Tour du Causse Méjean : Florac - l'Hom

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La sixième étape du Tour du Causse Méjean relie, au jour 6, Florac à la Ferme de l 'Hom via Villeneuve, le Veygalier




Lundi 30 Mai 2016

7h10 et 790 m de dénivelé


La nuit fut excellente, un drap housse et une couette valent mieux que l'habituel sac à viande. Le petit déjeuner est laborieux, le pain se distribue au compte goutte même si à la fin la quantité est présente, mais surtout c'est tout un cérémonial pour obtenir de l'eau bouillante dans le thermos. A force d'insistance la jeune femme de service finira par mettre une casserole sur le gaz. Étonnant, cette demande n'a rien d'exceptionnel et à la croisée de 3 GR (sentier Stevenson, Tour du Causse Méjean et le nouveau sentier Urbain V), elle doit être en plus assez courante.
Nous quittons Florac par le sud et, peu après le confluent du Tarnon et de la Mimente, trouvons le balisage jaune d'un petit sentier de randonnée. C'est en passant par le Viala de Grimoald, ferme tenue par un apiculteur, et le hameau de Croupillat que nous rejoignons le plateau du Causse Méjean. Le temps est gris, la température fraîche et nous ne prendrons qu'une petite averse sur la fin de la montée. Ce sera un festival botanique sur le dernier tiers.

Les différentes orchidées sont en fleur ajoutant à l'attrait d'une flore fort variée.

C'est sous un petit crachin que nous passons les aiguilles dolomitiques proches du sommet. 550 mètres de dénivelé nous séparent de Florac. Nous surplombons la vallée du Tarnon et devinons, lorsque les écharpes nuageuses s'estompent, les hameaux de la rive opposée situés en terre cévenole.

Au sommet, le vent m'oblige à replier le parapluie. De toute façon l'ondée s'est arrêtée. Nous mangeons un peu et retrouvons, quelques mètres après, le balisage jaune et rouge du GRP du Tour du Causse Méjean.

A la cote 1097, le balisage prend une nouvelle direction : plein nord. J'avais bien lu que le balisage de cette portion était en cours de modification, mais le nouveau tracé ne figurait sur aucun document. Nous bifurquons quand même. A la distance d'un petit kilomètre une piste repart vers le sud. Peut-être passons nous par là. Que non ! Arrivés en lisière de forêt le balisage poursuit toujours vers le nord.
Quelques instants de concertation et d'étude de la carte, je prends la décision de rebrousser chemin et de passer par l'ancien tracé.
Si les balises ont été effacées sur les premières centaines de mètres nous retrouvons facilement la trace. Deux chevreuils détalent en sautant la clôture vers le rebord de la falaise.
Les ruines de la Chabassude sont un bon repaire visuel.


Une piste y mène, même si par endroits, l'herbe haute a envahi le chemin. Bien trempée, elle va en quelques mètres mettre à mal l'étanchéité de nos chaussures, l'eau pénétrant par la tige. J'aurais dû mettre le pantalon Goretex, surtout que la fraîcheur du vent se fait sentir sur le plateau. Nous nous équiperons en long quelques temps après. Ici la ruine gagne peu à peu le vieux hameau, c'est un peu triste car l'architecture est superbe.



Nous évitons de descendre sur Vernagues et prenons à droite alors que le chemin frôle la bordure du plateau. Une jolie vue sous un léger rayon de soleil donne à voir le cours du Tarnon 450 mètres plus bas.


Une paire de perdrix s'envole au passage d'un faucon. Les alouettes courent au sol ou s'éloignent d'un vol ondulé. Quelques champs sont mis en culture signant un sol un peu plus profond que du côté pâturages. L'aspect quasi désertique de cette partie orientale du Causse offre aux animaux toute la tranquillité nécessaire à leur vie.

Le vent est toujours aussi soutenu et les nuages filent à grande vitesse. Nous avons de la chance. Le ciel nous tient au sec. Nous remontons légèrement vers l'ouest le flanc de la Pessette. A partir de là le balisage suivra la longue, très longue clôture d'un pâturage. Le balisage dont la peinture s'estompe sur les piquets reste toujours visible même si son espacement nécessitera parfois l'utilisation de jumelles pour anticiper notre tracé. Nous contournons par l'est le sommet du Causse Méjean, le Mont Gargo qui culmine à 1247 m. Pas un arbre, pas une ligne verticale, seules quelques touffes de buis rompent l'horizontalité.



Ici quasiment rien n'arrête le regard. Il file à travers ces immensités à l'allure de steppes et ne s'accroche qu'à quelques dolines. Ces cuvettes argileuses ont peu à peu drainé la terre de leur environnement proche. Les paysans ont cultivé le blé et l'orge. En ce moi de Mai, elles forment des taches d'un vert qui tranche avec celui des pâturages environnants.
Les brebis animent, à l'approche de Villeneuve, un peu le paysage.


Ici les 2/3 de la population vit de l'élevage et 85% de la surface du Causse sont des terres de parcours. On compte environ 20.000 têtes d'ovins destinés à la production de lait, mais aussi de viande. Dominent la race Lacaune pour le lait et la Blanche du Massif Central pour la production bouchère. Il est 13 h 25 et nous arrivons à Villeneuve espérant trouver un abri pour ce déjeuner bien tardif.
Nous nous posons enfin. La grange à paille nous protégera du vent et le l'ondée qui arrose notre arrivée.
Une chienne border-collie fera son travail de gardienne. Amadouée de quelques caresses, elle finira par nous ignorer.


L'eau chaude des thermos révèle alors toute son utilité. La soupe chaude et les nouilles nous revigorent. Dans le hangar, un vieux tandem motorisé n'en finit pas de rouiller. Il aurait sûrement fait le bonheur de quelques passionnés !

Rassasiés, réchauffés, le soleil revenu, nous reprenons notre route. C'est d'ailleurs une petite route qui mises à part quelques centaines de mètres, nous conduit au Veygalier. Tous les amélanchiers sont en fleurs. Nous longeons la partie orientale du chaos de Nîmes-le-Vieux. Ce front de falaises, ressaut du Causse Méjean est hérissé de centaines de rocs dolomitiques, troués, taillés, sculptés en des formes les plus variées. Ce relief ruiniforme résulte de la dissolution du tendre calcaire pour ne laisser que la dolomie, roche la plus résistante. Le balisage évite le grand lacet que fait la route et nous convie à découvrir une lavogne. Ces mares dallées la plupart du temps, étanchéifiées par l'argile compactée par les pieds de brebis, reçoivent les eaux de pluie et sont les rares points d'eau de ces paysages arides.


Au Veygalier un berger sort d'un bâtiment moderne ses brebis pour les mettre au pré. En cette fin mai les animaux sortent peu car il faut les réaccoutumer à l'herbe fraîche. Ayant mangé tout l'hiver et les premiers mois du printemps le foin sec, les sorties au pâturage sont de courtes durées. Elles s'allongeront jusqu'à la sortie définitive de la bergerie.
Le hameau est blotti à l'abri des rochers dolomitiques le protégeant du vent du nord. Chaque ferme comporte une ou plusieurs bergeries, citernes, fenils, greniers. Même sous la grisaille, ces maisons toutes de pierre, ont un charme indéniable.



Nous patientons quelques minutes le temps d'une ondée et coupons par les champs vers l'Hom. Une ancienne lavogne s'ensauvage. Avec les racines des joncs et herbes aquatiques elle ne sera bientôt plus étanche. L'argile se fissurera au soleil, les bêtes ne venant plus la piétiner et peu à peu elle disparaîtra. Nous prenons place au gîte et faisons sécher en plein vent affaires et chaussures. Mais il faudra se résoudre à tout mettre face à la cheminée car les averses se succèdent.

Avec le feu qui brûle dans la cuisine, la température du gîte remonte. Il doit faire 12 ou 13 degrés dehors. Les chaussures auront séché avant le repas du soir. Nous retrouvons un groupe entrevu à Florac. Eux ont bien pris la pluie et le séchoir est vite pris d'assaut. Ils ont par contre fait 5 kilomètres de plus que nous car ils ont fait le détour du nouveau tracé. Nous retrouvons la Fario, bière blanche locale, pour l'apéritif. Le dîner sera délicieux avec saucisses de brebis comme particularité, Martine et Julie sa fille s'activent en cuisine alors que son mari, revenant de la bergerie, répondra avec gentillesse à nos questions sur l'élevage ovin, ses débouchés, les différentes laiteries et fromageries etc ... Un couple de belges dînent avec nous. Ils sont passionnés de fleurs et de botanique. Deux jours avant, un preneur de sons était à leur table pour les besoins d'un film.

Participant à la réalisation d'un film sur la faune aveyronnaise, la difficulté d'enregistrer certaines séquences "sons" avait été palliée en venant les chercher sur le Causse Méjean limitrophe Nous sommes en Lozère.




Voyez ici les deux dernières étapes l'Hom - Meyrueis pour terminer ce Tour du Causse Méjean.






Article mis à jour par Janol
le 15/09/2016
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Catégorie : Publication Randonnee

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