Tour du Causse Méjean - La Viale - Le Rozier

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Première étape pour Philippe et Jacky dans le tour du Causse Méjean. L'itinéraire passe par Arcs St Pierre, le sentier Goupillat, les balcons de la Jonte et le coeur de la zone de réintroduction des vautours. Une superbe étape avec photos.



Mercredi 23 Mai 2016
8h40 et 685 m de dénivelé.


Départ à 8h20 pour une longue étape: 22 kilomètres et de nombreux sites à voir. En ce mois de mai, de nombreuses fleurs égaient les pelouses du Causse. A peine parti, je suis déjà genoux à terre pour quelques clichés. Vingt minutes après, serpentant entre rochers et pins, nous découvrons la Grande Place, surface circulaire entourée par de hauts murs de dolomie percés en deux endroits d'arcs. Au centre de ce cirque trône un monolithe de calcaire.


Quelques dizaines de mètres suffisent pour se rendre à la Grotte de la Baumelle, lieu de vie de nos ancêtres de l'Age de cuivre qui y laissèrent des poteries et quelques pointes de flèches tranchantes.
Puis c'est la Grotte de l'Homme Mort que nous traversons.

A partir de 1867 fut découvert par le Docteur Barthélémy Prunières et le Professeur Paul Broca une cinquantaine de squelettes humains datant de l'Age du cuivre (-2 200 à -1 800 ans avant J.

C.). L'intérêt de ce site est qu'il y fut trouvé pour la première fois en France des crânes portant des lésions du type trépanation, en voie de cicatrisation.
Opérant de manière assez brutale au départ avec un burin de silex, l'os spongieux passé, le "chirurgien" attaquait la table interne de l'os crânien avec davantage de précautions.
Cette trépanation rituelle s'opérait sur les adultes mais sa finalité reste floue.

Nos pas nous conduisent à un ancien habitat de résiniers de l'époque gallo-romaine. Il reste encore des murs montés en pierres sèches et sur certains rochers on peut voir des encoches permettant de poser des poutres soutenant la toiture. Ces résiniers collectaient les résidus des pins exploités pour chauffer les fours des potiers de la Graufesenque (Millau). La résine extraite par distillation des écorces et branches laissées sur place, stockée dans des urnes, servait au calfatage des embarcations, sous le vocable de poix.



Enfin apparaissent 3 arches de pierre. Découvertes en 1929 par l'abbé Solanet, curé de Saint Pierre des Tripiers, ces arcs de dolomie (roche sédimentaire formée d'un carbonate comprenant à parts égales calcium et magnésium) résulteraient de la dissolution du calcaire tendre par un très ancien et important réseau souterrain aujourd'hui effondré. Il ne resterait que quelques parties de la voûte, les arcs de Saint Pierre.

C'est par une large piste que nous rejoignons Cassagnes. Ce hameau du Causse Méjean présente de beaux exemples de l'architecture caussenarde.


Quittant Cassagnes notre tracé emprunte l'ancien GR 6. Il nous mène à travers les forêts de pins noirs au hameau de Volcégur, vielle ferme, envahie par les ronces, abandonnée depuis 1923. Dans les années 60 afin de réduire l'exode rural et d'offrir de nouveaux revenus, l'État a subventionné la plantation de résineux sur le Causse. Pour les amoureux de la diversité que nous sommes, marcher au pied de ces sous bois noirs, secs et sans vie, est d'une grande tristesse. Enfin le paysage s'ouvre et par les pâturages, longeant quelques parcelles cultivées, nous arrivons à la Bourgarie.

Le caussenard pour défricher ses champs, devait d'abord enlever les pierres. Elles s'accumulent en bordure des surfaces cultivables pour former des clapas, des murets, des enclos à bétail ou des caselles bâties par les bergers pour abris ou remises à outils.

Les voûtes des toitures sont recouvertes d'un lit de terre et de fins cailloux sur lequel sont posées les lauzes se recouvrant au 2/3. Les lauzes sont des plaquettes de calcaire peu gélives, d'une épaisseur variant de 2 à 5 cm pour 30 à 40 cm de long. Les petits cailloux assurent une bonne accroche à la sous face. Le poids au m2 dépasse les 250 kg.

Nous quittons le plateau du Causse Méjean. Le chemin descend vers la corniche. Les falaises surplombent de plus de 400 mètres le lit du Tarn. A l'entrée de ce cirque "du bout du monde" une fontaine est adossée à la paroi. Elle rappelle que l'eau fut un bien rare en ces lieux. L'eau courante n'arriva qu'en 1972 à la Bourgarie !

Le sentier va descendre rapidement dans les gorges entre végétation dense et rochers. A la première intersection nous dévalons vers le pas de l'Arc. Sinueux, accidenté le chemin mène vers une immense brèche en forme d'ogive creusée dans la falaise, haute de 10 mètres et large de 6. Encore quelques courbes de niveau, c'est finalement environ 200 mètres de dénivelé que nous avons perdu depuis la Bourgarie sous le regard des vautours fauves qui planent.

Notre parcours emprunte le sentier Goupillat. Ce dernier suit le pied des falaises, jusqu'au Rocher de Cinglegros, restant le plus souvent à l'ombre de la végétation. Son accès est à réserver que par temps sec.



De nombreux points de vue se succèdent et omniprésents, les vautours sont ici sur le territoire originel de leur réintroduction. Dans les falaises, les nids peuvent être repérés. Les fientes blanches et le lichen jaune (Xanthoria parietina) sous les failles et cavités signalent la présence d'un reposoir ou d'un nid de vautour fauve. Un adulte pèse de 7 à 11 kg et son envergure varie de 2.35 à 2.70m. Les jeunes au nid seront observables dans quelques jours en juin.
Nous éviterons le Cinglegros et son ascension. Impressionnante mais parfaitement sécurisée, elle permet par neuf échelles et des marches taillées dans le rocher de bénéficier d'une vue sur le Tarn. Contourné par la rivière Tarn, qui façonna alors le cirque de Saint Marcellin, le sommet offre une vue qui s'étend sur 15 kilomètres, des Vignes au Rozier.. En face, on aperçoit les villages troglodytiques d'Eglazines et de Saint Marcellin.
L'étape étant déjà particulièrement longue, nous empruntons le sentier Martel. C'est par trois échelles dont les deux supérieures surplombent le vide que nous remontons en haut du premier front de falaises.

Nous quittons une végétation dense, touffue où les buis abondent pour retrouver chênes, pins et surtout de nombreuses fleurs. Fini les rochers couverts de mousses vertes, l'aridité du Causse se fait de nouveau sentir. Notre tracé quitte le sentier Martel dans l'épingle à cheveu d'une piste forestière menant au col de Cassagnes. Nous regagnons par un sentier le sommet des falaises surplombant de plus de 400 mètres le lit de la Jonte cette fois ci !


Après un parcours tortueux le long duquel les belvédères commencent à donner des aperçus sur les gorges de la Jonte, on arrive au "Balcon du vertige" qui marque le début de la corniche. Une rambarde métallique permet de s'avancer au bord du vide et de contempler vers l'amont le splendide spectacle de gorges, au delà d'une tour rocheuse détachée de la paroi appelée par les grimpeurs "la Licorne".

Le sentier s'engage ensuite, vers l'ouest, sur l'impressionnante corniche où, sur environ 500 mètres, il suit de plus ou moins près le bord de la grande (100 à 150 m de haut) et longue falaise de la Jonte, paradis des grimpeurs qui par cette belle journée s'adonnent sous le vol des vautours à l'escalade. Plus de 150 voies de grande envergure, très bien équipées, dont plusieurs de niveau 6, concourent à l'attrait du site.

A l'extrémité de ce parcours vertigineux, le sentier après être monté une dizaine de mètres en sinuant dans la végétation, pour surmonter un ressaut de la falaise passe devant une grotte en partie murée.
Juste après cette petite grotte (ancienne bergerie), le sentier s'introduit dans un labyrinthe rocheux et boisé, faisant passer au pied de deux arcs et remonter un étroit défilé rocheux, dédale où les balises rouges et jaunes permettent de ne pas se perdre. On retrouve alors une partie plane. Brusquement le sentier descend dans un couloir rocheux étroit et abrupt, dit le "Pas du loup", barré à mi-hauteur par une barrière métallique destinée à empêcher les moutons du Causse de se précipiter dans le vide.

Cette descente rapide en escalier débouche sur un balcon vertigineux et étroit (rambarde métallique) au pied du "Vase de Chine", monolithe de 23 m. de haut, d'où se découvre une vue célèbre celle du "Vase de Sèvres". Il trône sur son haut piédestal de l'autre coté du profond et étroit "Cirque des vases" avec dans le fond l'"Enclume", le Rocher de Capluc et le village de Peyreleau.

Faisant ensuite le tour du "Cirque des vases", nous allons au pied du "Vase de Sèvres" sur un étroit éperon qui s'avance au dessus du vide d'où on découvre vers l'amont le "Vase de Chine" et à son pied l'impressionnante "Roche décollée" pan de falaise quadrangulaire détaché de la paroi, plus large à son sommet qu'à sa base et donnant l'impression de vouloir glisser vers le bas.

Le sentier s'engage dans une traversée du "Ravin des échos", puis après le contournement de l'éperon qui le divise en deux, vient se brancher sur le chemin qui dans ce ravin, descend du col des Deux Canyons. On retrouve là les balises rouges et blanches du GR 6. Ce large chemin, ensoleillé par endroits, déploie dans la forêt ses 22 lacets. Notre embranchement s'est fait au cinquième lacet depuis le col.
Dans la descente le Rocher de Capluc, accessible à l'aide d'échelles, offre un panorama sur les villages du Rozier et de Peyreleau, la vallée du Tarn et les Gorges de la Jonte. A son pied le hameau du Luc (du latin Caput Luci : tête de lumières) car éclairé en premier par le soleil levant, offre à la découverte une ancienne chapelle romane et quelques maisons pittoresques pour la plupart abandonnées. Le four lui a été restauré.






Voyez ici la seconde étape le Rozier les Vignes.







Article mis à jour par Philippe Chopin
le 09/08/2016
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Catégorie : Publication Randonnee


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