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Un premier BRM 400 en terres canadiennes qui s'arrose

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Après la flèche Vélocio de la semaine dernière, je me suis décidé à participer au BRM 400 organisé par le club de vélo de Montréal.




Le samedi est prévu avec beau temps, il faut en profiter, d'autant que c'est le premier 400 km organisé par le Club vélo randonneurs de Montréal, et il va y avoir une vingtaine de cyclos motivés.
Je récupère par mail le parcours pour GPS et prépare le vélo pour la distance. Partant à cinq heures du matin, il y a un bout de route de nuit, je prévoie également quelques bananes pour la route, des barres de céréales, des abricots et des raisins secs, 3 chambres à air, un pneu, un dérive-chaine. Le reste du ravitaillement sera acheté sur la route notamment aux points de contrôle.

A 5 heures pétantes le départ est donné par le président qui, une fois n'est pas coutume, ouvre la route.

La journée va être longue. Mon précédent BRM de 400 km avait été fait en un peu plus de 17 heures, mais là avec le dénivelé, le bitume qui donne un mauvais rendement, la route qui va se faire certainement en solitaire, je ne sais pas ce que je vais faire, sous les 20 heures sera un bon temps.

Lac et forêt du Canada


Rapidement un premier peloton se forme derrière deux fusées qui partent à plus de 35 km/h.
Le premier contrôle est à 105 km, et le peloton d'une dizaine de cyclos roule souvent à 30. 30 km/h de vitesse de croisière, hé les gars on fait un 400 km.

Bien avant le contrôle de Frélighsburg, je dois faire une pause technique. Pour rejoindre le peloton je dois alors chasser à 35 km/h. Un cyclo m'attend à quelque 300 m derrière le peloton et me tire pour revenir sans effort, merci Emmanuel. Au village suivant le groupe se sépare par l'arrière, quelques cyclos font un arrêt technique ou simplement une pause. Ne voulant pas perdre de temps je poursuis ma route avec d'autres.

La route commence à grimper et le peloton éclate en unités, et ainsi le contrôle de Frélighsburg est atteint.
D'autres cyclos sont déjà là, je fais tamponner ma carte, avale une banane, j'ai assez d'eau pour poursuivre jusqu'à Sutton au km 200, je resserre ma direction qui couine lorsque je monte en danseuse, et repart aussitôt.

Sur Google Earth, j'avais repéré que le parcours, dès la sortie du contrôle, montait de manière irrévérencieuse, et c'est vrai sur le terrain, sauf que la route est boisée et très agréable. Le 34x25 est alors de sortie car j'ai envie de me ménager. S'en suit une série de bosses avec de belles routes qui descendent bien, qui montent tout autant tel un toboggan. Plutôt que de passer en force, je joue l'endurance, rarement debout sur les pédales je gère mon effort tout en appuyant pour tout de même avancer.

Il commence à pleuvoir, légèrement, puis fortement et cela se calme rapidement, je ne suis pas trop mouillé.
13 Heures, me voilà à Sutton, km 211. Je fais les courses en eau pétillante, en boisson énergétique et en céréales. 20 minutes de pause me permettent de constater que j'ai mal aux jambes depuis 20 minutes, certainement un reliquat de flèche Vélocio mêlé à une moyenne trop élevée (28 km/h sur le 1er cent km).

Le ciel est gris lorsque je repars en direction de Waterloo. Sur la route, je croise des cyclos qui font leur route vers Sutton, quelques centaines de mètres les séparent, leur peloton a éclaté, chacun dans la souffrance préfère rouler à sa main.

Il se met à pleuvoir, rapidement fort, je m'arrête pour enfiler ma chasuble de nuit, mais reste les bras nus. La route est vite chargée d'eau. Lorsque l'orage éclate, je suis trempé, comme une soupe. Sur le bas-côté, tant bien que mal à l'abri dans le sous-bois voisin, je découvre deux cyclos du dimanche, mouillés et peinés de voir la pluie rendre leur sortie vélo galère. Je poursuis ma route en espérant sortir de l'orage rapidement. Et tout d'un coup l'orage s'arrête, j'ai dû le prendre pendant 10 km.
Pour un 1ER 400 qui s'arrose, voilà, c'est fait !

La route est bien trempée, l'eau ne s'évacue pas et fait de belles flaques que j'essaye d'éviter entre deux passages de voitures.

Après avoir roulé sur l'accotement, je sens comme du mou dans mes roues, je regarde les pneus, mais je ne vois rien. Lorsque je sens que je roule sur la valve je comprends que le pneu avant est à plat. Je fais un arrêt sur le bas-côté pour réparer et avance encore de dix mètres pour me mettre en sécurité sur un bas-côté plus large.
Je démonte la roue, sors la chambre à air et plonge mes doigts dans le pneu pour y chercher l'objet du délit. Mes doigts se trouvent accrochés à quelque chose de vraiment bien pointu. J'ai rarement senti ça. C'est un genre de silex apporté par la pluie, mais impossible de l'enlever. Je tords le pneu pour essayer de l'extraire et finalement arrive à l'attraper ... avec les dents. C'est un bout d'ardoise de 2mm sur 2 qui a été littéralement planté dans le pneu, impressionnant. Je remonte ma roue et repars illico vers Waterloo.

Le soleil refait surface et moi avec.

Arrivé au contrôle après 250 km, j'enlève ma chasuble en espérant qu'il ne pleuve plus, j'achète un gros cookie chez l'épicier, fait tamponner et repars.

C'est encore une série de bosses qui se présentent, cette fois-ci, il y a d'autres paysages, des lacs, des sommets, des descentes vertigineuses et des bosses qui montent au ciel. Les jambes vont mieux que ce matin, "l'acide lactique" a été dilué dans l'eau pétillante et tant qu'il y a de l'eau, il y a l'espoir de bien rouler (oui mais pas de l'eau de pluie !).

Velo BRM 400

Avec un dernier virage à gauche me voilà dans une longue ligne droite avec au bout Montréal, il reste un peu plus de 100 km et je commence à sentir que je vais aller au bout, que je vais être bien pour terminer. Au fur et à mesure que j'avance les descentes sont plus longues que les montées jusqu'au moment où le toboggan prends fin pour faire suite à du plat à 25 km/h, 30 km/h.

Saint Césaire arrive alors avec le contrôle 3 du km 345. Je décide de faire une vraie pause de 20 minutes avec Café et baggel. A 20 heures, il ne fait pas encore nuit, mais je m'équipe comme si et allume mon feu arrière. Au moment de partir, un cyclo arrive avec un grand sourire, c'est Martin. Je l'avais croisé lorsque il allait vers Sutton, juste avant que la pluie ne précède l'orage. Nous discutons quelques minutes et je repars.

Montréal au crépuscule

Montréal n'est plus qu'à 55 km, y serais-je dans deux heures ? oui ! Sauf qu'il faut rentrer par la 112, la nuit tombe, le flot de voiture est incessant et cela m'oblige à rouler sur le bas-coté, dans les gravillons et les bouts de bois. Les panneaux d'entrée de ville commencent à me remonter le moral, je quitte la 112 pour rejoindre au bout de quelques km le dernier point de contrôle.

Il est 22h passé et je me sens bien fatigué. Je fais tamponner ma carte et rentre au bercail par le pont Jacques Cartier, m'offrant une vue magnifique de Montréal la nuit.


Accédez au parcours du BRM 400 de Montréal




Article mis à jour par Janol
25/05/2014
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Catégorie : Publication Cyclisme

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