Après la côte Atlantique et ses portions de plat, puis la vallée de la Garonne, pas plus pentue, Olivier entre dans le Lot et découvre les méandres de la rivière. Au milieu grimpent les pentes !
Après la vallée de la Garonne et son fleuve, il est facile de rejoindre le Lot, la rivière du Lot et sa vallée. Entrons alors dans le Quercy et découvrons ces fascinants moulins qui en ce 21e siècle défient encore le temps.
Ce seront ici les premiers moulins, il y en a deux autres attendus dans cette aventure. Dominé par le Mont Saint Cyr, Cahors joue la surprise. En passant d'une rive à l'autre du Lot, on entre dans une ville charmante, celle de Léon Gambetta dont l'immense statue trône fièrement sur la grande place touristique et fréquentée. La ville est lovée dans un méandre de la rivière et son animation par les piétons peu pressés, les boutiques aux couleurs chaudes de l'été dans une atmosphère détendue me renvoie les douces sensations des vacances : prendre son temps ! Oui ce voyage, c'est avant d'être un projet de vélo, une dizaine de jours de vacances. Les trottoirs sont bariolés de touristes et une file d'attente est nécessaire avant que la boulangère ne délivre les quiches et pains aux raisins attendus. La place est également animée, l'ambiance de Moissac me semble loin alors que j'y étais encore hier soir. Sitôt le déjeuner avalé, j'ai hâte de reprendre la route, elle démarre au pied du mont Saint-Cyr avant de longer le Lot. La perle du jour se présente rapidement une fois les berges du Lot atteintes.
Le village de pierre impressionne avec son château, il domine la rivière de façon vertigineuse et d'autant que la route d'accès se fait par le point haut. Le point de vue est double avec le village et son château d'une part, la rivière du Lot ensuite. Pour ma part la visite se fera par ce point en hauteur puis par le chemin de hallage en contrebas, offrant une vue sur la rivière et laissant de côté les aspects touristiques d'un lieu où les cyclistes se retrouvent peu adaptés au calme du lieu sur-fréquenté. L'ambiance du site et sa vue suffisent au bonheur du moment.
Avant de quitter les lieux, la quête de l'eau est lancée et finalement satisfaite, non pas dans le cimetière où une araignée s'échappe du robinet, mais auprès d'un sympathique agent des services techniques de la ville. Saint-Cirq-Lapopie sera ainsi la découverte, la perle de cette belle journée sur le Lot. Le bivouac sera trouvé en bordure de route, pas loin de la rivière et donc dans une zone qui sera certainement humide au matin. La bâche devra sécher le lendemain et un emplacement pour le transport devra être trouvé en lieu et place du petit sac à dos. Cerise sur le gâteau, non seulement le lieu est calme, alors que le bivouac est installé dans un pré en contrebas de la route, mais le spectacle de la lune presque pleine se déroule juste en face de moi, les premières loges. Elle m'accompagnera encore quelques nuits et sa présence m'apporte une certaine sérénité sur ces nuits en connexion avec la nature. N'aurait-elle pas un effet bénéfique durant mes journées de vélo, car la solitude de la randonnée est non seulement supportable, mais confortable avec des pensées positives et des envies de réussites. Au petit matin, les berges du Lot sont aussi calmes que la veille. Dans les villages, quelques châteaux et belle demeures trônent, trace que l'histoire de la région a été riche. Le profil du parcours plus élevé que les jours précédents, avec des bosses de 10 kilomètres de long dés que l'on quitte la rivière, cela change de la voie verte de long de la Garonne. Au milieu de nulle part, alors que le soleil apporte une belle chaleur, une installation sportive avec vestiaires invite à la recherche d'un point d'eau. Un robinet d'eau potable me saute aux yeux. Il est bienvenue pour une toilette avec le plein des bidons et le nettoyage et séchage de la bâche. En sens opposé, un couple de cyclistes se prépare pour la descente à venir et me salue. Un panneau de signalisation routière indique nous entrons dans le département de la Lozère. La perle du jour se situe à Estaing, une jolie commune dominée par un immense château surplombant le Lot, son architecture est un mélange entre médiéval et renaissance, le pont tout en pierre avec arches en ogive donne une ambiance particulière et reposante.
Après 140 km, le bivouac est trouvé en forêt sur la route après Chanac. Un tapis de mousse apportera du confort supplémentaire pour une bonne nuit. Cette journée a été marquée par les ascensions avec 3 longues bosses de 10 kilomètres, l'altitude avoisine les 1.000 mètres.