De Montréal à Val David et retour
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Il y a un petit bout de temps que je n'avais fait ce 200km. Il est simple, en aller-retour le long de la rivière du Nord et offre des paysages bien canadiens.
Après le brevet de 400 km et en prévision des longues distances, il est temps de faire un 200 km. Histoire de régler les anciens soucis d'alimentation et également de histoire de se bouger.
Il n'est pas évident de se motiver pour faire une telle distance (huit heures de selle), lorsqu'il n'y a pas d'objectif et que c'est un simple entrainement.
Le réveil est mis sur 7 heures avec l'idée de partir pour 8 heures et d'avoir le temps de préparer le vélo.
Trainant les pieds, attendant que le thermomètre passe la barre des 10 degrés, il est finalement 9h20 lorsque le GPS est allumé, lançant par la même le chronomètre.
Parcours classique pour sortir de Montréal, la piste cyclable qui va jusqu'à Saint-Jérôme. Je roule un bon 27 de moyenne avec l'idée de rouler tranquillement à l'aller pour pouvoir rentrer plus vite sur le retour.
En fait c'était juste une idée. A 5 ou 6 km de Saint-Jérôme, un triathlète me double avec un gros braquet et une vitesse de 5 à 6 km/h supérieure à la mienne. Je le laisse filer. 300 m plus loin le cycliste est en train de mouliner sur le passage d'une bosse longue, et il mouline plus que de raison. De 27 km/h, je me vois monter à 32, 33 km / heure et sans mouliner plus que de raison, je rattrape le triathlète, le passe et finalement le lâche. Il me rattrapera plus loin, au coeur de Saint-Jérôme pour faire ensuite demi-tour et repartir vers Montréal. Je poursuis ma route, mais cette accélération me fait alors rouler tranquillement et à 28 km/h plus souvent qu'à 27.
Après Saint-Jérôme, la vraie sortie commence. On aborde la rivière du nord, quittant la piste cyclable pour le chemin de la rivière du nord. Le revêtement est celui d'un sentier, non caillouteux mais sans trop de rendement. Juste avant que le sentier ne fasse un belvédère sur la rivière et son torrent, deux cyclistes terminent leur pause contemplative du paysage sauvage et prennent la route. Ils moulinent sur le petit plateau alors que la route est en train de grimper sur un long faux plat de 2 à 3 kilomètres. Je les rattrape sur ma lancée du rythme initié avec le dépassement du triathlète, et les passe pour finalement les embarquer dans ma roue. On roule ensemble un bon moment, doublant par la même les cyclistes du dimanche en famille, avec ou sans enfants. Plus tard, lors d'un ultime relais, ils quittent ma compagnie, faisant probablement également demi-tour.
Beaucoup de monde sur ce sentier et dans les deux sens. Le revêtement parfois mou, notamment dans les secteurs qui ont été refaits, est largement compensé par la tranquillité des lieux. Sur la gauche du sentier coule la rivière du nord, sur la droite, c'est la forêt à l'état brut. Les différents bourgs se suivent au bon rythme des 29 30 km / heure. Depuis ma rencontre avec les deux cyclistes, je mouline avec une cadence au-delà des 100 tours minute et ma vitesse a augmenté sans faire plus mal aux jambes. C'est la première fois que je passe sur ce sentier à près de 30 km/h, je roule vite, mais je sens que je ne me mets pas dans le rouge. Je veille cependant à avoir une alimentation régulière, mes derniers oublis s'étant révélés être une catastrophe. Et cadence élevée ou pas, des calories sont tout de même brulées. Arrivé à Val-David, au bout de 96 km, je m'octroie une pause au pied d'un sapin au bord du sentier. Pas loin de là, le carrefour principal de la ville voit se croiser cyclistes et voitures dans un environnement bruyant. Aux terrasses des restaurants, des estivants profitent ainsi de la campagne en ville, avec table en prise olfactive directe sur les pots d'échappement.
Je m'alimente de deux bananes, une galette au miel et boisson légèrement sucrée.
Après 15 ou 20 minutes de ce repos relatif, les sensations de froid me poussent à reprendre le vélo. 10 à 15 minutes de re-échauffement et le rythme cadencé reprend du service.
Dans ce sens, le sentier est un faux plat descendant et c'est le 32 / 33 km / heure qu'il faut gérer avec quelques zones de gravillons. La rivière du nord donne des paysages magnifiques avec parfois de sympathiques lacs, dont les rives sont occupées par de vastes maisons. Sur les flots, des kayaks se baladent en famille.
Passé Prévost, je connais mieux le parcours, Saint-Jérôme arrive vite. La piste cyclable est là, puis la piste longeant la voie ferrée et ensuite les abords de Laval puis Montréal.
Auparavant, il fallait compter près de 9 heures pour faire ce parcours tranquillement. Cette fois-ci, tout autant tranquillement c'est en moins de 8 heures.
Dans la soirée, après la récupération, je me sens particulièrement excité par cette cadence élevée tout au long des 2 tiers du parcours. Le lendemain, les sensations sont bonnes avec des jambes bien moins lourdes que ce même 200 roulé à une cadence plus faible. Je suis curieux de refaire une autre sortie à cette cadence-là.
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