Montréal à Québec à vélo ou l'enfer du nord

  1. Running >
  2. Articles sport >
  3. Publications Ultra-endurance

logo montreal

Comment une randonnée vélo entre Montréal à Québec et qui devait être agréable tourne au cauchemar.



Tout commence bien en ce vendredi, le vélo est prêt pour une longue randonnée, le cycliste également avec 1.000 km par mois ces derniers temps, la météo est annoncée comme favorable avec un vent qui souffle aller comme retour. Québec, très jolie ville, est à portée de roues après 270 km.

Le GPS est prêt avec les deux parcours aller et retour chargés dans l'appareil.
Le sac de victuaille pour plus de 24 heures est fin prêt également.
Il n'y a plus qu'a y aller.
Sitôt parti sur le Boulevard Hochelaga, le vent souffle déjà et les 27, 28 puis 30 km / heure sont atteints. Les feux rouges ralentissent l'avancée, si bien que la sortie de Montréal se fait à 22 km de moyenne.

La route n'est pas plane en ce début de randonnée et il faut jouer entre les nids de poule, les saignées de l'asphalte qui craque, et les plaques dégouts où le bitume n'affleure pas, mais se situe 5 à 10 cm au dessus.

Le ciel n'est pas franchement dégagé, plutôt "grisailleux".

Route de Montréal à QuébecAvant Repentigny, franchissement d'un pont sur le Saint Laurent. Nous voila donc sortis de l'île.
Plus loin, les travaux d'été ralentissent la progression avec une route qui est une vraie piste du désert et fait perdre un temps fou et de l'énergie.
Le ciel se couvre et le vent ne souffle plus de dos, voire est légèrement de face.
Au fur et à mesure le crachin se fait sentir et parfois de grosses gouttes frappent le visage.


La moyenne horaire gagne quelques couleurs et passe du 22 initial à 24,5, ce qui n'est pas folichon.
Km 140, Trois rivières est atteint en un temps assez moche vu que les jambes ne sont pas là - sans doute un mauvais coup du stress alors que la randonnée n'a pas d'enjeu.

La route est désormais mouillée lorsque les ponts métalliques de l'île Saint Christophe sont franchis. Le revêtement du pont n'est pas du bitume mais un assemblage de métal. J'engage la roue avant sur le pont, pas de souci, j'engage la roue arrière et pédale, sauf que la roue s'échappe de coté. Il semblerait que le pneu roule sur lui même, tant est si bien que je pense avoir crevé. Sitôt le pont franchi, je contrôle ma roue arrière, tout va bien, sauf que j'aurais pu glisser.

Le crachin devient un peu plus pluie et la route retenant l'eau, je suis plus mouillé par le sol que par le ciel.
Ensuite à la faveur d'une descente qui produit avec les roues de larges gerbes d'eau d'un plus bel effet sous l'éclairage de la lampe, me voilà le cuissard franchement mouillé et les pieds ne sont plus vraiment au sec. La pluie redoublant, je cherche un toit, mais pas d'abris bus, pas de cabine téléphonique. Il reste 70 km avant Québec et à 9h30, je vois un panneau annonçant une halte municipale (une sorte d'aire d'autoroute). Sans hésiter je roule pour aller m'y abriter.

Sympathique constat que de se retrouver ainsi mouillé à ce stade de la randonnée. Je me sèche comme je peux, je change de maillot et j'en profite pour manger, me reposer voire essayer de dormir. A 23 heures la pluie ayant cessé, je reprends la route humide.

Quelques heures après, me voilà à Québec avec un gros retard sur mon tableau de marche. La pluie a cessé, mais la route est bien trempée. Je n'ai alors qu'un objectif, prendre le Pont de Québec pour traverser le Saint Laurent et direction Montréal via les petites routes. Je change de carte sur mon GPS, mais je n'obtiens rien de lisible. Lorsque je zoom, les affichages ne se suivent pas, ils sont incohérents. Mon retour via les petites routes semble mal engagé.
Avant de m'apercevoir que l'affichage était faux, j'ai fait plusieurs aller et retour dans Québec. Finalement je demande ma route à un Québecois qui à la gentillesse de m'expliquer la route à prendre via le chemin Sainte Foy. Et finalement derrière la butée le pont se devine, bien caché dans l'obscurité. Je m'engage rapidement et constate que les vélos doivent prendre le trottoir de droite, lequel fait moins de 15 cm de large. Sorti du pont, je continue ma route et manque la bifurcation très serrée vers la route 132 - alternative salvatrice à mon périple.
De mémoire, je me souviens qu'il faut prendre la route du pont sur la droite, mais j'ai beau rouler, aucune route ne tourne à droite. Je marque une pause, mange un morceau, recharge le GPS par précaution avec un chargeur solaire, et je me demande quand est-ce que le cauchemar va cesser.

Je ne comprends pas pourquoi le GPS m'indique une mauvaise route. Lorsque j'affiche la carte en entier, je retrouve bien le parcours entre Québec et Montréal, mais lorsque je démarre l'itinéraire, le parcours indiqué est faux et la direction indiquée ne correspond pas à celle que je dois prendre. Aurais-je chargé une mauvaise carte, non la carte est bien celle là ...

Pour trouver la solution, je pense qu'il vaut mieux repartir vers le pont du Québec, plutôt que de poursuivre cette route qui mène on ne sait où.

Dans ce sens de circulation, je ne manque pas les panneaux vers la route 132 ouest et lorsque je m'engage sur la bonne route, il s'est écoulé 2h30 depuis mon arrivée à Québec. C'est quasiment 2 heures de vélo pour rien.
Le GPS ne m'est plus d'aucune utilité sinon pour avoir l'heure et la vitesse. Désormais je suis les panneaux Route 132 ouest jusqu'à Montréal.

4 heures du matin, je rencontre une dame en pyjama, lecteur mp3 sur les oreilles, en tain de marcher le long de la route 132. Elle marche mais elle a l'air perdu quand même !

Depuis les premières pluies de la veille, les pieds sont humides et n'arrivent pas à sécher.

Vers 7 heures, la route longe le Saint Laurent de près et la lumière du petit matin offre des paysages magnifiques. Mon moral arrive t-il à les apprécier vraiment ? Sur la route 138, il y avait des petits villages animés avec des établissements de restauration rapide, sur cette rive sud, il y a des villages avec un simple poste à essence / épicier (dépanneur) et peu en fait pour se restaurer. L'heure défile lentement et les kilomètres aussi. Depuis le matin, la moyenne se cesse de baisser et il devient de moins en moins fréquent de rouler à 27, 28 km /H.
Les longues lignes droites commencent à être usantes et mes douleurs aux poignets ne me rassurent pas, d'autant que la route à de nombreuses imperfections.

Longeant le Fleuve Saint Laurent, ce parcours sur la 132 est donc bien plus long que celui concocté par GPS et avec les retards pris dans la nuit, je commence à tergiverser.

A 40 km de Bécancourt, j'appelle le QG pour faire le point de ma situation et du kilométrage restant.

Il est 9 heures du matin et il reste 160 km pour faire Montréal Bécancourt via la 132 et 40 pour rejoindre Bécancourt, soit 200 km.

Vu l'état de la route, la fatigue, les kilomètres en trop et les heures perdues, le bilan est vite tiré : rendez-vous avec le QG en voiture entre Bécancourt et la ville qui suit, Nicolet.

Je poursuis donc ma route 132 ouest et enchaine difficilement les villages. Toujours aussi peu de commerces, heureusement qu'il me reste des vivres et de l'eau. Mais je boirais bien un café !

Faute de boisson chaude, je me retrouve face à face à un panneau qui indique que la vitesse est limitée à 100.
Waouh, il va falloir faire attention, me dis-je et aussitôt je vois un autre panneau indiquant que la route est interdite aux piétons et aux cyclistes. Me voilà rassuré, mais je vais où ?

Je tourne la tête à gauche et découvre ma route vers Bécancourt, via la Route verte N°3, celle que je suis depuis la sortie de Québec.

Route verte N°3 tels sont les panneaux que je suis, pour me remettre sur la Route 132 ouest. Après un joli détour dans la ville et quelques corrections de trajets, il est alors 11 heures et je n'ai pas encore rejoints la 132 ouest, route sur laquelle j'ai rendez-vous. Un dernier appel au QG en donnant ma position exacte permet à mon rendez vous de me retrouver dans le quart d'heure qui suit. Décidément, l'heure défile plus vite que les kilomètres.

Je charge vélo, sac à dos dans la voiture et direction maison, via la route 132.

J'ai beau défiler dans ma déception les aléas de ces dernières 24 heures : la pluie, les sorties de ville, les parcours monotones, l'état de la route, le manque d'enjeu, je ne trouve rien : tout cela fait partie du vélo dans son ensemble. Et rien n'a été plus source d'échec que le reste, l'ensemble a été plus lourd que ce que je comptais trouver.
Sitôt arrivé au bercail, je fais le point sur le GPS et cherche à comprendre pourquoi il n'affichait pas la bonne route de retour alors qu'elle était bien chargée. Les interrogations persistent.





Article mis à jour par Janol
le 01/09/2013
Hits 1.789

Catégorie : Publication Ultra-endurance


Faites passer Imprimer

Voyez également nos récits de sport.

Commenter cet article

Pseudo
Adresse e-mail
Titre du commentaire
Commentaire