Tour des Encantats - Refuge dera Restanca - Refuge Joan Ventosa i Calvell

  1. Running >
  2. Articles sport >
  3. Publications Randonnee

Tour des Encantats
logo Encantats

C'est une belle série de lacs de montagne qui se présente sous les pas de nos marcheurs vers le refuge Joan Ventosa. Les paysages sont magnifiques avec des pics au dessus de 2.500 m, l'occasion de faire de belles photos.



Mercredi 23 août 2017
Refuge dera Restanca – refuge Joan Ventosa i Calvell
7h55-14h05 soit 6h10 de "marche" pour 725 m de dénivelé positif

Voyez ici pour le Road Book Refuge Joan Ventosa i Calvell

Les trois espagnols du dortoir quittent les premiers les lieux. Nous nous levons à 6h45, le service du petit déjeuner ne débutant qu'à 7h00. A 7h55 nous "décollons", non sans avoir revêtu vestes imperméables et couvert les sacs à dos de leur housse de pluie. Quelques gouttes tombent, mais l'altimètre n'a pas bougé de la nuit et le plafond nuageux bien que sombre est très élevé. Le sentier est balisé de rouge et blanc. Le GR11 s'élève en diagonale à flanc de pentes herbeuses jusqu'à rejoindre un ruisseau. Il se redresse ensuite plus sèchement le long du torrent jusqu'à atteindre, après un petit ressaut, le lac de Cap de Port. Rapidement la veste de pluie rejoint le sac dès l'ondée passée. Le ciel reste gris mais la vue est dégagée sur les sommets environnants.





La digue latérale de l'Estanh de Cap de Port fuit sérieusement. Le lac est fermé par une petite écluse et sert de complément à l'alimentation du réservoir de la Restanca. En longeant la rive droite nous poursuivons notre itinéraire vers le col bien visible de Ruis ou Coret de Oelhacrestada. En bout de lac, une cane colvert plonge à la recherche de sa pitance. Quittant ces rives planes et moelleuses nous reprenons à travers blocs, rochers et cailloux notre ascension.



Par deux fois, le sentier contourne par la gauche des chaos de pierre. A 2475 m il rejoint le Port de Ruis. Le soleil commence à percer et c'est avec un ciel bleu que nous "pausons" quelques minutes au col, jetant un dernier regard sur l'Estanh de Cap de Port pour découvrir celui des Monges encore à l'ombre. Nous quittons le versant atlantique des eaux pour passer dans le bassin-versant méditerranéen, le col marquant la ligne de partage.




D'un commun accord nous ne nous engageons pas dans l'ascension du Montardo. Les prévisions météorologiques annoncent de la pluie en seconde partie d'après-midi. Par contre, au lieu de descendre directement au refuge de Ventosa, nous suivons les conseils de Georges Véron, auteur d'un des rares topos guides sur les Encantats datant des années 90 et que mes amis possèdent. Aussi prenons nous la direction du Port du Caldes.

Au passage d'un petit col, sans nom, sur l'arrête descendant des Aiguilles de Port, le regard embrasse une superbe série des lacs.

La descente est raide et la perte de dénivelé rapide. Un petit groupe de randonneurs bronze sur les rives de l'Estany del Port de Caldes. L'un d'eux s'y plonge, quelques minutes, le corps malgré la fraicheur de l'eau et .... son interdiction. Car depuis le Port de Ruis nous sommes entrés en zone centrale du Parc d'Aïguestortes i Estany Sant Maurici et la baignade y est proscrite.



A 11h20 nous sommes au Port de Caldes (ou de Colomers) à 2567 m. Nous y resterons une vingtaine de minutes. La vue sur le cirque de Colomers est vaste et malheureusement à contre jour en cette fin de matinée. Quelques lacs apparaissent et c'est avec la carte que nous essayons d'en déterminer les noms. Sûr que l'Estahn Major de Colomers et celui des Cabidornats font partie du lot. Quant aux sommets, le Tuc de Sendrosa à l'est, le Tuc de Ratera au sud-est avec en arrière plan les crêtes entourant le Pic d'Amitges et le Grand Tuc de Colomers, eux restent plus faciles à identifier.



Après avoir savouré le paysage nous rebroussons chemin sur quelques mètres pour emprunter un sentier en balcon au dessus des lacs du vallon de Travessani. Nous déjeunons sur une superbe terrasse avec large vue sur les lacs Monges, Mangades, Clot, Travessani, Gelata, Tumeneia.


Tous ces lacs sont les témoins d'un paysage glaciaire typique qui remonte aux glaciations du quaternaire. Les mouvements des glaciers ont fouillé à cette époque le fond rocheux et l'ont transformé en combes et gros bassins dans lesquels l'eau de fonte des masses de glace s'est accumulée. Le lent dépôt des matériaux, ensuite, dans ces dépressions a abouti à la formation de lacs et finalement de plaines recouvertes d'un tapis vert dans lequel le cours des ruisseaux s'est souvent ramifié. Ainsi les Aïgues Tortes, "eaux sinueuses" sont nées. Ce processus n'est pas encore abouti dans le bassin de Travessani et les lacs sont reliés entre eux par des ruisseaux et des cascades.




Le sentier alterne passage rocheux côtoyant de larges dalles de granit polies par l'action des glaciers et replat herbeux où les linaigrettes colonisent encore les zones humides. Parfois, posés sur les bords de ces anciens lacs, de gros blocs erratiques ont fini ici leurs courses glaciaires.

De nombreux cailloux et pierres obstruent le chemin, la vigilance s'impose ; vigilance mise à mal par la vue panoramique qu'offre en permanence notre tracé. Nous retrouvons le balisage du sentier descendant directement du Port de Ruis un peu en avant l'Estany Clot. Un troupeau de vaches y stationne. Quelques unes broutent, la majeure partie rumine.


De l'exutoire du lac Clot on distingue déjà le lac suivant que nous contournons par un surplomb de plus de cinquante mètres de hauteur. Toute la Serra de Tumeneia forme la toile de fond de cette vue panoramique. De gauche à droite se dressent la Pusta d'Harlé (2883 m), le Pain de Sucre (2862 m), le Pic de Tumeneia (2783 m) et le Tuc des Monges (2698 m). Si la vue vers l'ouest est splendide celle derrière nous n'en est pas moins impressionnante. Les superbes dentelles de granit que sont les Aiguilles de Travessani nous dominent et nous offrent leurs abruptes parois. Nous descendrons dans le chaos rocheux dévalant de leurs pieds.




Brigitte est à la fête, car il reste encore quelques fleurs en cette fin d'été. Et la botaniste qu'elle est, ne résiste pas à poser le sac à dos pour quelques écarts du sentier, afin de glaner …des clichés. Je l'accompagne sur une belle station d'aconit napel d'un bleu profond. Cela me procure l'occasion de photographier une belle grenouille rousse.



Un dernier lac et le chemin contournant l'éperon du massif de Travessani nous mène au refuge Joan Ventosa i Calvell. Ce politicien catalan se fît construire en 1942 cette maison de montagne. Il l'offrit au centre d'excursion de Catalogne en 1954. Entre 1977 et 79 un nouveau refuge fut construit et l'ancien démoli. Il fut inauguré le 3 novembre 1979.



Dominant l'Estany Negre d'une centaine de mètres, il est lui même un peu écrasé par la forte présence des pics de Comalespada le surplombant de près de 600 mètres. Un gros groupe d'adolescents pique-nique sur la terrasse en terre. Nous profitons du calme partiel pour nous présenter, prendre un casier pour les sacs à dos, une petite caisse pour y mettre les affaires de la soirée et occuper nos places dans l'immense dortoir de 70 places. J'irai dans la foulée à la douche ... froide. Vers 15 heures la pluie fera rentrer tout le monde. Ce sera alors la pagaille dans l'entrée bien trop petite pour absorber un tel nombre de sacs à dos. Le soleil reviendra vers 16 heures. Lecture, rédaction et boissons occuperont le temps jusqu'au repas. Nous retrouvons les 3 français de la veille à notre table. Malgré le nombre d'adolescents, le bruit de la salle est modéré et la soirée calme. Pas de cris juste l'enthousiasme autour de quelques jeux de cartes. Bravo !






Etape suivante : Refuge Joan Ventosa i Calvell - Refuge d'Estany Llong





Article mis à jour par Janol
le 24/02/2018
Hits 787

Catégorie : Publication Randonnee


Faites passer Imprimer

Voyez également nos récits de sport.

Commenter cet article

Pseudo
Adresse e-mail
Titre du commentaire
Commentaire