Alta Via 1 : Refuge Cunéy - hôtel Valentino à Bionaz

  1. Running >
  2. Articles sport >
  3. Publications Randonnee

logo Aoste

Une étape de paysages et de soleil plein la vue, une étape faite également de belles rencontres. Les beaux rêves naissent-ils des belles montagnes ou des belles histoires de montagne ?



Jeudi 1er Septembre 2016
Refuge Cunéy - hôtel Valentino, Bionaz

8h00 - 14h00 soit 6h00 de "marche" et 628 m de dénivelé.

Voyez ici pour le Road Book Hôtel Valentino à Bionaz

Départ 8h00 ce matin, le soleil est au rendez-vous et le ciel est limpide. Le sentier fait une boucle quasi complète, avec le chemin de la veille, pour repartir du refuge. Nous descendons le long des petits lacs de Cunéy et, passé le dernier, bifurquons plein sud.

Par quelques virages serrés et un passage sous la barre rocheuse de la Becca Fontaney, nous dominons l'alpage Tsa de Chavalary. Ce dernier forme un joli cirque orienté plein est. Un petit ressaut, un replat on prend désormais plein ouest pour gagner le col de Chaléby à 2683 m.




Quelques lacs, minuscules miroirs, animent le pâturage et offrent de jolis reflets.

Nous avons enfin une petite brèche dans la vallée où l'on voit la pointe sommitale du Cervin. Au col, le regard embrasse le cirque au dessin presque parfait, du Plan Piscina dominé par l'âpre Mont Pisonet.




Descente vers les pâturages et les laquets de l'ancien alpage, dont il reste les fondations, puis remontée de 250 mètres de dénivelé pour le col de Vessona.




Un sifflement de marmotte, un ombre sur les pâturages, un aigle passe devant nous, enroulant les flancs du cirque. Il repassera une seconde fois, animant la fin de notre ascension. Dans les derniers mètres menant au col, la vue, dominante, sur le petit bivouac Rosaire e Clermont nous enchante. Posé près du lac de Champanement, disposant de 18 lits, toujours ouvert, qui ne rêverait d'une pause ou d'une calme nuitée dans un tel environnement panoramique. Enchanteur !



Déjà dans la montée, le vent soufflait, au point d'enlever les casquettes, mais au col ni Jacky, ni moi nous attardons. L'air est frais à 2800 m. La descente se fait sur des terres détritiques, granuleuses et en forte pente. La vigilance est de rigueur, les bâtons bienvenus et la vue sur la Combe Vessona et le massif du Mont Gelé, de toute beauté. Ce n'est qu'après le passage du torrent et une rapide perte de 400 mètres de dénivelé que l'on retrouve une pente plus douce.




Les premiers mélèzes pointent leur toupet vert. Le contact de la peau sur leurs aiguilles est même d'une grande douceur. Un groupe de jeunes bovins occupent la rive ouest du torrent descendant de la Pointe Vallepiana. Les eaux de fonte ou d'orage doivent avoir une sérieuse puissance car le lit est sur-creusé, les berges formant une véritable barrière de pierres et rochers. A 11h05 nous sommes à l'Ardamun. Les génisses sont à l'abreuvoir tandis que quelques vaches Hérens, plus âgées, pâturent en contrebas près de la croix.




Les bâtiments de l'alpage passés, on emprunte une partie de la raide piste, en cours de réfection. C'est le seul passage de cette barre rocheuse de près de 200 mètres de haut. Quelques pins cembros ont colonisé le rebord de la falaise. Dans la mélèzaie, de superbes et énormes arbres attirent le regard. Désormais pendant près de deux heures la pente sera douce. Nous croisons un couple de britanniques en train de recoudre la sangle d'un sac à dos. Surprenant qu'elle ait pu casser !



Arp Vieille (marquée Vieille sur la carte) 11h45, le soleil est désormais assez haut pour voir des dizaines de papillons. Bien sûr certains butinent les fleurs mais d'autres se regroupent sur le sol sablonneux du chemin. Ils sont là pour boire et absorber les sels minéraux.

Nous déjeunons à l'ombre dans le lit du torrent à sec. Ses rochers offrent tables et chaises à foison. A l'Arnou, les prairies laissent la place à la forêt.


Quelques percées entre les arbres nous offrent la vue sur Bionaz, lieu de notre étape ce soir. La descente devient plus raide et file vers le pont de pierre datant de 1688 enjambant la cinquantaine de mètres du profond ravin de Betendaz où coule le torrent Buthier. Il fait suite à une passerelle de bois construite en 1352. Mais avant sa construction... une légende raconte l'exploit du jeune Beteind courtisan de la châtelaine, qui traversa d'un seul saut la gorge du torrent Buthier, qu'on baptisa en son honneur "ravin Betendaz".

Le balisage du sentier a changé de tracé. Le chemin descend vers Oyace au lieu de remonter directement sur Close. Quelques lacets, bien sentis, nous extraient des flancs de la gorge de Betendaz. Nous arrivons à Oyace. En 1630, année de la terrible peste, les habitants de la vallée installèrent une grille empêchant l'accès de la Haute Valpelline, consistant ainsi un cordon sanitaire inverse. Ce système fut efficace puisque l'épidémie ne put atteindre les villages de la haute vallée. Car jusqu'au 19ème siècle les deux cols du haut de la vallée étaient très fréquentés. Le col de Crête Sèche et le Collon reliaient respectivement la Valpelline avec le Val de Bagnes ou le Val d'Hérens. La réfection des superbes sentiers muletiers bordés de leurs murets témoignent de ce passé.



Oyace ne disposant pas de cimetière, les défunts devaient être inhumés à Valpelline situé à 8 km en aval. Cela s'avérant impossible en hiver, les cadavres étaient conservés dans la neige jusqu'au printemps.

Nous descendons au centre du village. J'appelle notre hôtesse au téléphone. En effet l'hôtel Valentino, où nous dormons ce soir, est situé à Bionaz et sa propriétaire m'avait proposé, lors de ma réservation, de venir nous chercher afin d'éviter les deux ou trois kilomètres de bitume y menant. Assis confortablement dans la voiture de Maura Petitjacques, ces derniers kilomètres sont vite avalés.
Notre chambre est superbe, douche, WC, balcon ensoleillé ... excellent. La douche chaude après deux jours d'eau froide, très froide est un bonheur... simple mais réel. La lessive séchera sans souci au soleil et au vent remontant la vallée.
Nous buvons un coup au bar et discutons avec Maura. Son mari participe ce weekend au 4K (Quattro Kappa). L'inscription coûte 550 euros. Le délai maximal pour couvrir les 350 kilomètres avec 25.000 m de dénivelé est de 155 heures. Ce dernier s'étant blessé, il y a quelques semaines, elle ne croit pas à sa réussite.


Antonio, je connais désormais son prénom, notre vieux guide arrive vers 17h00. Lui a fait les 3 kilomètres de bitume à pied...... Nous discuterons longuement tous les deux alors qu'il boit et mange un croque monsieur. Il va rester ici une journée puis finira samedi à Ollomont sa randonnée.



A suivre de l'Hôtel Valentino à Bionaz au refuge Champillon





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 21/02/2017
Hits 782

Catégorie : Publication Randonnee


Faites passer Imprimer

Voyez également nos récits de sport.

Commenter cet article

Pseudo
Adresse e-mail
Titre du commentaire
Commentaire