Tour du Viso du refuge Jervis au gite d'Echalp

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Dernière grande étape autour du Mont Viso qui se termine en beauté. C'est dans la réussite d'une randonnée en raquettes dans de biens belles vallées italiennes que se forge l'envie d'y retourner.



Samedi 28 Février

C'est la fin... de février bien sûr mais surtout le dernier jour de ce voyage. J'ai mis trois épaisseurs de couverture plus la couette légère et j'ai dormi comme un loir (une marmotte à cette altitude) dans un chaud cocon. J'ai même eu un peu chaud dans la nuit me recouvrant sur le matin. Lever 6h45, déjeuner 7h00, départ 8h00.
Philippe est parti reconnaître les premiers mètres du parcours et revient en annonçant que l'on part sans les raquettes aux pieds !

Il faut être vigilant pour ne pas déraper. La montée débute dans les traces des skieurs que j'ai vu partir à 7h10 couteaux sur les skis. Nous cheminons avec précaution pour passer le premier passage un peu aérien, puis revenant sur un terrain moins exposé, nous chaussons les raquettes. La montée se fait en forêt, cherchant les croupes boisées pour éviter un départ de plaques.

Refuge JervisLe premier couloir à traverser nous verra prendre des distances que nous garderons quasiment jusqu'au col sommital. Philippe a emprunté un piolet pour tailler de temps en temps des marques de pas afin d'assurer les nôtres. Cela prend au départ du temps, mais renforce la sécurité. Régulièrement nous faisons des pauses pour boire car la pente est raide. Un passage nous vaut de voir Philippe quitter ses raquettes, puis , quelques pas plus loin, ses bâtons, et faire avec ses pieds le passage. Nous nous engageons un par un, raquettes sur le sac. Je suis le premier à traverser avec précaution ce goulet. Par endroits, mon épaule côté amont touche quasiment la neige tant la pente est forte. Je patiente sur l'autre versant, attendant mes acolytes.


Col LacroixTout le monde rechausse. Philippe repart devant pour assurer le tracé. Lorsqu'il nous hèle, nous reprenons chacun, à distance, notre ascension. Un passage croûté me fait marcher à pas chassés, histoire d'éviter les dévers et surtout de bien accrocher les raquettes.

A partir de là et presque jusqu'à la sortie de la forêt, j'assurerai la confection de la trace, sculptant dans la croûte de neige des marques où poser les pieds pour les suivants. J'ai d'ailleurs bloqué les raquettes, cela permet de taper plus facilement de la pointe pour attaquer la croûte glacée de quelques centimètres. En dessous c'est de la poudreuse et le pied s'y assoit bien plus aisément.

Je trace en suivant la piste montante des randonneurs à ski sauf lorsque celle ci se rapproche un peu trop du vide à mon goût, restant alors sous la protection des arbres. Les marches confectionnées me coûtent un peu en énergie et je fais quelques pauses pour m'hydrater. Il n'y a que moi qui ait un "camel back". Tous les autres ayant des thermos de thé chaud enfouis dans leur sac. Je bois ainsi bien plus régulièrement et à l'envie car la contenance est de deux litres.

Val PelliceEnfin la forêt s'arrête, nous sommes sur une ligne de crêtes surplombant l'un des vallons escarpés descendant dans le Val Pellice, la Comba Nera. Nous faisons au niveau d'une petite dépression un arrêt ravitaillement. Le col est en vue et la cabane assise sur la frontière franco-italienne plus très loin.

Un long replat que l'on ne peut deviner nous y mène. En effet, je m'attendais à un passage aérien, les 500 derniers mètres sont aisés et la neige porte bien. Nous arrivons à la cabane en ruine.


Crêtes de PraroussinLe vent souffle et nous apercevons les skieurs de randonnée finir l'ascension d'un sommet, Praroussin à 2.675 m. La descente se fera dans le large vallon de la Combe Morelle. Nous sommes revenus en France.

Un campagnol des neiges est mort. Que faisait il ici alors que d'habitude il circule dans des galeries sous la neige. Une cabane en ruine sera notre site de pique-nique. Un groupe de randonneurs à raquettes passent devant nous en montant le vallon. Philippe les interpelle et leur demande si le chemin est tracé. Ils expliquent avoir repris une ancienne trace sur le chemin. Nous nous y engageons après le déjeuner. Mais le côté aérien fait renoncer Philippe : toujours ce côté prudent, sécurisant.

Nous revenons sur nos pas et empruntons maintenant le goulet du torrent mais quelques centaines de mètres suffisent à Philippe pour tomber sur une cassure assez importante et renoncer à y passer.

Pour une deuxième fois, c'est marche arrière. Il vise maintenant la forêt en rive opposée. Ce sera la bonne option, même si y accéder nécessite un peu d'ascension en neige difficile. La suite, après ce long moment d'errance et de tension ne sera qu'un cheminement forestier, tantôt en devers, tantôt sur les croupes en escaliers, et heureusement régulièrement face à la pente.

La chaleur est telle, depuis ces deux jours, que la neige est lourde.

L'EchalpNous arrivons en vue du terme de l'étape et du séjour : l'Echalp, terminus hivernal de la route remontant la vallée du Guil. On aperçoit au dessus, le vallon de Bouchouse que domine la crête de la Taillante. Nous l'avions vu dimanche dernier lors du premier jour dans notre ascension du col Vieux. En 7 jours, nous avons fait un tour au sens large du Mont Viso. Les paysages y étaient exceptionnels, la météo uniformément belle, nous réservant un ciel bleu et limpide. Quelques points de vue furent proprement sublimes, lors des visions du massif du Mont Rose, du Cervin au nord ou de l'Argentera au sud. La montée du Colle della Giana avec le Mont Viso en arrière plan fut un moment de grande beauté. Vraiment ces vallées italiennes, encaissées, sauvages m'ont plus que séduit, elles m'ont conquis.

La sécurité fut toujours à l'ordre du jour et notre accompagnateur d'un grand professionnalisme, stressant souvent plus que nous. Ce circuit mal côté, est de niveau quatre, même si des étapes plus aisées alternent avec les étapes longues. Il n'existera peut-être plus car il faut vraiment des conditions de neige et de météo favorables pour ne pas se retrouver à "faire du taxi", de vallées en vallées. Au moins nous l'aurons bouclé et sûrement peu de gens auront réalisé en raquettes un tel itinéraire. J'en suis ravi, comblé et un peu fier d'avoir réussi un parcours aussi technique et engagé physiquement.
A noter : En 2010 ce circuit est coté 4 et existe toujours au catalogue

Philippe CHOPIN

Les étapes du Tour du Viso : Mont Viso
1 - Refuge Agnel

2 - Refuge Bagnour

3 - Refuge dell'Alpetto

4 - Crissolo

5 - Villar Pellice

6 - Refuge Jervis

7 - Echalp






Article mis à jour par Philippe CHOPIN
le 12/02/2010
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Catégorie : Publication Randonnee


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