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Les apports de l'expérience en endurance vélo.

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Quels sont les différents niveaux de pratique du vélo, de la sortie club encadrée au cyclo autonome et solitaire ?
En endurance, le vélo c'est quoi ?




La pratique du vélo peut se faire à différents niveaux : le vélo en club ou en groupe, le vélo en solitaire avec assistance, le vélo en solitaire et en autonomie.
Il n'y a pas d'échelle de valeur entre ces niveaux, seulement des différences de difficulté. Le groupe a des avantages, mais coute un prix lié à l'absence de liberté. À l'opposé, la solitude apporte la liberté, mais a un cout lié à l'absence de soutien. Tous les niveaux n'apportent pas non plus le même niveau de satisfaction.
À noter que ces réflexions concernent la longue distance à vélo et non la 'simple' sortie de 100 km. Par longue distance, entendons 300 km et au-delà, c'est-à-dire de plus de 12 heures de vélo jusqu'à pas de limite, ou presque.


Le vélo en club ou en groupe

C'est le niveau le plus abordable. Le groupe apporte l'expérience à celui qui découvre la longue distance. Cela donne un cadre, des limites de ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire.
L'endurance vélo, c'est devoir gérer la météo, c'est-à-dire qu'au-delà de 100 km, on n'est pas certain des prévisions météo et il faut gérer autant la pluie, le brouillard, le froid, que le soleil, les coups de soleil, les coups de chaleur, les pieds qui brulent, ... Tout élément a une solution que les cyclos expérimentés peuvent apporter aux autres cyclos du groupe.


  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer l'allure à laquelle on roule, mais aussi ses trajectoires et à fortiori en groupe, c'est gérer la façon de prendre des relais.
  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer l'alimentation solide et liquide. On ne mange pas n'importe quoi, on ne boit pas que des boissons énergétiques. Au bout de 100 à 150 km, l'alimentation entre en jeu et peut mener la randonnée, le brevet longue distance à l'échec.
  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer le parcours, son itinéraire. Si on a un GPS, et au-delà de 300 km, il faut recharger le matériel, sinon il faut ressortir les cartes routières.
  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer la route de nuit. Une nuit est plus agréable en groupe qu'en solitaire, on bénéficie non seulement de compagnie mais également d'éclairage avant et également arrière.
  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer le temps qui passe et les kilomètres qui ne semblent pas avancer. Le groupe apporte là toute sa force, c'est pouvoir discuter, échanger, apprendre avec les autres.
  • L'endurance vélo, c'est devoir gérer sa mécanique : réparer une crevaison sous la pluie et de nuit est toujours plus facile avec un groupe qu'en solitaire isolé dans la pampa noyée de soleil.
  • Les avantages du groupe sont directs avec de l'aide apportée immédiatement, mais également après la réalisation de la distance, du brevet où la réussite personnelle est perçue comme celle du groupe.

Les inconvénients sont liés au fonctionnement du groupe : qui décide de l'allure, des temps de pause. Ce qui va à un groupe ne va pas à chacun, il faut faire des concessions.


Les distances
Les distances qui se prêtent bien à ce niveau d'expérience sont les Brevets de Randonneurs Mondiaux de 200, 300, 400 et 600 km.
Lorsque le kilométrage augmente, il peut être intéressant de disposer d'une assistance.


Le vélo en solitaire avec assistance

C'est un niveau au-dessus, c'est-à-dire qu'il faut être passé par le niveau précédent pour pouvoir se passer du groupe. C'est du vélo en solitaire, mais avec du soutien. Au cas où il y a besoin, quelqu'un est là.
Le cyclo sait déjà gérer sa mécanique, ses parcours mais a besoin d'assistance pour la nuit, les arrêts dodo, pour le ravitaillement, voire pour la gestion des aléas climatiques. Le cyclo gère seul son allure et ce sur longue distance, ce qui peut être plusieurs dizaines d'heures.
S'il n'y a pas un effet groupe, il y a tout de même une synergie entre les participants. L'assistance étant un élément extérieur au cycliste, il faut qu'il y ait une organisation pour que les rendez-vous soient respectés sans générer chez le cycliste un stress supplémentaire.
Si l'assistance peut apporter un plus, une source de motivation, cela peut-être un double inconvénient :

  • L'assistance peut faciliter la décision d'abandonner si le cyclo rencontre des difficultés qu'il juge insurmontable. C'est si facile de monter dans la voiture.
  • L'assistance peut être une forme de coaching, c'est un moment où le cyclo va être encouragé, où un jugement autre que le sien va venir apporter des éléments sur ce qu'il fait. Ce n'est pas quelque chose de facile. Le meilleur encouragement reste encore le silence, lequel dans ces situations vaut approbation et en soi c'est un élément très positif.

Les distances
Les distances qui se prêtent bien à ce niveau d'expérience sont le BRM de 1 000 km, PBP, Londres Édimbourg Londres.


Après cette étape assistance maitrisée, le cyclo peut s'aventurer sur l'aventure sans assistance.


Le vélo en solitaire et en autonomie

C'est l'ultime niveau, sans être le niveau le plus difficile à gérer selon le caractère de chacun.
Le cyclo à ce niveau-là peut tout gérer :

  • Rouler au soleil ou sous la pluie
  • Faire ses courses pour se ravitailler correctement en évitant les problèmes de fringale.
  • Gérer ses nuits, s'arrêter dormir en restant au sec
  • Éclairer sa route sans tomber ni en panne d'énergie, ni en panne de GPS.
  • Le cyclo sait également gérer son moral, même lorsque une crevaison survient.
  • Lors des baisses de moral, le cyclo gère ce qui lui arrive, car il est à l'écoute de ses sensations et devrait même découvrir de nouvelles sensations liées à des conditions de randonnées nouvelles.
  • Le cyclo gère également son allure, il sait ne pas se laisser perturber par un kilométrage qui semble avancer peu vite.
  • Le cyclo gère ses pannes et trouve des solutions, un GPS qui ne fonctionne plus, un éclairage défaillant, un pneu qu'il faut changer. Les solutions sont simples et sont trouvées lors de la préparation de l'aventure solitaire et des entrainements précédents effectués en autonomie.

Avec de l'expérience, le cyclo autonome est capable de passer une nuit sur le vélo et sur plusieurs nuits, car il a appris comment gérer le sommeil en endurance. Il sait à quelle heure le soleil se lève et organise son repos en fonction de ces éléments pour en profiter pleinement.


Le cyclo solitaire en autonomie sait pourquoi il est là, connait ce qui le motive et maitrise les arguments qui vont l'éloigner de l'idée de l'abandon. Il sait se projeter sur les heures à venir et est capable de prévoir son heure d'arrivée comme de découper son parcours en section qu'il va maitriser.
Le cyclo solitaire en autonomie sait se mettre dans sa bulle pour vivre son aventure telle qu'il l'envisage. C'est ce niveau de liberté apporté par la solitude qu'il faut quelque part payer par un niveau d'autonomie plus élevé.
Le cyclo maitrisant bien des paramètres peut décider de changer les éléments qu'il souhaite : rouler vite, dormir en fin de nuit, se mettre à l'abri du soleil ou de la pluie.
A la fin de la randonnée, lorsque c'est une réussite, le cyclo ressort grandi, voire enrichi de ce qu'il a pu apprendre sur lui-même.


Si la distance de 1 000 est devenue maitrisée de par l'autonomie gagnée avec l'expérience, ce sont d'autres épreuves qui peuvent être envisagées. Plus longue en distance qu'un 1 000 km, plus longue en temps qu'une centaine d'heures ? Il y a encore de quoi faire, c'est la traversée d'un continent, c'est la RAAM aux États-Unis, c'est Vancouver Halifax au Canada (5 000 km d'un océan à l'autre), c'est en France quelque chose de plus hexagonal et tout aussi excitant sur près de 5 000 km, le Tour de France Randonneur.


Les distances
Les distances qui se prêtent bien à ce niveau d'expérience, les distances de 1 000 et plus, ou celles plus courtes et sans même qu'il y ait besoin d'une organisation pour encadrer, motiver la distance. C'est du week-end vélo sur 500 km et plus, comme le déplacement sur 800 km pour participer à un brevet et rentrer ensuite.


Et vous là-dedans ?

Arrivez-vous avec ces descriptions à définir quel est votre niveau d'expérience vélo, celui qui vous va bien pour les randonnées longues distances.
Concernant les réseaux sociaux, généralisés comme spécialisés en sport, pensez-vous qu'ils vous considèrent au niveau que vous avez défini de votre pratique ?




Article mis à jour par Janol
05/07/2018
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Catégorie : Publication Cyclisme

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