Avoir une position idéale sur un vélo nécessite plusieurs choses. Certaines sont statiques : la hauteur de selle, la longueur des manivelles, d'autres sont dynamiques : la position du pied sur la pédale, notamment lors du pédalage.
Un pédalage efficace est celui qui, à vélo, transmet le maximum d'énergie musculaire dans le déplacement du cycliste. Cela passe, dans le cyclisme par les pédales.
Quelques explications
L'énergie imprimée dans le coup de pédale passe par un ensemble de maillons, liés les uns aux autres : le fémur, le genou, le tibia, la cheville, le pied. Tous ces éléments sont autant de points où l'énergie peut être perdue, notamment au niveau des articulations : genou, cheville. Sur le genou, il y a peu de corrections à apporter sinon que de garder un genou dans l'axe, avec principalement le vaste interne qui sera le plus proche possible du cadre du vélo. Pédaler les genoux écartés engendre une perte d'énergie, puisque la force qui doit être imprimée verticalement et vers le bas a un point d'appui qui n'est pas dans l'axe vertical du pied, celui-là même qui transmet cette énergie à la pédale.
Autres éléments : la cheville et le pied. Il y a deux aspects dans cette cheville, le pédalage vers le bas, le pédale vers le haut. Pour le pédalage vers le bas, le maximum d'énergie doit être transmis dans le minimum de temps à la pédale. Or il y a un élément qui n'est pas fixe, c'est la cheville. Selon que l'on pédale avec la pointe du pied vers le bas ou vers le haut, la cheville va plus ou moins absorber cette énergie.
Avec la pointe du pied vers le bas, c'est-à-dire avec le talon qui reste au-dessus de l'axe de la pédale, on maximise l'énergie reçue via le tibia. La cheville est quasiment rigide. De plus, lors du passage au point mort haut la cheville est déjà dans une bonne position et facilite ainsi ce passage dit mort. Avec la pointe du pied vers le haut, le cycliste se retrouve, lorsque la pédale est horizontale, avec le talon plus bas que l'avant du pied et plus bas que l'axe de la pédale. Appuyer sur la pédale de cette manière engendre une perte d'énergie puisque le point d'appui n'utilise pas la force du pied, ni même la force des mollets.
Exercice pour mieux comprendre
Essayer ainsi de monter un escalier en alternant les deux positions des pieds. Impératif : monter l'escalier avec uniquement l'avant du pied, laisser le talon hors de la marche. Essai 1 : je monte l'escalier avec le talon au-dessus de la marche. Constat : le mollet est utilisé, mais également la force du pied via les os métatarsiens. Sentez comment le genou est utilisé et que la stabilité du genou est requise. Montez les marches deux par deux pour bien sentir l'exercice, il n'est pas utile d'aller vite et de s'essouffler. Essai 2 : je monte l'escalier avec le talon au-dessous de la marche. Constat : le mollet n'est pas mobilisé pour l'exercice, les cuisses travaillent plus que lors de l'essai 1. Il est éprouvant de monter ainsi.
Une fois que la technique du talon au-dessus de la marche est bien sentie, il est aisé de la reproduire sur le vélo.
Il est évident que ce changement de pédalage demande un peu de concentration pour que le geste devienne par la suite naturel. Il est concevable que ce changement entraine une modification dans ses sensations à vélo et qu'une adaptation musculaire à ce nouveau geste demande du temps. Ce qui est flagrant également est que cette modification dans la façon de transmettre l'énergie au vélo est une source de progrès.
Article mis à jour par Janol 11/05/2021 Hits 23.693