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Brevet de Vélo sous zéro

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Récit du BRM 200 sous zéro organisé par le Club de Montréal. Une température relativement clémente et un ciel généreux ont fait de ce Brevet hivernal une belle réussite. Le froid a pu jouer sur les organismes, mais au final pas sur les sensations.




Qu'est-ce qu'un 200 km sous zéro

C'est un brevet de randonneur, sans temps ni classement, 200 représente les kilomètres et sous zéro le niveau du thermomètre ...


La dernière sortie remontant a début décembre, il n'était donc pas évident de partir sur un Brevet de 200 km ... au mois de janvier.
Le kilométrage personnel est quasiment inconnu avec simplement 3 séances de Home trainer dans la semaine. Autant dire que la préparation légère et le grand inconnu d'une sortie longue dans la froide campagne entourant Montréal procurent une bonne dose d'adrénaline. Et si ... et si ...

Les questions sont balayées aussi vite que le départ est donné. Il fait nuit, -5 degrés au thermomètre et une bonne dizaine de candidats prennent les roues direction le sud. Là-bas nous y attend le juge de paix, une sympathique côte d'une bonne trentaine de kilomètres et qui se termine par trois étages. Comme pour une fusée, chaque étage demande plus de puissance, le dernier à un dénivelé de 14%.
Le peloton se disloque vite en unités, en binômes. Chacun roule par affinité mais le groupe avance.
La route est connue pour la plupart puisque ce BRM est régulièrement organisé dans l'année, en mai, en septembre. Ce qui fait que les efforts sont gérés sans surprise, sans appréhension.
La route vers le contrôle 1, distant d'une quarantaine de kilomètres, se fait cependant dans la nuit et avec la neige sur le bas-côté de la route, on a l'impression d'être sur un nouveau parcours. Les carrefours permettent de se rassurer et de prendre la bonne direction.



Des vêtements contre le froid

BRM 200

Avec 7 bonnes épaisseurs de maillot, tricots ..., 3 paires de chaussettes et des lunettes de ski, le froid ne passe pas, bien au contraire, avant le contrôle 1, la transpiration se fait sentir. C'est pas une mauvaise nouvelle en soi.
La technique dite de l'oignon est bonne, sauf que pour enlever une épaisseur à vélo, il faut de la volonté.


Au contrôle, chacun pointe sa carte de route, se ravitaille, discute avec l'organisation de la relativement bonne température et zou c'est parti pour la grimpée du Mont-Ventoux local.
Les routes sont tranquilles, il y a peu de voitures. Franchement où aller avec un froid pareil sinon qu'y aller à vélo ... Je roule avec deux compères le temps de me changer les idées, les sensations sont bonnes sauf des crampes qui commencent à se faire sentir un peu n'importe où, un mollet, un vaste interne, à droite, à gauche. Pas d'inquiétude, mais ça sent pas bon vu qu'il reste 150 km.



Covey-Hill en juge de paix


BRM 200

La montée vers Covey-Hill approche à grands pas, la succession de bosses et descentes fait ralentir tout le monde.
Enfin, au détour d'un virage, entre les arbres, on l'aperçoit. La longue ligne droite qui nous fait face se termine tout là-haut. Avec le ciel dégagé, on voit bien le sommet et depuis là où nous sommes, il semble bien haut. La voilà, c'est Covey-Hill.
Le long de la route, les paysages s'enchaînent, la neige n'est pas sur la route mais dans le décor et donne des tableaux magnifiques. La rivière qui coule lascivement à notre droite a des berges toutes blanches, avec des formes arrondies par le soleil. Et pendant cette pensée bucolique Covey Hill approche encore !
Dernière descente avant d'affronter la côte en hiver. La température a légèrement remonté, à moins que ce ne soit que le dénivelé car j'ai chaud !
Le 34 21 passe sur le premier pallier, une légère descente et on remonte d'une vitesse sur le 34 23, un dernier replat et sans hésitation le 34 25 est mis. Un coup en danseuse, un coup assis, le cardio tape dans le rouge avec un étonnant 180 puls/minute. Le sommet se termine gentiment avec un faux plat et la descente permet d'arriver sur Saint-Antoine l'Abbé, après un gauche-droite obligatoire. Voilà donc 100 km accomplis avant d'arriver au contrôle N°2.


Le manque d'entrainement fait mal


Les jambes manifestent toujours des crampes. Une pause s'impose alors avec un coup de tampon et un triple ravitaillement, solide, liquide et même social avec l'organisation venue soutenir les troupes.
Mes deux compères me rejoignent quelques instants après, mais je doute qu'ils repartent avec moi.

Après environ 20 minutes, c'est le départ vers Montréal. Le froid se fait sentir sur les joues, de nouveau.
Le retour, s'il est sans difficultés majeures, est tout de même bien bosselé voire venteux.
Les forêts sont traversées avec plaisir, de temps à autre un écureuil se montre. Proches des maisons, ce sont plutôt des chiens. Dans la série il y en a un qui n'est, évidemment, pas attaché. Ayant autre chose à faire qu'un sprint, je donne de la voix pour calmer le molosse, cette fois ça passe.
A la sortie de la forêt et de ses changements de direction, le contrôle approche mais avec un léger vent de face. Encore un effort tout en moulinant pour ménager les crampes et le contrôle est là. La descente de vélo est difficile, comme le simple fait de marcher, les muscles sont douloureux. Un coup de tampon sur la carte de route et petit sandwich au soleil. S'assoir sur le bord du trottoir, vu que la station debout est pénible, demande de se faire mal.
Le sandwich terminé, je repars sur la route. Quelques centaines de mètres plus loin, la voiture de soutien de l'organisation est là, stationnée à une station essence où je sais qu'il y a des toilettes bienvenues, et un salon de repos. Je m'en vais donc discuter un peu ...


Retour du sourire


BRM 200

Plus qu'une quarantaine de kilomètres me séparent de l'écurie. Le soleil est toujours là, mais l'heure tourne. Dans pas longtemps, il fera nuit. Il me faut donc activer pour éviter la chute des températures de la tombée de la nuit. C'est la course contre le soleil.

Le parcours final m'est bien connu, je peux rouler sans hésitations. Les crampes sont parties, les jambes sont lourdes mais pas aussi douloureuses qu'a la station service. La vitesse augmente et le sourire intérieur éclate de joie. Après une matinée emplie de doutes, le plaisir de pédaler monte au créneau. Le boulevard final arrive vite et tout au bout se trouve le dernier contrôle.
Quelle journée ! Une météo fantastique pour pédaler en hiver, des paysages hivernaux magnifiques, une organisation au top, des doutes finalement remplacés par du positif. Comment ne pas adorer le vélo d'hiver dans ces conditions ?



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Article mis à jour par Janol
08/02/2016
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Catégorie : Publication Cyclisme

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