Prêt pour l'aventure? avec une des plus grandes expériences de votre vie de cycliste.
Il est vrai que l'aventure est devant le guidon : plus de 1230 km, 90 heures de délais, de trois à quatre jours de vélo avec des problèmes à résoudre : ceux liés au temps passé à faire le même geste, et ce, depuis les pieds coincés dans les pédales automatiques, aux mains et poignets qui sont au contact du guidon, aux cervicales qui supportent le poids de la tête et du casque et enfin aux os du bassin qui supportent, durant ces heures de selle, le poids du cycliste, arnaché d'un éventuel et pas utile camelbak.
De plus, durant ces journées de vélo, il faut s'attendre à rencontrer, de jour comme de nuit, une météo qui varie d'une saison à l'autre, voire sur les quatre saisons et que si le vent souffle à l'aller dans le dos, il soufflera de face au retour, sauf s'il tourne.
À cette difficulté de la distance et au-delà de l'effort musculaire qui somme toute n'est pas l'essentiel de la difficulté, vient s'ajouter la difficulté liée au fait de rouler de nuit : s'éclairer, voir la route, voir la route de nuit sous la pluie ou la bruine bretonnante, gérer le froid du petit matin avec la bonne protection vestimentaire, gérer son sommeil si on décide juste de terminer dans le temps imparti (90 h) et de prendre tout ce temps-là, rouler au plus vite en dormant un minimum et en luttant contre le sommeil pour terminer en moins de 45 ou 50 heures. Gérer son alimentation et son hydratation sur tout le parcours. Gérer le parcours et ses bosses, car ni la Bretagne en particulier, ni PBP en général, ne sont plats. Il y avait plus de 10 000 m de dénivelé en 2019.
Alors oui, en ce sens, Paris-Brest-Paris est une aventure.
C'est une aventure complète, totale, et qui peut se résumer à trois dimensions : l'homme, sa machine, le temps. Deux types de cyclos participent à PBP, il y a d'un côté "les assistés", cela n'est pas péjoratif ! Même si PBP n'est pas une course, ceux-là veulent arriver vite à l'arrivée et passent peu de temps aux contrôles, le temps de tamponner, de manger un morceau et c'est reparti, certains prennent le temps d'emporter une musette, d'autre pas, un simple plat de pâtes à Brest suffit, certains ne dorment pas, d'autres grimpent au contrôle dans le camping-car ou la voiture d'assistance.
De l'autre côté, il y a les "furieux de la route", terminer la randonnée à 15 km/h de moyenne ne les effraie pas, ces cyclos-là sont plus proches de la vraie légende PBP. Il y a davantage d'échanges entre les cyclos qui ont ainsi le temps de toucher de l'humain, ou avec les autres cyclos, ou aussi avec les spectateurs acteurs au bord des routes, avec les organisateurs, le staff. Pour apprécier cette magie, il n'y a qu'à se plonger dans l'ambiance qui règne à l'arrivée à Rambouillet, le jeudi après-midi, lorsque "les 90 heures" arrivent de leur épopée !
Et si le cycliste part sur l'aventure du Paris-Brest-Paris, c'est qu'il veut sans doute se convaincre qu'il maitrise chacune de ces trois dimensions : l'homme, sa machine, le temps.