Tour des Encantats - Refuge Joan Ventosa i Calvell - Refuge d'Estany Llong

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Tour des Encantats
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Troisième jour de randonnée sur le Tour des Encantas. Au programme l'équivalent d'un grand col Alpin à vélo avec de la difficulté due au terrain très technique. Mais les randonneurs expérimentés ont de la ressource.
Au sommet avant l'arrivé au refuge, c'est le plaisir de l'effort qui éclaire les visages et ce sont les paysages captivant qui par leur rare beauté apportent de la délectation dans la découverte visuelle. D'intenses moments partagés dans ce récit.



Jeudi 24 août 2017
7h20-14h50 soit 7h30 (+1h00) de "marche" pour 845 m de dénivelé positif

Voyez ici pour le Road Book Refuge d'Estany Llong

Le grand dortoir de 70 places, entièrement occupé, fut très calme. Pas un ronfleur, étonnant ! Bien sûr quelques va et vient nocturnes eurent bien lieu et certains n'ont pas la délicatesse, ou la présence d'esprit, de modérer le faisceau de leur lampe frontale ou de la torche du portable ! Mais bon il valait mieux être au chaud, et nous avons eu chaud car la pluie s'est invitée cette nuit avec assez de vigueur pour devoir fermer les fenêtres. Petit déjeuner à 6h30 car l'étape, sans être très longue (elle est donnée pour 5h30), est surtout difficile par les longues portions de blocs rocheux où les genoux de mes acolytes soufrent si ils sautent de rocher en rocher. Ainsi progresserons nous lentement mais pour eux surtout sans douleur ni risque d'entorse. Départ 7h20 après un petit déjeuner où la table "libre service" est fort encombrée. Le soleil est encore bas, caché derrière les crêtes allant du Pic de Contraix à la Creu de Colomers culminant à plus de 2900 mètres.

Couverts de notre veste au départ, nous ne mettons pas longtemps, Michel et moi, à décapeler car la température est douce. Le ciel a bien été lavé et promet une belle journée. Le chemin commence par descendre à l'Estany de Colieto. Un magnifique pin aux racines tortueuses s'est ancré sur un rocher jouxtant le sentier.



En traversant plusieurs fois le petit torrent de la tête du lac, nous passons un ressaut et longeons la rive nord de l'Estany Gran de Colieto. Tout va pour le mieux, le chemin est bien tracé, le sol souple et, à l'ombre, la température fort agréable pour une ascension. Si quelques herbes aquatiques balayaient la surface du premier lac, ici le miroir nous renvoie l'image parfaitement nette de la Punta d'Harlé et du Pa de Sucre, inondés de lumière matinale. Le cadre est tout simplement majestueux.

Nous laissons sur notre droite l'accès au Port de Colieto et sur notre gauche celui à la Punta Alta pour suivre la vallée très marquée du col de Contraix. Les dernières pelouses humides passées ce sera ensuite une longue chevauchée de bloc en bloc sans balisage précis. Quelques poteaux coiffés de jaune ponctuent le vallon, mais ils ne sont pas là pour indiquer un lieu de passage, juste pour indiquer une orientation générale que le relief se charge bien de confirmer ! Il n'y a pas comme sur le GR20 en Corse ou sur d'autres sentiers cheminant dans de gros éboulis, de balisage au sol donnant un suivi précis de la trace.



Ainsi si on "saute" de rocher en rocher, la progression est rapide mais si comme Michel il faut poser chaque pas pour assurer une ascension indolore et stable, les temps s'allongent fortement. Mais qu'importe, la météo est excellente et le paysage grandiose. Nous progresserons ainsi durant deux heures trente avec quelques pauses et de très rares répits lorsque en partie aval le sentier longeait encore le torrent ou lorsqu'au bord de vallon une courte trace se dessine.



Les deux cents derniers mètres de dénivelé se feront sur un très raide sentier, mélange de terre, de sable, de graviers et cailloux. En haut, au collet de Contraix, eh oui, il n'est pas légendé col sur la carte malgré ses 2749 m la vue sur l'Estany de Contraix est magnifique mais à contre jour.

La très petite pelouse sommitale accueille mes deux amis pour une pause bien méritée. Sur le flanc oriental, le sentier est bien plus facile à descendre qu'il ne l'est pour ceux que nous avons croisés côté ouest. Il y a bien une ou deux traversées de gros éboulis mais rien à voir avec ce que nous avons monté.


Pique-nique en surplomb du lac de Contraix où deux ouvriers viennent de poser un poteau indicateur et redresser l'un de ceux balisant notre trace. Les nouveaux panneaux indiquent la direction pour l'ascension vers le col de Sarradé donnant accès par le sud au Pic de Contraix (2957 m) ou par le nord au Pic de Sarradé (2945 m). Par pour nous !



La descente sera, ensuite, bien plus aisée même si la perte de dénivelé, après le passage près d'une petite station autonome de météorologie, est rapide. En effet, par de courts lacets on plonge dans le cirque de Contraix. Au tiers de cette raide pente, surgit de la paroi une belle cascade, exutoire du lac. A partir de 2300 m d'altitude nous cheminerons le long du torrent, le Barranc de Contraix.

Un premier replat nous offre l'image d'une rivière sinuant entre les pelouses ponctuées de quelques pins à crochets. Par endroits, l'eau coule si lentement, que de petites plages de sable très clair, presque blanc, se sont formées. L'eau limpide avec ses fonds clairs prend des tonalités turquoise. Nous voilà au pays des Aigues Tortes !



De ressaut en ressaut, le ruisseau dévale le cirque de Contraix et nous avec lui. Parfois au détour d'un rocher ou d'une éminence, il quitte notre vue mais aussi notre ouïe. Son bruit, bien présent mais non gênant se fait alors ressentir ... par son absence et par le silence qui nait de cette configuration des lieux. Michel et Brigitte feront la descente en tête tant les occasions de photos sont, pour moi, fréquentes. J'adore ces environnements où s'entremêlent dans une harmonie parfaite rochers, sommets, cours d'eau, pâturages et forêts. Le meilleur étage de la montagne à mon goût !

Au Pietu de la Solana, le torrent marque une pause dans sa course. Les eaux se calment, le bruit s'apaise, quelques méandres se créent. Si j'avais une tente, j'y poserai bien mon bivouac, si tant est que cela soit autorisé ! L'endroit est idyllique sous le soleil de cette fin d'été.



Mais mes amis "filent" devant et l'ombre des nuages chassent gentiment le photographe vers l'aval. La forêt se densifie. Quelques vieux arbres sont morts. Certains restent sur pied, attaqués en bonne forme par les pics du coin. D'autres, couchés, présentent leur tronc aux lessivages des pluies et à la décomposition. Les veines du bois et les circonvolutions ressortent, offrant aux contemplatifs ces sculptures naturelles. Magnifique !



Plus loin ce sont les copeaux au pied des arbres qui attirent mon regard. Ces derniers et les loges creusées au dessus signent la présence des pics, les galeries sous l'écorce marquent, elles, celles des scolytes (insectes xylophages). Les pins assurent le gîte et le couvert aux deux espèces. Une tache bleue attire la vue. L'Estany Llong, terme de notre étape, apparaît en fond de vallée. Un troupeau de vaches occupe le flanc opposé du vallon, mais nous en trouvons quelques unes pâturant en forêt de notre côté. De rares fleurs parsèment la pelouse, alors Brigitte s'arrête quelques secondes.



Vaches et humains ont pour un instant le regard tourné vers l'herbe, chacun y trouvant son bonheur !
Au terme de notre descente, une passerelle double nous permet de traverser les bras du torrent, réunion de celui descendant de l'Estany Llong et du Barranc de Contraix. Nous contournons la cabane, ancien refuge hivernal.



A travers bois un "raidard" nous projette sur la piste avec promeneurs, chiens, familles. Nous rejoignons le monde de la balade. En effet l'Estany Llong est accessible en deux petites heures à partir d'un parking plus bas dans la vallée.


Nous posons le sac de Brigitte au refuge, et montons voir un très vieux pin à un kilomètre de notre lieu d'étape. A 2000 m d'altitude apparait en bord de piste l'Estany Llong. Vers son milieu nous bifurquons à droite en direction d'une sorte de monument naturel, le Pi de Peixerani, un vieux pin aux imposantes dimensions. Il occupe une légère dépression où un petit affluent du torrent coule à ses pieds. Ses racines, son tronc, ses branches sont de véritables sculptures. A son pied, un panneau datant de 1995 donne ses mensurations : 15 m de hauteur et 5,01m de circonférence à 1,30 m du sol !


Nous reviendrons vers 16h au refuge. Une bière, une douche chaude avant l'arrivée du gros des randonneurs sont un premier temps. Viendra ensuite le temps de l'installation, du compte rendu journalier et des discussions. Nos sacs sont pendus à de grosses chevilles de bois et les chaussures restent à l'air dehors, soit à l'abri mais dehors. Nous parlerons avec les trois français faisant le même circuit que nous. Ils sont très étonnés de notre arrivée précoce. Mais nous sommes bien plus matinaux. Ils nous voient plus rapides qu'eux, ce dont nous doutons Michel, Brigitte et moi. Une inquiétude pointe, leur étape Colomina - Amitges après demain.





Etape suivante : Refuge d'Estany Llong - refuge Colomina





Article mis à jour par Janol
le 25/02/2018
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Catégorie : Publication Randonnee


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