La transhumance des cyclos

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Tous les quatre ans depuis la nuit des temps cyclos, une transhumance des randonneurs a lieu.
Le départ se fait depuis une des plus belles capitales du monde : Paris.
Le lieu de transhumance est un haut lieu du cyclisme français et donc également mondial.



Ce n'est pas un lieu haut en altitude comme pourrait l'être un col mythiques des Alpes, ou des Pyrénées. Ce n'est pas un haut lieu du cyclisme provençal comme peut l'être le col du Mont-Ventoux alias le Géant de Provence. C'est d'une part une terre de cyclistes et de champions cyclistes, c'est d'autre part une terre où les habitants aiment le sport cycliste et plus généralement le vélo.
Cette terre est une terre à l'ouest, très à l'ouest de Paris, le plus à l'ouest de Paris qu'il soit, il n'y a pas plus à l'ouest. Cette terre c'est la Bretagne.
Cette haute terre ouvre sur la mer, l'océan, les grands espaces, la liberté. C'est vers le phare et cet océan que les randonneurs roulent, et il est une ville du bout du monde qui les accueille, une ville qui indique qu'il est temps de rentrer, car on ne va pas au delà, cette ville
c'est Brest.

Tous les quatre ans depuis la nuit des temps cyclos, de plus en plus de randonneurs, de cyclistes, de coursiers, se rejoignent, se mélangent. Ils sont venus de plus de 60 nations lors de la 19ème édition, ils étaient plus de 6 000 à former un long peloton de cyclos de Paris à Brest. De jour comme de nuit, ils ont roulé, parmi les monts et les vallées, sous la chaleur de la journée, dans la brume froide des petits matins.
Dans quelques villes, ils se sont reposés, ont repris des forces et ont méticuleusement fait contrôler leur carte de route pour montrer qu'ils ne s'étaient pas perdu. Certains se perdent.

A Brest, une fois atteint le Pont Albert Loupe, admiré les barques couchées sur le flanc attendant la marée pour retrouver leur fierté, ils sont regardé l'océan et s'en sont retournés vers la capitale.
Brest n'est pas le point le plus facile de la transhumance. Si c'est un haut lieu du pèlerinage estival, ce n'est pas un but à atteindre, seulement un point de passage, il faut alors repartir, remotiver son corps et son mental pour finaliser le geste, terminer en groupe le mouvement, poursuivre en solitaire la quête.

Tous ne reviennent pas de Brest, une bête rode au sein du peloton, cette bête se met en queue de groupe et patiente autour des cyclos les plus faibles. L'un vacille, avance de moins en moins vite. Alors, dans un silence que personne n'entends, le cyclo lâche prise, l'Abandon le submerge et l'engloutit. La bête rôde plus facilement lorsque le vent est de face dans les montées, que lorsqu'il souffle de dos dans les descentes. La bête fait plus de victimes la nuit tombée que lorsque le soleil brille. La bête est patiente et sait attendre que le cyclo soit usé avant de le dévorer. La bête rôde mais il est facile, de lui échapper, il suffit de rouler avec un sourire naturel, et ainsi la bête est désarmée. Cependant à chaque transhumance, 20% des cyclos sont frappés par l'Abandon.

La transhumance demande ainsi des qualités pour être menée au bout, abnégation, courage, cadence de pédalage mais également partage, sourire, échange, humanisme.

Ils sont nombreux au bord de la route les habitants à apprécier ces qualités chez les cyclos.
Ils sont heureux de leurs terres, de leur cyclistes au valeureux courage, et ainsi leur font la fête. Les villages sont décorés à la mode vélo, les maisons sont habitées de cyclistes, les sourires éclairent les visages de jour comme de nuit. Et les tables sont de sortie pour soutenir les randonneurs d'une tasse de café, d'une crêpe bretonne, voire d'un lit dans la cour arrière, le tout arrosé de sourires, de chaleur humaine débordante et d'encouragements exubérants.

Il faut veiller à ne pas s'attarder car le temps est compté. La transhumance ne permet pas qu'il y ait des profiteurs de bon temps au détriment des autres. Un délai de transhumance est à respecter. A chaque transhumance il y a des abus et des cyclos qui poussent la bonne aventure au delà des délais impartis. Certains courageux ajoutent ainsi des heures de plus à leur transhumance, mais celle ci n'est officiellement pas validée par le grand berger qui veille à la qualité de son troupeaux.

La transhumance effectuée donne à chaque cyclo la possibilité, l'envie, la nécessité, le besoin impérial de revenir dans 4 ans. Il sont ainsi nombreux à repartir chez eux, leur vélo sous le bras avec le message à faire passer aux amis, aux indécis de leur club de venir tenter cette transhumance de cyclos. La transhumance que l'on devrait faire une fois dans sa vie de cyclo et que certains ont déjà fait dix fois dans leur vie !
La transhumance de cyclos c'est une randonnée de Paris à Brest en aller-retour pour en fin de compte ne faire qu'un voyage intérieur, mais quel voyage d'une vie.





Article mis à jour par Janol
le 19/10/2019
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Catégorie : Publication Cyclisme


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