Récit du brevet de randonneurs mondiaux de Noisiel

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Nous étions 45 cyclos en ce samedi 12 juin à prendre le départ du brevet des randonneurs mondiaux de 300 kms, organisé depuis Noisiel, par la très sérieuse maison qu'est l'Audax Club Parisien.


Nous étions 45 cyclos en ce samedi 12 juin à prendre le départ du brevet des randonneurs

Nous étions 45 cyclos en ce samedi 12 juin à prendre le départ du brevet des randonneurs mondiaux de 300 kms, organisé depuis Noisiel, par la très sérieuse maison qu'est l'Audax Club Parisien.
45 c'est peu, mais le brevet se déroule en nocturne, il est long et 2010 n'est pas une année Paris Brest Paris, bien que ce brevet compte pour les préinscription à l'épreuve mythique de l'ACP pour 2011.

Dés 20 heures, un premier groupe est prêt à s'élancer, composé d'une vingtaine d'unité. Les cartes de routes sont signées, le départ est ainsi donné.

Direction Torcy qui est atteint par une grande descente, qu'il faudra remonter demain.
L'allure est tranquille sur cette partie commune aller et retour, nous roulons de feux rouges en ronds-points et enchainons les petites bourgades pour quitter la ville. La température est bonne. La plupart des cyclo est en cuissard court, manches longues ou courtes, manchettes ou bras nus. Chacun a un chasuble de sécurité, collé au corps comme un second maillot, ou flottant au vent. Coté vestimentaire, j'ai choisi du léger, comme indiqué dans cet article sur l'équipement du randonneur cycliste.

A 21h, nous sommes à Charny, après 25 kms.
Le vent souffle dans une orientation nord sud et comme nous allons au nord, c'est de face et de coté que nous serons gênés, et bien. Dans un enchainement de bosses, sous le vent et à plus de 30 km/h, le groupe explosera et perdra par l'arrière une dizaine d'unité. Comme ce sont toujours les mêmes qui se relayent à l'avant, on ne s'aperçoit pas que le peloton maigrit peu à peu.

A Barcy, nous disons au revoir au parcours fléché. Désormais la route sera suivie par carte, ou GPS avec le parcours du BRM de l'ACP préalablement chargé. C'est plus pratique et rapide de suivre ainsi la route sur un petit écran, que de chercher la carte dans sa poche lorsque un carrefour interrogateur se présente.

A 22h03, nous sommes à Betz, et empruntons alors la route qui fait une large boucle autour de Soissons, le compteur affiche 55 kms. La moyenne horaire monte sensiblement alors que le vent souffle toujours.
Crepy en Valois se présente et petit à petit les éclairages sont allumés. La moyenne ne baisse pas pour autant et fait même perdre encore quelques unités au groupe. Depuis le départ, ça discute peu, quelques échanges entre cyclos sur la route à prendre, mais le silence règne, chacun étant dans la roue de celui qui le précède et tourne les jambes au mieux.

Comparé au "deux-cents" effectués dernièrement et où tous les cyclos se ressemblent quant à leur tenue (la tenue club) ou à leur équipement allégé, sans sacoche ni lumière, mais diffèrent dans leur façon de pédaler et de rouler, de tenir la ligne et le vélo droit. Dans ce groupe là, il n'y a pas de tenue club, les selles vont de brooks à Turbo ou san-marco, les roues de 650 à 700, les sacoches sont présentes à l'avant, à l'arrière ou absente, mais chacun roule selon un modèle commun : vélo droit, pas d'écart, un coup de pédale qui tourne bien, des relais long. C'est un monde différent de celui qui fait des 150 et 200 bornes.

Une fois passé Pierrefonds, une n-ième bosse réduit le groupe une dernière fois et dès lors six unités roulent de concert. Dans les six qui restent, un cyclo doute et préfère rouler seul que se mettre dans le rouge. Sage décision, mais il reste encore 220 kms, ce cyclo là finira peut être seul, peut-être attendra t-il un petit groupe derrière, histoire de ne pas rester seul dans la froide nuit.

A minuit nous atteignons Nampcel (kms 105) et filons vers les noires forêts qui entourent Saint Gobain, lieu de contrôle au km 132.

Le froid commence à gagner doucement les organismes, entre le froid des forêts et le vent des plateaux, qu'est ce qui est préférable ?

Les kms s'enchainent, tout comme les montées et les descentes. Vers 1 heure du matin, nous voyons devant nous une voiture les warning clignotants et une odeur de chaud, de brulé nous emplit les narines. Nous sommes en descente, à vive allure, et devons ralentir en arrivant sur les lieux. Sur la voie opposée, une voiture est en feu, encastrée dans le décor, elle brule de toute sa carcasse et une vive chaleur nous envahit lorsque nous passons tout prés pour poursuivre notre route. Sur la chaussée, devant nos roues, quelques débris continuent de brûler, plusieurs voitures sont arrêtées pour prévenir les pompiers, faire la sécurité, chercher le chauffeur ...

Nous discutons quelques peu sur le sujet, pour évacuer ces images, trouver des explications histoire de ne pas être perturbés et poursuivons notre route. Saint Gobain est atteint, nous sommes accueillis par l'ACP au contrôle : boissons, ravitaillement léger et bonnes paroles.

Nous repartons dans la nuit noire. A 2h, nous sommes à Pinon, kms 150 et nous enchainons les kilomètres comme on enfile des perles. Avec la nuit, nous ne voyons pas le dénivelé et vivons ainsi la route en direct, le cyclo fait corps avec sa machine et ne perçois la route que pas la sensation qui lui vient du braquet. Lorsque la route s'élève, dans le silence de la nuit, on entend le premier de la file qui remonte une dent d'un clic du dérailleur, puis ce clic est répété par le second et ainsi de suite. Rarement nous montons en danseuse, et à trois reprises, le triple plateau est entré en action. Sur le plat, idem, c'est le premier qui donne l'impulsion d'un changement de braquet, tout le monde suit dans la seconde, un après l'autre, lorsque chacun a ressenti que la route s'y prêtait.

A 3h25, nous arrivons à Fismes, lieu du contrôle nocturne et cherchons une boite postale pour poster la carte marquant la trace de notre passage. Nous en profitons pour faire notre second arrêt. Nous avons fait 190 kms en 7h15, allez, il nous reste que 120 kms.

A 4h35, alors que nous traversons Cramaille, un contrôle secret de l'ACP se présente à nous. Tampon des cartes de route et surtout café, ravitaillement et bonnes paroles avec les bénévoles de l'ACP (Nathalie et Thierry, un cyclo qui a la passion des randonneuses), le tout sous un préau à l'abri du froid. Un doux moment. Nous avons fait 211 kms.
Nous pensons à notre prochain arrêt, ce sera Villers-coterêts avec un moment carte postale. En attendant, nous vivons le lever du soleil et le ressentons par le froid qui l'accompagne. Avec le lever du jour, la vitesse reprend des couleurs au fur et à mesure que nous semblons nous réveiller.

Nous ne sommes pas tous seuls dans ce décor froid. Le vaches qui dorment dans les près émergent de leur sommeil, plus loin se sera deux chevaux qui galoperont à nos cotés, à une centaine de mètres de distance. Une barrière mettra un terme à ses 15 secondes de galop matinal, nous en avons pris plein les yeux.

5h47 nous voilà à Villers-coterêts et faisons une dernière pause. Il reste 60 kms ... allez dans deux heures nous serons rentrés... ;-).
Il reste encore quelques bosses, et l'entrée en ville. A Barcy, nous récupérons le parcours communs, et descendons les montées d'hier. Lagny nous offre sa dernière bosse, Torcy nous présente sa descente et Noisiel l'accueil final de l'ACP. La montre indique 8h50. Un dernier tampon, une signature pour valider le brevet et nous partons nous coucher, les poches et les bidons vides, mais des souvenirs pleins la tête et des rêves de Paris Brest Paris.




Article mis à jour par Phortail
le 14/06/2010
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