, l'autre d'eau et de miel. La température ne va pas dépasser les 20 degrés selon la météo et le camelbak est laissé de côté, si besoin je ferai le plein en route.


gare prevost
route gare prevost

Sitôt Prévost et sa gare quittés, la route grimpe et se faufile entre les lacs, les pourcentages sont déjà sévères et le 34x25 sollicité. Les jambes sont encore lourdes des précédentes sorties de la semaine dernière, et comme le parcours n'est pas léger, je préfère garder les forces. Le vent orienté nord-ouest souffle le dos et sera donc de face dans les bosses de l'après-midi et de dos sur le plat final.


lac fournelle
lac fournelle automne
velo km

L'automne donne des signes de sa présence dans les couleurs. Les lacs prennent un autre relief à l'oeil, le magnifique vert rougeoyant habille la nature.
Peu de cyclistes dans les parages, il faut dire que l'on est hors des pistes cyclables et sur un terrain accidenté, de surcroit un jour de semaine.


Saint-Hippolyte est traversé et direction l'ouest par le chemin des hauteurs. C'est une route au milieu de nulle part, mais du nulle part vert, silencieux, peu habité.
Le lac des îles est atteint avec sa plage municipale.


lac des iles la plage velo
lac des iles la plage
lac des iles grande ile
lac des iles petite ile

Autant les lacs sont natures, autant les plages sont réglementées, interdit de faire ci, interdit de faire ça, obligation de faire ça et ci, c'est une horreur, mais l'eau est propre, claire.
Le lac a la particularité de contenir 7 îles, le cadre est magnifique, plus loin c'est le village d'entrelacs et la route s'ouvre sur un lac d'un côté, un second un peu plus loin. Virage à gauche sur la route des ombres, effectivement à l'abri du soleil. La route débouche sur une route de plus grande taille, la 125. C'est une deux fois deux voies avec un bel accotement pour les cyclistes et peu de trafic vers la montagne. Le vent est de la partie et selon l'orientation de la route, c'est de face. Je fais une pause et le point GPS via Maps.me. Il me reste 4 km avant de quitter cette route pour aller contourner le lac Ouareau. Il est bientôt l'heure de casser la croute. Je suis pas loin d'être dans les temps d'un 200 en 8 heures roulées.


Après Notre-Dame-de-la-Merci, traversée par la route 125, je quitte la 125 pour une petite route au-dessus du lac Ouareau. Les monts environnants sont à 600, 650 mètres et le tour du lac n'est pas plat. C'est parfois un véritable toboggan, et le plateau de 50 entre alors en jeu pour descendre et remonter, un coup assis, un coup en danseuse. Personne sur la route, sauf deux ou trois cyclistes, salués bien bas depuis ce bout du monde.
Le passage de la rivière Ouareau est magnifique, ce serait presque un coin touristique, mais il n'y a personne comme aucune infrastructure, c'est encore plus beau. La rivière qui prend naissance au lac va ensuite se jeter dans le Saint-Laurent via rivière L'Assomption après 80km.


station de ski
station de ski garceau
pause repas mont garceau

Au pied du Mont Garceau, face au village de Saint-Donat-de-Montcalm, c'est la pause repas. Les jambes ont en bien besoin, elles ne se sont pas allégées avec les bosses. Au menu, taboulé et pain d'épices, de l'énergie à la petite fourchette ! C'est léger à porter et d'un bon rendement.
La route retrouve ensuite la route 125 pour la quitter via le chemin de Reginbald.
Le GPS indique de prendre à droite et un panneau mal positionné indique Cul de sac. Je prends quand même et en haut de la bosse débouche sur un chemin de gravel. Je poursuis encore et monte puis descend. Je ne sais pas où je vais mais le GPS n'est pas perdu.


En bas d'une descente pentue et bien gravillonnée, le chemin se termine en une belle place pour faire demi-tour et 4 chemins étroits partent dans la nature. Le chemin le plus large descend au lac Léon, comme le nom du chemin, deux autres chemins conduisent à des propriétés. Et un 4e chemin, un peu dissimulé fait dire au GPS, que c'est le bon chemin. Les graviers font place a des pierres, le sol n'est pas meuble, les roues s'enfoncent, je mets pieds à terre.
Allez, Maps.me, dis-moi où je suis. Un petit zoom avant me montre le chemin du Nordet. C'est un chemin au même titre que le chemin du Lac Léon en gravel, mais il quitte la route 125 ...
Un quad a laissé des traces, il a également fait de belles ornières que les dernières pluies sont venues remplie.
Je suis en peu en galère, n'est ce pas ? Je peux toujours faire demi-tour et trouver un nouveau chemin, mais je crois que je vais m'en sortir et tant que cela va, je poursuis. Vais-je y passer l'après-midi.


Je me retrouve sur une fourche, à gauche le GPS dit c'est la bonne route, mais le chemin n'est pas fréquenté et à moins de sortir la machette, c'est vraiment pas faisable. Le chemin de droite est celui tracé par le Quad et le GPS ne dit pas que c'est la bonne route.
Je prends alors à droite, peut être vais-je simplement jusqu'à la maison du quadiste, peut être que je vais retrouver une route
C'est alors que j'entends passer une voiture. Allez encore un effort et la sortie de la forêt s'ouvre sur le chemin du Nordet, hé, hé !


Le GPS est encore perdu, mais je prends à gauche sans hésiter, dans le sens du vent et de la bosse.
Cela monte en plusieurs parties, face au vent sur une route bien large, et le GPS retrouve ses esprits, sa route et mon sourire.
Je passe en mode affichage du profil pour voir un peu les bosses au fur et à mesure qu'elles arrivent. Je passe le km 167, repéré comme le dernier kilomètre avant la dernière grande descente.
Au loin toute la plaine s'ouvre sur un paysage. A gauche, là où je vais aller après avoir retrouvé la plaine, sur la droite quelques monts auxquels des nuages se sont accrochés et lâchent des seaux d'eau. Le vent souffle, mais j'aimerais passer vite.


La descente est difficile, la stabilité avec le vent en rafales n'est pas certaine, quelques gouttes de pluie, d'autres et c'est la douche. Plus loin la route est sèche, tout à l'heure j'avais froid, maintenant je suis trempé et j'ai mal aux jambes. Avec la route sèche, la température est meilleure. Le chemin du Nordet débouche sur Saint-Faustin.


C'est là que je retrouve la piste cyclable reliant Mont Laurier à Saint-Jérôme. Je suis en terrain connu et les jambes sont mieux, peut-être que cela a fait du bien de marcher.
La circulation sur la piste cyclable est limitée à 22 km/h. Facile, je vais y arriver !


Le vent souffle de dos comme prévu ce matin. Le 50 dents reprend du service sur le plat et au-dessus de 90 tour/minute je m'en donne à cœur joie. À force de mouliner, les jambes vont mieux et ne sont plus dans l'effort mais dans la vélocité.


L'endorphine vient ajouter sa dose de plaisir et le fait de rouler sur des routes connues apporte encore un peu plus de confort.
Val David est là, je suis à 95 km de la maison. Je continue de m'alimenter et relance dès que je peux pour rouler en cadence avec le plaisir de tourner les jambes sans douleurs. Quel sport le vélo !


300 km vélo
300 km vélo


Je suis toujours sur la route du petit train du nord, celle de ce matin. Il pleut par moment !


300 km vélo
Blainville et ses hauteurs permet de voir Montréal de loin, là où le soleil du moment brille.


300 km vélo
Saint-Jérôme, dernières photos d'un 300 inespéré, il me reste 50 km de plaisir que je termine dans l'euphorie. Le vent souffle toujours, j'ai de bonnes jambes dans la nuit qui commence à tomber.
20h30 passé, me voilà rentré. Fatigué certes, mal un peu partout, mais l'énergie est là. Avec la pluie, je suis tout crotté et le vélo va avoir besoin d'un bon nettoyage lui aussi.
Content de ce nouveau parcours à corriger pour éviter le chemin du lac Léon et dans les deux sens ce sera de bonnes sorties pour préparer un avenir avec des bosses.



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