Flèche Vélocio depuis Montréal
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Une Flèche Vélocio est un réelle aventure, y compris depuis Montréal. Pour cette première flèche en terres canadiennes, j'ai eu le plaisir de rouler avec deux compagnons de route sur plus de 400 km entre Québec et Ontario.
12:10. Il est midi passé de dix minutes lorsque sur le marché d'Atwater je retrouve deux compagnons de route de la flèche: Rémi et Gabriel.
12:15. Après de rapides présentations, cap est mis vers la voie maritime pour cette flèche vélocio des retardataires. Avec un nom pareil, il va y avoir une réputation à tenir et avec 15 minutes de retard dès le départ les choses semblent bien engagées.
Nous prenons donc nos vélos, traversons à pied le pont qui nous sépare de notre route et c'est parti.
Les jours qui ont précédé, c'est un échange de mail entre nous trois et Jean qui ont permis à cette flèche de prendre forme et finalement de prendre le départ.
24 heures de vélo avec une équipe de minimum trois cyclistes et 360 km, voilà un beau challenge, voilà rapidement brossé ce qu'est une flèche.
Coté météo, tout va bien, il ne pleut plus, un léger vent souffle vers le nord-ouest et le soleil brille. Si les fléchards adorent profiter du vent, ils vont pouvoir s'en donner à cœur joie.
La sortie de Montréal se passe bien, l'ile des sœurs permet de se diriger vers la voie maritime via l'estacade, laquelle offre une superbe vue sur la super poutre du Pont Champlain en fin de vie (la poutre, pas le pont, quoique).
La voie maritime est sympathique, le soleil brille et commence à chauffer la couenne alors que le léger vent commence à nous faire face, pleine gueule. Personne ne dit rien mais engage la bataille contre Éole avec un braquet adapté. L'idéal est de bien prendre les roues ... mais l'excitation de la flèche nous fait vite oublier ces fondamentaux et les discussions s'engagent sur tous les sujets. Kahnawake est traversé puis Chateauguay, Beauharnois. Le vent souffle, et nous sommes en train d'y laisser des plumes.
Lancaster est enfin atteint en fin d'après-midi. La moyenne horaire est exécrable au vu des efforts fournis. Mais c'est ça le vélo, vivre en harmonie avec l'environnement. Passé Lancaster notre route pique de temps en temps au nord, et là le vent se fait favorable, quelle sensation, la route reprend en direction de l'ouest pour quelques kilomètres, la vitesse de croisière s'en ressent ... puis Martintown arrive avec un virage à droite plein nord : yees. L'envie de pédaler reprend le dessus, chacun se permet de mener le mini peloton, ça roule alors correctement.
La fin d'après-midi se clôture par un superbe coucher de soleil, le ciel est alors coupé en deux, à gauche une boule orange illumine le ciel de tons chatoyants, à droite, là où nous allons, les nuages noirs semblent nous attendre...
Plantagenet est alors atteint, nous faisons pointer nos cartes de route à ce qui semble être le seul dépanneur du coin. Chacun fait ses courses avec le sourire, l'épisode du vent est terminé, oublions les douleurs à coups de ravitaillement solide et liquide.
La nuit étant bien là, nous nous équipons, les phares, les chasubles, la double paire de chaussettes.
Après Jésups Falls, un gros virage à droite nous fait rouler plein est et le vent avec la tombée de la nuit s'est dirigé plein nord et a perdu de la force, tout comme nous.
Sur la route, le silence se fait, ça roule bien à la lueur des phares. La nature se donne en spectacle, crickets, crapauds, oiseaux de nuit, ça vit la dedans. Et dans le silence relatif de la nuit, les plaisanteries fusent :
On entend que le chant des crapauds et le vélo de Rémi!
Rémi a sans le vouloir installé un cadenceur à son pédalier, à chaque fois que la pédale passe au point bas, elle libère un clic. 90 ou 100 clics par minute, forcement. Ça laisse des souvenirs.
Deux points importants focalisent notre attention, quand est-ce qu'on franchit la rivière des Outaouais ? C'est dur de monter à Sainte-Agathe-des-Monts.
Le franchissement de la rivière se fait à Hawkesbury, pour Saint-Agathe-des-Monts, ça devrait être facile vu qu'il y a de moins en moins de vent.
Chacun mène le peloton à tour de rôle, mais n'étant que trois sur une équipe de cinq équipiers permis, le tour revient souvent. Selon l'envie, et les discussions du moment ça roule sans faire de peloton et tout le monde s'en accommode bien.
Chacun a mal quelque part ou a ses moments de force ou de faiblesses. De temps à autre une pause technique est improvisée sur le champ. Faut dire que la route vers Hawkesbury puis Lachute est longue.
Malgré la nuit, on devine le cadre montagneux, forestier et après la traversée de Lachute la route devient un billard, bien plane mais pas bien plate du tout.
Avant d'arriver à Morin-Heights nous passons quelques raidars de type final de Covey-hill. Si on n'arrive pas à 14 %, on franchit allégrement les 10 %.
Ça tombe bien mon 34x25 commençait à avoir des toiles d'araignée, la ménage a ainsi pu être fait à plusieurs reprises et logiquement le 50x15 a également pris du service dans les belles descentes éclairées par les phares en mode plein pot. Des épisodes comme cela font oublier le vent de l'après-midi.
Arrivé a Morin Heights, le froid commence à engourdir les corps. Ça sent pas très bon et n'augure pas de bonnes nouvelles pour le niveau de froid qu'il fera lorsque le soleil va se lever.
Nous prenons alors la route de Sainte-Agathe-des-Monts, dans la nuit noire, dans la nuit froide. Il y a encore 25 km à faire pour se réchauffer dans un improbable dépanneur, fut-il ouvert.
Les montées à plus de 10 % s'enchainent alternant sensations de chaleur en montée, sensations de froid en descente.
Saint Agathe est alors là. Vite, un dépanneur, et ouvert quand tout à coup un dépanneur est ouvert (un de ceux qui ne ferment jamais). Il est cinq heures
Partant de là, il n'y a plus qu'à se laisser glisser vers Montréal, Rémi propose de le faire par le côté nature : la route du petit train du nord. Une piste en poussière de roches et la nature est bien là. La pluie a créé des ornières, pas vraiment idéales pour des pneus de 23, la pluie a créé de véritables ravins qui nous barrent la route mais que nous pouvons passer, la pluie a monté le niveau de la rivière de telle sorte que certaines propriétés ont leur sous-sol noyé. Arrivé a Prévost nous devons même quitter la piste, car le terrain n'est pas stable et la route est complétement barrée.
Nous nous résignons pour la route et son trafic du dimanche matin.
L'entrée sur Montréal commence à se faire longue, alors que nous passons les jolies bourgades de Saint-Jérôme, Blainville, traversons même le petit village de Laval par ses charmantes pistes cyclables.
Montréal est enfin là, et nous aussi...et contrairement à la légende pas en retard !
Je félicite mes compagnons de route, cette flèche en terre canadienne est une belle réussite.
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