De Biarritz au Tourmalet à vélo

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Dans la série, vélo en liberté, il y a une randonnée pas piquée des vers. C'est une randonnée personnelle, mais qui pourrait être organisée comme une randonnée permanente. Départ de Biarritz, puis col de Marie Blanque, suivi du col d'Aubisque et enfin le col du Tourmalet via Luz-Saint-Sauveur. Le retour se fait par Bagnère de Bigorre, puis Lourdes, Oléron Sainte Marie et enfin Biarritz.
À noter que la route de Urt à La Mongie via les trois sommets de cols correspond à l'itinéraire et aux contrôles de la partie pyrénéenne du Tour de France Randonneur.



Cette randonnée hors normes est une seconde tentative de l'itinéraire emprunté après Paris Brest Paris 2015. La randonnée mythique avait du être abandonnée et le parcours entre Biarritz et Marseille n'avait pas pu monter le Tourmalet après une descente aux enfers.



Départ de Biarritz à 8 heures après un petit déjeuner à la française fait de pain grillé avec beurre et confiture. Ça a du bon le classique après un Paris Brest Paris 2019, la semaine dernière, en mode confort spartiate.
Le ciel est nuageux mais le soleil doit reprendre le dessus rapidement pour la journée. Les bords de la Nive sont bien agréables pour sortir de la ville, rejoindre Bayonne et aussitôt la quitter par les bords de l'Adour.
Aussitôt les rives de l'Adour quittées, le paysage s'offre par des routes agréables pour rouler et dans des pourcentages encore peu élevés.
Briscous, Meharin sont les premières localités traversées via la D14. Moments zen et sans stress pour prendre la randonnée en main.





Le col de Marie Blanque.

C'est à Escot, en quittant la route principale que commence sur la gauche le col. Nous délaissons le gave d'Aspe pour nous enfoncer dans la forêt. Le col développe 10 km avec un sommet qui dépasse les 1.000 mètres. Les développements de 34 x 23 à 34 x 25 seront nécessaires, mais il faut plus pour mouliner sur une longue distance. Pour compenser le manque de développements, certains passages se font en danseuse.
Ce coté ci du col, le versant ouest, se fait en sous bois avec une vue qui est ainsi fermée.



Sommet du col de Marie Blanque
Sommet du col de Marie Blanque



Au sommet, c'est par contre un magnifique paysage pastoral qui s'ouvre. Il n'y a plus de bois ou forêt, la vue est totalement ouverte sur les pâturages et les montagnes. Ce petit 1.000 m de hauteur est totalement dépaysant et totalement nature.
La grande descente qui suit est roulante et permet d'arriver sur Aruns ou un autre col nous attends.


Le col d'Aubisque.

C'est Eaux-Bonnes qu'il faut rejoindre pour commencer l'ascension. Le col de Marie Blanque a déjà entamé les ressources physiques et c'est une petite épicerie qui permet de refaire le plein d'eau à bulles et de sucres lents. Une bonne demi heure d'arrêt est bienvenue par cette chaleur.
Après avoir fait le tour de la place, être passé devant ses hôtels et le boulodrome central, Eaux-Bonnes est laissé derrière pour passer à l'ascension.

1.700 m d'altitude, 12 km de montée, avec Gourette au km 8, c'est Aubisque.


Panneau du Col d'AubisqueComme sur le col de Marie Blanque les kilomètres sont annoncés avec le pourcentage moyen entre deux bornes. Les chiffres ne sont qu'une moyenne et les kilomètres ne sont pas de la même difficulté, malgré les pourcentages annoncés.

La route est belle avec peu de lacets. Parfois une cascade descends de la montagne, mais parfois la cascade ne coule plus, elle est tarie pour cette période de l'année ou pour plus longtemps.


Les sommets au dessus de ma tête sont magnifiques. La roche est blanche, baignée d'un soleil encore fort à cette heure de la journée. Gourette approche et ce sera la bonne occasion pour refaire le plein d'eau. C'est une fois arrêté que trois cyclistes passent, ils montent également, il y a une féminine et un gars qui ressemble au président du club des randonneurs de Montréal. Après Paris Brest Paris, il est venu avec un autre cyclo du Québec goûter entre autres aux sommets pyrénéens.
4 km est la distance qui reste jusqu'au sommet. Les lacets ouvrent la vue sur la montagne et les autres versants. Hélas les nuages bouchent un peu la vue et donnent à la chaleur une humidité faisant transpirer sans éliminer. Le sommet est atteint avec l'ivresse due à la hauteur.


Sommet de l'Aubisque
Sommet de l'Aubisque


Sur la droite, les trois vélos géants du Tour de France. Puis la borne kilométrique géante du col, maculée d'autocollants.
La descente est engagée rapidement, vu que le sommet est sous la brume.

Direction le col du Soulor après le passage dans deux tunnels.



Descente de l'Aubisque
Les tunnels du col de l'Aubisque



Sur la gauche, la vue descend dans la vallée et la brume n'y étant pas présente, cela donne de beaux paysages. Les cloches des vaches tintent au loin et de petits points beiges sur le versant opposé en sont la source. Quelques bergeries reliées par des sentiers se distinguent dans une couleur chaude de fin de journée. Le col du Soulor est une formalité depuis ce versant. Au sommet trois gros cochons vaquent tête baissée à leur occupation principale, manger.

Argelès-Gazost est à 20 km, c'est tout autant de kilomètres de descente. Des lignes droites, des courbes qui s'enchaînent, très peu de lacets font de cette descente un plaisir grisant et rapide. Le vélo va vite et sans faille, les freins répondent bien et avec un bitume de qualité, c'est agréable. Argeles-Gazost est là, un panneau propose de virer à droite vers le col du Tourmalet et la vallée de Gavarnie, mais je poursuis vers le centre ville.

Un peu d'animation donne vie avec les restaurants où les tables sont de sortie.
Une fontaine d'eau potable est la bienvenue pour faire une petite pause alimentation et passer un coup de téléphone pour donner des nouvelles de l'avancée. 15 à 20 minutes d'arrêt et la route continue. Luz-Saint-Sauveur n'est pas loin et comme la nuit est en train de tomber, on peut encore rouler une heure ou deux. Passer Luz-Saint-Sauveur, c'est commencer à grimper. Avec la nuit, cela signifie dans ces altitudes de devoir gérer le froid.

A l'arrière d'une maison abandonnée, je trouve un coin tranquille, isolé des phares de quelques voitures de passage, et dans le noir complet. En cinq minutes, une bâche est dépliée au sol, et je suis allongé pour la nuit, équipé de tous mes vêtements longs, la bâche repliée sur moi en guise de couverture.
Quinze minutes après, le grand spectacle des étoiles commence, une étoile filante traverse le ciel. Quels moments après cette chevauchée sauvage dans les cols !
Après de nombreux réveils, le jour se mets à poindre, c'est le moment, LE moment de monter le col, LE col, Tourmalet.



Le col du Tourmalet

Il ne fait pas 10 ou 12 km comme les cols gravis la veille, mais 16 km. Il dépasse les 2.000 mètres d'altitude et par le versant Luz-Saint-Sauveur, c'est maintenant que cela se passe.
La traversée du village arrive tout de suite. Des habitants sont déjà dehors et donnent vie aux lieux.

Bien avant la sortie du village, la route grimpe, rectiligne, difficile. Les bornes kilométriques format montagne annoncent l'altitude du sommet, celle actuelle ainsi que le kilométrage restant. L'ascension se faisant versant ouest, le soleil est derrière la montagne et ce début de col est à l'ombre.
Les premiers kilomètres sont difficiles, le réveil musculaire est un peu brutal, le 34 x 25 oblige à monter en danseuse et les efforts de la veille ne se font pas oublier.
Peu de lacets en ces premiers kilomètres. Les flancs est de la montagne sont en altitude et éclairés par le soleil. Sur la route les ombres sont rasantes.



Montée du col du Tourmalet
Montée du col du Tourmalet


Bientôt, c'est la route qui est au soleil puis vire à gauche, à droite dans un grand lacet. Un replat offre un reposoir qui permet de se détendre un peu et de jeter un oeil sur la vue grandiose.

Le pic du Midi et sa station se laissent apercevoir, entourés de roches. Le sommet du col ne se voit pas et c'est en regardant les véhicules qui me doublent que je cherche le passage. Il reste encore 6 kilomètres à franchir et visuellement il reste du dénivelé . Le pourcentage ne va pas faiblir dans les derniers lacets. Deux kilomètres avant le sommet, nous sommes à flanc de montagne et la droite de la route s'ouvre alors sur la vallée, et l'on peut observer le chemin parcouru en contrebas. Un virage à gauche en épingle à cheveux et le sommet se devine. C'est un col, un passage de col, la voie est encaissée, avec des flancs de montagne tout en hauteur et écrasant celui qui franchit ce passage. La roche est sombre, à l'ombre, lugubre et froide. Le sommet est là, intime, avec un dernier virage à droite. Un bâtiment en pierre, une stèle, le mythique cycliste d'argent, on y est, j'y suis, Tourmalet.

Voyez ici les caractéristiques du col du Tourmalet

Sommet du col du Tourmalet
Sommet du col du TourmaletSommet du col du Tourmalet


Quelques moments en silence pour apprécier ce moment, unique, hors du temps et de tout repère. La vue sur la montagne face est du début d'ascension est maintenant appréciable. L'oeil va loin et voit toute la montagne, la profonde vallée de début de col et du ciel bleu.


Retour sur Biarritz

La route vers Saint-Marie de Campan est poursuivie. Le village de Tourmalet et sa station de ski dans une grande descente tranche avec l'ascension en solitaire dans un paysage minéral.
Quelques lamas en liberté apportent une touche très pittoresque aux lieux.
Puis la vallée via la Mongie et par la suite en longeant l'Adour fait arriver à Bagnières-de-Bigorre.
Ensuite par la départementale 937, nous quittons l'Adour et ce sera la traversée de Lourdes.



Lourdes et sa grotteLourdes et sa grotte



Une ville que l'on visite lorsque la grotte des Sarrazins et Bernadette Soubirous sont une des raisons du voyage. Pour un cycliste, passer est bien suffisant dans ce qui ressemble à du folklore mercantile.
À partir de Lourdes, la route suit le très agréable gave de Pau.

La départementale 936 sera la route pour le retour jusqu'aux portes de Bayonne. Si jusqu'à présent seul le compteur GPS est utilisé pour l'itinéraire, le retour dans le dédale des villages est facilité avec l'application maps.me. Cette application smartphone est sans connexion mais affiche, et c'est là son avantage, les cartes et parcours au préalablement téléchargés. Sur le terrain, les panneaux indicateurs avec Bayonne desservie par la départementale 936 ont été validés par la carte avec maps.me, le trafic routier étant peu chargé en cette semaine, c'est cette route qui est choisie pour rentrer au plus direct.

Oleron-Sainte-Marie, qui a été contournée sur le parcours aller, est sur le chemin du retour.
La fin de parcours se fait en partie avec un petit vent dans le dos. Le soleil baissant d'intensité, il est plus facile de rouler sur la plaque au dessus de 30 km/h. Les efforts en montagne sont oubliés pour d'autres sur le plat. Bidache, Bardos sont des villages ainsi traversés en quête d'un bar ou restaurant quelconque pour y faire le plein des bidons. A Bidache, une boutique avec des tables en terrasse devrait faire l'affaire, seule boutique ouverte après un tour rapide de la place. Autant dans les bars précédents, il n'avait pas été difficile de faire le plein d'eau fraiche, parfois se tenir avec un bidon de vélo dont le bouchon est ouvert avait suffit à faire comprendre au bar-man son besoin, autant une boutique dont la restauration n'est pas le métier permet en le demandant d'obtenir de l'eau qui à l'usage s' avère être de l'eau chaude. Il faut qu'il y ait de telles péripéties dans une randonnée au long cours, cela fait des souvenirs et le nom du village reste marqué : Bidache.

Les bords de l'Adour puis de la Nive terminent tranquillement cette randonnée hors normes.
36 heures ont été nécessaires à ce périple aux trois cols majeurs et nombreuses rivières.
Après PBP la semaine dernière, ce BTB a été sauvage, nature et en solitaire sur de beaux sommets, là où Paris Brest a été organisé, canalisé, suivi et au sein d'un peloton international. C'est ça aussi le vélo.





Article mis à jour par Janol
le 01/09/2019
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Catégorie : Publication Cyclisme


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