Traversée des Alpes du Sud Gite d'étape du Boréon Saint-Dalmas

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Après une nuit sous tente, et les émotions de la veille, place aux spectacles qu'offrent la nature et les activités pastorales. L'altitude monte et atteint les 2452 m avec le passage du col de Barn ensuite c'est la descente, ponctuée par de magnifiques photos. Le village médiéval de Saint-Dalmas est au bout de l'étape.



Dimanche 1er septembre 2019
Boréon Saint Dalmas Valdeblore

7h35 - 14h10, soit 6h35 de trajet avec un dénivelé positif de 1137 m et un dénivelé négatif de 1357 m

Voyez ici le Road Book du gite d'étape du Boréon à Saint Dalmas Valdeblore et la trace GPS Boréon Saint Dalmas Valdeblore.

La nuit sous tente fut excellente ; une bonne couette, la tête au frais, parfait. On se lève à 6h40 et sortons avec tout notre matériel, sans rien ranger. C'est dans le vaste local à chaussures que nous faisons nos sacs. Petit-déjeuner en salle, plein d'eau bouillante dans les thermos et départ à 7h35.

Les "nordistes" nous avaient prévenus, nous commençons par deux kilomètres de bitume. Ici les pins sylvestres occupent le terrain et la falaise laisse apparaître des zones à nu où une roche très blanche se délite; probablement du gypse. A l'aplomb de la Vallière du Terras le GR quitte la route, emprunte un petit sentier et traverse le torrent. En forêt, le long de l'eau, le parcours est très agréable. Le bois d'épicéas s'éclaircit peu à peu et devient mélezin. Ici le soleil traverse facilement les aiguilles favorisant la présence des genévriers mais surtout des rhododendrons et des myrtilles.


Parfois bien mis en évidence sur un caillou, une crotte de renard, violette, témoigne du marquage de territoire et du menu du moment. C'est la saison des myrtilles. Quelques pins cembros font leur apparition et avec eux des pommes de pins décortiquées. On repère ici facilement le casse-noix moucheté, ce petit corvidé par son cri de crécelle. C'est le vigile de la forêt et il alerte les environs de notre présence. Je montre à Stéphane le cône dont la plupart des alvéoles sont vidées. Mais il reste quelques graines à l'intérieur. J'en extrais une ou deux et lui montre. Ce sont ces amandes que les oiseaux enfouissent dans de multiples caches avant d'aller les consommer l'hiver. Avec les dents j'ouvre la coque de l'amande et y goûte. C'est très bon, doux comme ... des pignons de pin.


On atteint par un joli sentier et quelques mètres de bitume le col de Salèse, puis le GR52 descend vers la Vacherie du Collet. La traversée d'une belle clairière pâturée permet d'admirer au loin les crêtes frontalières avec la Cime de Tavels, le Mont Malinvern et la Cime de la Lombarde dont le col éponyme est dans la mémoire de nombreux cyclistes. Les cloches tintent en forêt. Les vaches y paissent sous les mélèzes car la lumière qui pénètre sous les arbres permet à l'herbe de pousser. Un jeune vacher muni d'une canne jaune et suivi de son chien file vers elles. Une station mobile de traite est au bord de la piste. Un petit étang alimenté par le ruisseau borde la cabane des vachers.


Parvenu à la vacherie du Collet nous bifurquons sur la gauche. Quittant la piste, le sentier grimpe en forêt dans le vallon du Barn. Les vaches aussi y pâturent. C'est en suivant le torrent qu'on atteint la Vacherie du Barn, ou plutôt ses ruines. Fini le temps sur cet alpage éloigné de la piste. Les vaches descendent chaque soir en bas et le berger fait, lui, les allers-retours en moto et signe par la marque de ses pneus son passage sur le sentier. Vers 2100 mètres d'altitude, les arbres cèdent la place à l'herbe.
Si la traversée en sous bois fut agréable et à l'ombre, les premiers mètres à découvert nous saisissent. Le soleil est face à nous, et il fait chaud. En effet, jusqu'à Saint Dalmas le GR52 file vers le sud pour rejoindre le GR5, et on s'aperçoit alors que randonner vers le nord est bien plus confortable thermiquement que de marcher plein sud ! Quelques nuages viennent modérer l'ardeur du soleil. Nous gagnons en confort.


Nous terminons, par un joli sentier en lacets, l'ascension du col de Barn à 2452 m. On croise les premiers randonneurs. Il est 11h05. Le sommet sera atteint à 11h20; derniers décamètres ponctués de nombreux arrêts photos pour essayer de rendre la belle ambiance et l'esthétisme de cette portion.

Au col, la vue sur le Vallon des Millefonts surprend. C'est pelé, sec, en grande partie minéral. Quelle différence ! Un lac occupe le premier plan de vallon. Le niveau du lac Gros est bas mais pas à sec. Nous entamons une longue descente vers Saint Dalmas Valdebore ; 1100 mètres de dévalaison. En ce dimanche beaucoup de randonneurs à la journée montent. A l'approche d'un petit verrou glaciaire les sonnailles des moutons se font entendre.


Nous découvrons près du lac Long tout un troupeau. Il divague dans cette prairie plate entourant le plan d'eau. Deux promeneurs assis au pied d'un rocher sont littéralement entourés de brebis. Les chiens de travail ramènent les bêtes vers nous. Sous l'impulsion de l'un d'eux, une brebis saute à l'eau. Elle nagera et ressortira sur la rive opposée. On ne se lasse pas d'observer ce spectacle pastoral. De leur côté les patous veillent aussi. Tout à coup c'est un démarrage vers un groupe de randonneurs avec une petite chienne beagle tenue en laisse. Les quatre ou cinq patous fondent sur elle. On craint le pire. Mais cela s'arrête à une prise de contact et quelques reniflements. Les chiens de travail ramènent le troupeau vers le sentier, il est temps de passer avant que l'ensemble du troupeau ne se trouve sur le chemin. Il est 11h50, le soleil brille de nouveau, l'environnement est beau et le spectacle de qualité, aussi décidons-nous de pique-niquer ici.


Peu à peu le troupeau passe sur la petite crête séparant le bassin du lac Long de celui du lac Gros. Le berger, dont la silhouette se détache des nuages, fait remonter ses bêtes. Le temps se couvre et quelques nuées vaporeuses mais grises accrochent déjà la Mont Pepoiri et nous cachent sa cime.

La descente se fera avec un bon rythme, percevant une certaine menace orageuse. Un groupe de cavaliers monte. Leur accompagnateur me demande où est le troupeau et si les patous sont présents. 12h40, nous sommes au col de Veillos.


Un petit quart d'heure après, quelques gouttes nous cueillent au sommet du vallon du Gasc et stoppent rapidement. C'est une flopée de papillons qui nous accueille sur ce versant méridional. À 1900 m d'altitude les pieds de lavande officinale, sauvages, sont encore en fleurs. Les papillons butinent. Mais on voit que c'est la fin de la saison pour eux. Les ailes sont abîmées, les bords sont frangés pour la plupart.




Nous traversons un large vallon en herbe. Le Plan de la Gourra, sous les 2604 m du Mont Pétoumier, est soumis aux avalanches régulières. Arbres couchés et vieilles souches signent la récurrence du phénomène. Un dernier parcours forestier, dans les pins sylvestres, nous conduit au village de Saint Dalmas Valdeblore.

Quelques églantiers bordent le chemin. Leurs fruits, les cynorhodons commencent à mûrir, prenant cette belle couleur rouge-orangé. Sur les branches épineuses de petites boules de poils verts attirent l'œil. Le cynips du rosier, (l'églantier en et un, sauvage) petit hyménoptère, pond ses œufs dans les tissus des églantiers provoquant la formation de galles chevelues appelées bédégars. D'un diamètre de 3 à 4 cm selon le nombre de larves, ils sont formés de filaments.



On furète dans les rues du quartier du Pioulet et visitons l'église. Elle fut fondée par les moines bénédictins venus de l'abbaye de Pédona à Borgo San Dalmazzo dans le Piémont ... (là où le saint qui traversa le torrent sa tête sous le bras fut retrouvé) ... aux alentours de l'an 1000. Si l'extérieur signe une facture d'art roman lombard l'intérieur de la nef fut certainement remanié au 16è, 17è siècle car il est baroque. C'est en descendant quelques marches qu'on accède à l'église. On pense que, dans le courant du 17è siècle, un séisme, le dernier d'une longue série provoqua une coulée de terre qui vint en partie rehausser le sol. Une nouvelle porte fut pratiquée dans la façade et quatre marches descendant au niveau du sol intérieur furent installées.

Mais ce sont les cryptes, surtout la centrale, qui me séduiront. Celles du nord et du sud furent ajoutées vers 1100-1150 lorsque le prieuré reçut la relique insigne de la Sainte Croix. Les piliers de la crypte médiane ont de quoi surprendre par leur dévoiement !


Nous prenons nos quartiers au gite des Marmottes. Les premières gouttes arrivent une heure après. L'averse passée nous allons déambuler dans le vieux village médiéval puis, sur les conseils des "nordistes" de la veille, manger une glace maison à la Balma.


Sous le soleil revenu, nous découvrons ce vieux village fortifié. Une porte fermait l'accès occidental. Elle conduit à la petite chapelle des Pénitents Blancs, construite en 1659. Malgré la grille en condamnant l'accès, on peut admirer le décor de feuillage peint sur la voûte. Dans ce village regroupé sur un plateau en légère pente, on se "perd" facilement dans les ruelles. Les maisons anciennes sont serrées les unes contre les autres, les rez-de-chaussée des uns sont les étages des autres suivant la déclivité. Les restes de l'ancienne enceinte sont encore visibles. Ici une tour-porte avec ses meurtrières, là un reste de chemin de ronde avec son parapet crénelé, un peu plus loin un morceau de courtine du château moyenâgeux remployé dans la construction d'une maison. Un joli sentier, au pied des maisons-rempart, nous ramène au lavoir communal avant de regagner notre gite, échappant à une nouvelle averse



Nous sommes sept ce soir à table, et le repas copieux. Un couple suisse, un jeune luxembourgeois, un allemand taciturne et une dame d'une soixantaine d'années. Chose bien française, nous sommes quatre dans une chambre avec 2 lits superposés. Jamais je n'ai vu cela dans le Val d'Aoste en Italie. Là bas, les gardiens privilégiaient le confort de leurs clients.



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Article mis à jour par Janol
le 21/03/2020
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(Écrit le 17/03/2020 - lu 250 fois)