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Un brevet qui donne des ailes

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8ème brevet de l'année et pas le moindre, ce BRM de 300 km termine de toute beauté la partie épreuves de 2014.
Ce brevet à une saveur particulière, il suit de 15 jours ma précédente participation sur la distance, il a été rapide et exécuté à la pédale. Il me rappelle Paris-Brest-Paris.




Tout commence samedi matin sur le parking de Saint-Lambert, nous sommes une petite quinzaine à nous préparer. Je retrouve Gabriel avec qui j'ai fait la Flèche Vélocio Montréalaise, ainsi qu'Emmanuel, compagnon de route sur le difficile BRM de 600 km d'il y a 3 ou 4 semaines.


Route en allégé


Pour ce 300, je serais léger, pas de sacoche de selle, un simple sac à doc de tissu et je suis décidé à faire mes ravitaillements solides et liquides sur la route. Mon sac contient quelques barres de céréales pour la journée, quelques bananes et dattes, des biscuits et une canette de 'jus de légumes'. Le soleil va briller, le vent ne souffle pas, il est alors six heures du matin. Hé on s'en va !

Je laisse les groupes partir et à discuter avec Emmanuel je me retrouve en fin de phrase avec le groupe de devant, nous sommes 5.
Ça roule plutôt vite, mais à la faveur d'un viaduc, je décroche, à bientôt messieurs !


Route en solo


Les kilomètres défilent, si bien qu'au bout d'un certain temps, le café du matin m'impose un arrêt technique.
J'allège mon dos de la canette de Jus de Légumes et me retrouve en repartant à rouler avec deux, puis trois cyclos esseulés. Nous formons ainsi un petit peloton qui va filer rapidement jusqu'au contrôle. Signature de la carte et Banzaï, je file à l'anglaise et en solo. Je roule à mon rythme alternant entre le 34 x 14 à 28 km
et le 34 x 15 qui tourne à 32.

Je me sens bien. Passé Gramby, nous entrons dans le vif du sujet avec quelques bosses sympa, l'entrée dans Bromont, la sortie de Bromont et ses trois belles bosses, puis la montée qui nous fait arriver sur la 104. Au croisement, je rencontre Emmanuel et nous filons vers le Lac et son contrôle.

Je suis passé là il y a 15 jours, mais je ne fais pas attention au paysage et arrivé au coeur du village j'ai comme l'impression que le contrôle est derrière moi. J'en suis certain, mais j'interroge une dame pour ne pas faire des kilomètres en trop. En sens opposé je croise deux duettistes qui étaient avec moi ce matin et qui en ont terminé avec le contrôle. J'arrive au IGA, Emmanuel est là, le cinquième homme a dû passer. Je fais donc mes courses avec deux bananes et de l'eau qui pétille (le stock de vichy était vide Grrrr).

Je repars seul, certain de retrouver Emmanuel plus loin et j'enquille alors les kilomètres. Cette partie du parcours est sympa, les paysages sont là avec le lac, les forêts, le soleil et toujours pas de vent défavorable.
Au détour des virages, j'aperçois une silhouette de cycliste loin devant moi. Nous sommes au cœur de la vallée, la route monte et c'est au beau milieu d'une côte que je rattrape Emmanuel. Le soleil commence à être chaud et avec les côtes c'est un pur bonheur. Passées les trois grosses parties de la montée, la forêt borde ensuite la route en toboggan. Les descentes se font à 60 km/h et les montées s'enchainent sur la plaque.

Je continue à bien alimenter tout le long de ma randonnée, tant en boisson qu'en solide. Dans ma tête j'ai des repères en kilomètres (20, 40 60 ) et chaque jalon je mange un morceau, barre de céréale, banane, datte, biscuit. Je mange en continu et ainsi je ne fais pas de pause au contrôle.
Tiens voilà justement Sutton et son contrôle au IGA, je prends une seconde cannette de Jus de Légumes, une Vichy Celestin et c'est reparti le temps de faire les bidons et de discuter juste trois mots avec les 3 cyclos arrivés avant moi. Je suis le premier à reprendre la route...

Après le carrefour avec la 104, les duettistes me dépassent, roulant roues dans roues, je les laisse filer, de toutes façons j'ai ni l'envie, ni même les moyens.
Tout au bout de la 104, avant de descendre plus au Sud, c'est le 3ème du matin (Robert me semble t-il) qui me rejoint alors que je suis arrêté à un feu rouge.
Nous échangeons quelques bonnes impressions de cette superbe journée qui va livrer de belles surprises.
Je laisse notre cyclo filer devant, il ne roule alors pas aussi vite que ceux qui m'ont précédemment doublé, peut-être va t-il les rattraper.

Je repasse devant l'endroit ou j'avais fait une pause il y a 15 jours, juste histoire de voir si le mal aux jambes revient. Mais rien, serait ce le jus de légumes qui fait son effet, car je me sens bien plus en forme, bien plus puissant sur les pédales qu'il y a 1 heure. Je profite alors de ces bonnes sensations pour passer sur le braquet au-dessus. Et j'avance vite, il y a quinze jours les kilomètres s'égrenaient, et là ils défilent. Tout va bien sauf la chaleur qui commence à me faire souffrir.


Route en duo


J'arrive ainsi au contrôle de Saint-Césaire, il est 16 heures 10, il ne reste plus que l'hoorrrriiiible route 112 et son trafic sur une chaussée pas fréquentable.
Je prends mon mal en patience et il ne faut pas beaucoup de temps avant que je me décide à faire une pause récupération sur un coin de pelouse au bord de la piste cyclable de l'autre côté de la chaussée. Je suis en fait pas si bien et ce coin d'ombre me permet de vraiment récupérer, de faire baisser la température corporelle. Et puis au bout d'un moment je me dis qu'il faudrait y aller.

Je me lève, prends mon vélo, l'enfourche et au moment de retraverser la 112, j'aperçois à 200 m un cyclo dont la silhouette, le coup de pédale ne me sont pas inconnus. Je commence donc à rouler tranquillement en attendant que ce cyclo me dépasse, je me retourne, c'est Emmanuel. Nous échangeons sur notre journée et commençons à enquiller les kilomètres, il y en a encore plein si nous voulons arriver avant 18 heures. Ce n'est pas que le contrôle va fermer mais c'est que cela donne un brevet de 300 km en 12 heures.

Il y a deux bonnes portions de lignes droites avant d'arriver à Richelieu, et encore une bonne portion après. Le 18 heures va se transformer en 18h10, mais ça ne changera rien. Arrivés sur le boulevard Gaétan Boucher, nous levons le pied, il ne reste que deux grands boulevards à faire, puis plus qu'un, ce qui nous prendra 10 minutes.
Arrivés au contrôle, c'est donc champagne, une bouteille chacun, j'aurais préféré de la Vichy Saint Yorre, mais je me réjouis de boire du Perrier.
Nous sommes assis là, au bord du trottoir, à discuter vélo et boire du Perrier, tant qu'y en a.
Trois quarts de bouteille plus loin, c'est Jean qui arrive avec le sourire de celui qui a battu un record.

Et les minutes s'écoulent au soleil couchant, délicieusement.

19 heures, pour ne pas être en retard, même si on est pas attendu, nous partons. Un BRM 300 terminé, un de plus, mais pour ma part avec des ailes dans le dos.


Épilogue


Depuis quelque temps, années, 2011 ? Chaque sortie vélo a une même signature, une même empreinte, une même recherche de sensations : La sensation. Cette sensation est née le 3ème jour de PBP. Vers 6 heures du matin j'ai alors enfourché mon vélo une n-ième fois de la randonnée avec un seul but, rallier Paris. Il me reste alors 300 km, allez c'est plus ou moins 13 heures et je connais le parcours final pour en voir fait mes sorties d'entrainement. Ce 300 a commencé par un lever du soleil, comme si c'était un jour nouveau, j'ai dormi à peine 2 heures, mais j'ai de bonnes sensations. Alors que j'ai roulé calmement jusque-là, pour le retour au fil des kilomètres je prends de la vitesse. Tant et si bien que j'en viens à mettre la plaque. Je tourne les jambes, je me sens bien, j'ai mal nulle part, je me sens grisé par la vitesse. Ce 300 en 13 heures après 900 km et deux nuits de 2 heures est le summum de sensations que j'ai pu vivre à vélo.
Je crois que chaque sortie vélo est à la recherche des conditions pour revivre ce délire-là et ce 300 d'aujourd'hui s'en est approché.

Vivement la suite ...




Article mis à jour par Janol
22/07/2014
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Catégorie : Publication Cyclisme

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