Traversée des Alpes du Sud Menton Sospel

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1er jour de randonnée sur la GTA, quitter la beauté de Menton et le bleu de la mer se fait par une belle ascension. Philippe et Stéphane apprécient autant les lieux que les rencontres sur les pentes ensoleillées au pays du citron.



Mardi 27 août 2019
Menton Sospel

7h10 - 15h00, soit 7h50 de trajet pour 17,1 km, avec un dénivelé positif de 1431 m et un dénivelé négatif de 1097 m

Voyez ici pour le Road Book Road Book de Menton à Sospel et la trace GPS Menton Sospel.

Lever 6h15 , petit déjeuner 6h30, café, pain noir aux graines, pain blanc mais surtout délicieuse confiture de citron de Menton et très bon jus de citron. Véronique respecte la longue histoire de l'agrumiculture à Menton.
Si les premiers citronniers sont attestés en 1471 sur la cité, c'est à la fin du 17è siècle que la culture du citron prend son essor. Son âge d'or durera un siècle entre 1740 et 1840. Le déclin commencera dès 1850 avec deux années de gel qui décimeront nombre de citronniers et des méthodes archaïques de culture, sans irrigation, sans fumure.
Le morcellement extrême des surfaces cultivables et l'absence d'entretien des nombreux chemins ruraux qui en résultent touchent sérieusement la production. Enfin l'absence de port de commerce et la spéculation foncière due à la naissance du tourisme font décliner la production locale.
L'abaissement des droits de douane en 1861 et 1866 pour l'Italie et l'Espagne allié au passage d'une marine à voile à une marine à vapeur ouvrent la porte toute grande à des produits bien moins chers et plus concurrentiels. Il ne reste en 1950 que 7 marchands de citron à Menton. Le terrible gel de 1956 mis un point final à l'agrumiculture. Aujourd'hui on replante citronniers, orangers, clémentiniers et le "citron de Menton" bénéficie d'une IGP depuis 2015.
Nous quittons à 7h10 cette hôtesse pleine d'attention tant pour ses hôtes que pour l'une de ses chattes, ce matin malade. Par les ruelles, les escaliers et deux passages voûtés, nous rejoignons le quai Bonaparte.



On retrouve, face au port, le départ du GR52. Dès le passage sous la voie ferrée, gare Menton Garavan, c'est une ascension non stop de plus de 1000 mètres de dénivelé qui se présente. Les villas défilent entre routes, escaliers ou sentes pentues jusqu'à frôler l'autoroute.
La Bella Vista, nom du lieu-dit, est gâchée par le bruit de la voie rapide ; franchement dommage pour les habitations environnantes. La vue par contre est large et, à cette heure précoce, pas encore trop voilée par la brume de chaleur.


Le chemin va monter sérieusement pendant 1h30 jusqu'au Plan de Leuze. C'est presque à plat que nous gagnons le Plan du Lion, lieu de bifurcation vers le village du Castellar. De nouveau les courbes de niveau se resserrent, le sentier remonte vers le Roc de l'Orméa. Au pied de sa falaise, la chaleur renvoyée par la paroi nous assaille pour les derniers mètres du col du Berceau.

Alors que nous grignotons et buvons, deux dames nous interpellent et nous demandent de nous situer sur la carte. Elles font à la journée le tour du Roc de l'Orméa et voudraient monter au sommet. Mais apparemment la lecture de la carte n'est pas leur fort et elles sont difficilement capables de nous dire dans quel sens elles tournent, ni par où elles sont passées.



Notre pause d'une vingtaine de minutes prend fin et on s'engage en forêt dans la descente de Restaud. Un petit point topo sera nécessaire au croisement vers le Pas de la Corne, tant les chemins et sentes sont nombreux. Nous poursuivons notre descente et rencontrons notre première trekkeuse (randonneuse au long cours). Valérie, suisse, est partie le 25 juillet du lac Léman et fait la traversée des Alpes françaises d'une traite, avec seulement 3 jours d'arrêt pour cause de mauvais temps. Bravo !
Nous frôlons les ruines du Vieux Castellar, situées sur un éperon rocheux. A l'abri des menaces d'agression des sarrasins, un village dès le 13è siècle avait été bâti au pied du château. Deux siècles plus tard, en 1435, la menace ayant diminué, les habitants fondèrent un nouveau village, plus accessible, le Castellar à 2 kilomètres plus au sud.



C'est l'heure des rencontres ! Dans la montée de Colla Bassa nous croisons un couple parti de Moutiers, puis une jeune femme et une dame âgée marchant ensemble. La jeune femme est partie de Briançon, notre destination finale, la dame, d'après le couple précédemment croisé a fait, en plus de la traversée des Alpes, le Tour du Mont Blanc ... un périple de près de 2 mois !
Devant la grosseur du sac à dos de Stéphane, elle lui demande s'il campe. Il lui répondra, d'une pirouette, lui disant que... ce sont les bières !
Une exploitation en permaculture a installé une petite buvette pour la pause et un point d'eau. Un border-collie en garde l'accès très gentiment. Il veille, de ses yeux vairons sur les randonneurs qui passent.



Peu avant Colla Bassa, un couple nous croise. Ils font l'étape en 2 fois car ils veulent bivouaquer avant Menton, ce que nous confirma notre hôtelière, Mme Guiet, à Sospel le soir même. Nous déjeunons à Colla Bassa, lieu d'estive d'un berger. 1107 m, c'est l'altitude maximale de la journée. La descente en forêt est plaisante et rafraichissante. Toute la montée fut exposée au soleil. Heureusement celui ci était un peu voilé et, avec notre départ matinal, pas trop fort. On croise, avant le col du Razet, un jeune homme barbu qui lui aussi fait sa traversée des Alpes. 28 jours ! Enthousiaste, il nous conseille de faire la visite guidée de la vallée des Merveilles pour ses gravures rupestres. Il conseille aussi la GTM (Mercantour) plutôt que le GR5 et nous vante les "gîteurs" de Bousiéyas pour leur envie de raconter leur village. Il veut se baigner à Menton mais aussi reprendre le train pour Marseille où habite sa mère... Et là, vu l'heure du dernier train, ce n'est pas gagné !

Les dernières gouttes d'eau sortent du tuyau de la poche à eau. Je refais donc un litre à la source d'Albaréa près du monument aux morts. Il rend hommage aux 16 partisans italiens et aux 2 français suite à leur capture le 4 août 1944, puis exécution par les allemands. Le carrefour suivant mène d'ailleurs à la ferme des maquisards. La forêt nous accompagnera jusqu'à l'entré de Sospel où quelques rayons de soleil animent les façades surplombant la Bévéra.
Nous allons boire une bière en terrasse puis comme l'hôtel est encore fermé, partons faire le tour de la ville.



Lieu de passage obligé sur la "route du sel", Sospel vécut de foires, de marchés dès l'époque médiévale. Au 16è et 17è siècles les consuls de la cité conduisirent la ville à l'apogée de son développement. La nouvelle cathédrale, les chapelles des confréries, les couvents, le collège royal et de riches demeures témoignent de ce passé florissant.
Le vieux pont remonterait pour sa première facture au 12è voire 11è siècle. Peut-être en bois à son origine, il est en pierre en 1522 lorsqu'une de ses arches s'effondre. On voit encore l'amorce de cette arche écroulée sur la pile centrale. Sur sa face aval on distingue les restes d'un système de canalisation permettant d'acheminer l'eau de source vers les quartiers de la rive gauche. Une conduite d'eau était alors posée sur la série de corbeaux de sa face aval. Une petite chambre de vidange est encore visible sur le pilier central. Ses dimensions sont de 36 mètres de long, 5,50 mètres de largeur de chaussée, une ouverture des arches de 14 et 15 mètres avec une épaisseur de la pile centrale de 5 mètres, Sa tour centrale aurait servi de poste de péage.
Bien qu'un nouveau pont situé 140 m en aval ait vu le jour en 1773, on abaissa l'arche nord en 1787 qui menaçait ruine, pour faciliter l'accès à la place Saint Nicolas.



En franchissant le pont, on découvre une placette entourée de maisons anciennes à arcades, une fontaine médiévale et un pavement de galets colorés. Nous poussons nos pas jusqu'à la chapelle Sainte Croix malheureusement close et rebroussons chemin vers la place Garibaldi et son lavoir aux murs peints et fresques colorées.





Retraversant la Bévéra, on gagne la place Saint Michel. Les maisons à arcades, l'église et un pavement splendide de galets forment un ensemble des plus agréables. La cathédrale baroque a conservé son clocher roman et au pied de l'escalier la chapelle des Pénitents gris, construite en 1619, a sa porte ouverte. Une exposition d'art l'occupe, nous permettant d'admirer les riches décors peints de l'édicule.



A 17h00, nous appelons notre hôtelière qui nous ouvre les portes. Elle nous explique qu'il n'y a que 17 chambres sur Sospel-bourg car un hôtel a été réquisitionné pour les gendarmes gardant la frontière et limitant le passage des migrants. Sa cuisinière étant absente, Mme Guiet nous indique la table de la Cabraia. Dîner d'une salade garnie que l'on divise en deux et de pennes à la sauce roquefort.

Au retour de notre repas, Stéphane prépare son sac et sort sa réserve de nourriture. J'y vois des nouilles "chinoises" en sachet carré. Je lui explique que celles-ci se cuisent. En effet, ce ne sont pas des lyophilisés mais qu'il faut les mettre 2 ou 3 minutes dans l'eau bouillante. Les 4 sachets resteront à l'hôtel demain matin !




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Article mis à jour par Janol
le 18/03/2020
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Catégorie : Publication Randonnee


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(Écrit le 17/03/2020 - lu 250 fois)