Randonnée d'automne
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Rouler l'Automne pour se refaire une cerise des efforts sans compter de l'été. Une sortie attendue, crainte, mainte fois repoussée puis enfin désirée. Et si on la réalisait cette sortie vélo.
5 heures le réveil sonne. Qu'elles sont loin mes bonnes idées de la veille.
Le vélo est prêt, mais je ne réfléchis pas deux secondes avant de l'éteindre tout de suite.
8h30, je trouve la force de me lever à 9h30. La semaine de travail a été exigeante, on dirait.
Midi, je pars, deux maillots sur le dos, les manchettes sur les bras, les jambières, de la bouffe dans la sacoche et des rêves plein les poches.
Dans les bidons, de l'eau et du miel dans l'un, de l'eau plate dans l'autre, très plate l'eau.
C'est par une bosse que je commence ma sortie, il me faut traverser un bout de Montréal et rejoindre le canal Lachine.
C'est tout à l'opposé du parcours imaginé la veille. Les couleurs d'automne du Mont Tremblant seront belles et mes photos seront bredouilles. Suis-je capable de faire un 300 après un mois de septembre avec une seule sortie de 100 km et moins de 20 aller-retour domicile-travail. Le 100 km fut sans intérêt, c'est un cent borne sans surprise, sans challenge, sans enjeu, sans plaisir sauf celui d'avoir fait la sortie.
Hum la bosse du Bd Victoria me dit que le choix de ne pas faire le 300 est judicieux.
Descente vers le canal Lachine et premiers vrais coups de pédales.
Les restes profonds de Paris-Brest-Paris 2019 font que je suis déjà sur la plaque et au-dessus de trente.
1h35 plus tard c'est Saint-Anne-de-Bellevue et la traversée de la rivière des Outaouais pour aller faire le tour de l'île Perrot.
Ce bout de route est agréable, il y a peu de voitures, une très jolie vue sur Montréal de l'autre côté du Saint-Laurent. La bosse se fait encore sur la plaque.
L'automne est bien là, dans les couleurs des érables, du jaune, du jaune éclatant au rouge de toutes les gammes. Cela fait du bien de rouler dans un tel paysage, bordé par la forêt.
Quelques kilomètres plus loin, des travaux ont éventré la route, et je dois passer ailleurs.
Ensuite c'est la route qui relie la Pointe-des-Cascades aux Coteaux-du-Lac. La piste cyclable, sans circulation automobile, longe le canal, mais droit devant les nuages noirs menacent. C'est du plat qui se fait sur la plaque encore.

La palette de couleurs automnales
Arrivé aux Coteaux-du-Lac, demi-tour alors que le compteur affiche 90 km. Les nuages noirs sont désormais dans mon dos, mais des gouttes se font sentir.
Les jambes se font lourdes, je m'alimente bien et je bois régulièrement mais je sais que de l'eau salée me serait d'un bien meilleur effet, à moins que ma dernière barre de céréales soit salée...
Peu importe le mal aux jambes, je roule toujours à trente. Les 15 derniers jours d'août ont tellement été exigeants en efforts que celui-ci passe. Je tente de rester à la même cadence de pédalage sur les petites bosses et je ne force pas sur le plat, j'enroule.
Arrivé à l'intersection permettant de refaire la boucle de l'ile Perrot, je poursuis sur la gauche, la pluie se faisant plus présente et le mal aux jambes persistant.
Pour autant je roule bien, mais j'ai envie de rentrer vite. Aussi à Saint-Anne, je rentre direct et évite de passer par Montréal, de nuit et sous la pluie.
La barre de céréales était salée avec ses cacahuètes, ce qui fait que la bosse de Senneville est magique, elle monte en sous bois et l'Automne sous la pluie est merveilleux. La pluie révèle les odeurs, cela sent les temps anciens, le placard à confiture d'une grand-mère, je respire les narines grandes ouvertes et m'emplit les poumons de cet air enrichit par la pluie.

Sous bois
Des lignes droites, des bosses, des pistes cyclables, un sous-bois et me voilà rentré. Il fait nuit, il pleut, la route est mouillée, mais je suis heureux de ma sortie.
160 km d'une randonnée d'automne pour se ressourcer d'un Paris-Brest-Paris aussi exigeant que beau. Le prix à payer de cette beauté a été pour cette édition de ne pas avoir roulé les deux mois qui ont suivi la mythique épreuve.
Il faut laisser à la tête le temps de soigner les traumatismes. Se pousser en vue d'une épreuve peut laisser des traces, se pousser sans objectif n'a pas de sens. Mais que la randonnée est belle lorsque l'on y a du plaisir.
Ce 160 a été bien, je recommencerais !
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