Tour du Viso de Crissolo à Villar Pellice

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La cinquième étape est déjà là dans des paysages grandioses à la source du Pô



Jeudi 26 Février 2009

Ce matin c'est lever à 6h30 pour prendre le petit déjeuner à 7h00 et partir à 8h30. L'hôtelier nous monte dans son minibus à Pian Melze. Même si la route est barrée, tout est déneigé et le soleil ne fait pas encore craindre d'éventuelles coulées.

Départ à 8h35. Déjà le Viso comble de sa présence le fond de cette vallée, source du Pô. Un groupe de skieurs de randonnée part faire la Punta Sea Bianca. Nous avons laissé, ce matin, Françoise à l'hôtel. Elle fait "repos" aujourd'hui emportant avec elle une bonne partie de nos bagages que l'hôtelier portera à l'étape de ce soir. Ce sera toujours cela de moins à porter et le rythme du groupe n'en sera que meilleur. Il y a entre nous une disparité, certes, mais faible et en tout cas acceptable. Cela augure une étape sans trop d'attente car il y a 860 m de dénivelé ascensionnel et 1850 m de descente.

Pian MelzeLa montée se fait au soleil et sans vent. Exposée au sud, il faut la faire tôt ce matin avant transformation. Philippe nous fait monter en lacets serrés et prend rapidement du dénivelé. La vue sur le Viso est majestueuse.

Le soleil tape. Il faut régulièrement ouvrir les aérations du pantalon, remonter les manches du tee-shirt, régulant la chaleur produite par l'effort et les quelques effets de brise qui, à bien plus de 2.000 m, s'avèrent frais, voire froids. Les pauses, elles, nous voient revêtir les gants et le Goretex.


Col de GiannaAu fur et à mesure de notre ascension, entrecoupée d'arrêts pour ménager les forces du groupe, nous embrassons une vue de plus en plus large, découvrant en arrière plan les sommets de l'Argentera au sud, les lignes de crêtes séparant les vals Varaita et Maira. A l'est, la plaine de Pô reste en partie cachée par la brume qui s'en élève.

Vers 10h00 nous atteignons le col della Giana. Les skieurs redescendent déjà en larges courbes. Une dernière fois nous imprimons notre rétine de l'immensité, de la majesté de ce paysage. J'ai rarement fait un circuit avec une telle impression de grandeur, d'altitude. Peut-être le raid en ski nordique qui en 1998 m'avait fait découvrir les cols de la vallée de la Clarée ? Nous basculons vers le nord.


La trace dans GiannaPhilippe fait la trace, mais surtout cherche les passages les plus sécurisants. Il travaille à merveille, nous espaçant lorsqu'il le faut, allant voir en éclaireur si tel ou tel passage s'avère meilleur, rectifiant nos trajectoires si de l'aval il s'aperçoit que certaines précautions sont inutiles : un plaisir de randonner avec un tel accompagnateur. Le stress existe chez lui et c'est déjà un bon point pour notre sécurité.
Nous descendons dans le vallon della Gianna jusqu'au mélèzin. Rassuré et plus détendu, nous sommes invités à poser les sacs et à sortir le pique nique. Le sandwich jambon blanc et fromage est excellent et la pomme (pour une fois nous avons un fruit) fort appréciée.

La neige est d'une telle qualité quelle permet de descendre des pentes raides sans risque, voire même de glisser dans les plus fortes. Nous atteignons les granges della Gianna. On mesure sans peine la quantité de neige tombée cet hiver. Seul dépasse le pignon des maisons et l'épaisseur de neige sur les toits est supérieure au mètre, bien qu'elle se soit tassée depuis les dernières chutes. Il en était tombé près de 3 mètres début janvier.

Nous retrouvons la route. Philippe, le pont passé, nous apprend que le rhododendron ferrugineux fait ses bourgeons dès l'été passé, les conserve sous la neige pour faire éclore ses fleurs dès le printemps. La neige en épaisseur lui est nécessaire et ces combes lui sont propices. On découvre un cadavre de chamois au pied d'un surplomb. Ce matin au dessus de Pian Melze, nous avions vu une patte, là il en reste un peu plus, mais guère.

Granges della Giana (vecchie)Cheminant dans le mélèzin, nous suivons les traces de skieurs. A la sortie du bois apparait le hameau de Selle, jolies maisons dominées par la masse du Chiot dei Salè. Les maisons semblent bien restaurées et agréablement exposées aux rayons ce soleil généreux.

Un groupe de skieurs de Visages, notre "voyagiste", nous rejoint. Ils sont dormi à l'Alpetto et, par le col du Viso, Pian del Rei, le col della Gianna, rejoignent le même hôtel que nous ce soir. Le guide qui les accompagne a, d'après Philippe, crée notre parcours. Si on ne peut que le féliciter sur les paysages traversés, je me permets de lui signaler que la durée de notre 3 ème étape était très mal évaluée. Il me répond de ne pas avoir donné les 4h30 de temps inscrit.

Nous finirons l'après midi en descendant la route enneigée qui longe la Ghicciara, passant parmi de petits hameaux blottis dans cette gorge encaissée qu'est le val du Carbonieri (charbonniers). Les conditions d'enneigement sont telles cette année que la navette ne peut nous prendre au Pont Pautas. Aussi descendons nous, jusqu'au hameau de Perlà à 726 m.

ChâtaigneraieNous découvrons une châtaigneraie bien présente avec de nombreuses terrasses et murettes, des cépées résurgentes au pied d'arbres séculaires mais aussi au sein des groupes de bâtiments, quelques anciens séchoirs. Certaines de ces maisons sont restaurées, d'autre en ruine ou délaissées, quelques unes à vendre.

Arrivés à 16h45, l'hôtelier viendra nous chercher à 17h10 après que Philippe l'ait appelé à 17h00, heure de notre rendez-vous. Un gros 4x4 pick-up nous fera traverser la large vallée du Val Pellice, et débarquer dans un hôtel, genre pension de famille. J'aurai de nouveau une chambre particulière.

Nous nous retrouvons pour boire un verre avant la douche. Nous dinons avec les skieurs, tous ensemble. Saucisson, petites bouchées au fromage, polenta lard et gorgonzola, gnocchi, haricots verts et roti de porc pour finir avec des profiteroles.

A 21h15 nous regagnons nos chambres, l'estomac plein ! L'Italie, après un premier séjour en janvier, confirmera ses qualités gastronomiques. Le coucher précoce, une chambre seul, me permettent de poursuivre le livre de Philippe HUET, "Une vie de loup".
Philippe CHOPIN

L'étape 6 nous conduit de Villar Pellice à Refuge Jervis
Les étapes du Tour du Viso : Mont Viso1 - Refuge Agnel2 - Refuge Bagnour3 - Refuge dell'Alpetto4 - Crissolo5 - Villa Pellice6 - Refuge Jervis7 - Echalp







Article mis à jour par Philippe CHOPIN
le 09/02/2010
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Catégorie : Publication Randonnee


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