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Paris Brest Paris La randonnée de référence

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Ce n'est pas la seule randonnée de vélo de plus de 1.000 km, mais c'est une randonnée impressionnante : 1.200 km, plus de 5.000 concurrents dont plus de la moitié qui viennent du monde entier. PBP est la randonnée qui me fait écrire le plus d'histoires sur le sujet. Avec PBP, l'inspiration vient. Paris Brest Paris est LA référence en matière de randonnée à vélo.




Il y a plusieurs façons de vivre Paris-Brest-Paris : ceux qui abandonnent, ceux qui terminent dans les temps, ceux terminent grandis.
Pour ceux qui abandonnent PBP, c'est malheureux, le cycliste en connait les raisons dans sa chair, dans les fibres de son cadre de vélo ou dans les connexions complexes de son cerveau. C'est soit une autre tentative sur cette distance, soit une croix qui est faite sur le calendrier des épreuves d'une vie.
Pour ceux qui terminent dans les temps, le chrono a été magique et la barrière de temps imparti a pu se refermer derrière eux, juste quelques heures après qu'ils aient franchis la ligne d'arrivée. Certains hélas, moins chanceux, moins préparés sont arrivés hors délai et ne s'en prennent qu'à eux-mêmes.
Pour ceux qui y ont participé avec courage et qui s'en sont sorti comme grandis, PBP est plus qu'une randonnée. C'est un évènement qui marque, c'est une randonnée qui ouvre la porte sur un autre monde, sur les autres et sur soi.
C'est un regard sur ses propres possibilités. Elles semblaient limitées avant même de participer aux brevets qualificatifs.



Déroulé du comment PBP fait grandir le cyclo.

PBP après 140 kmFaute de pouvoir ressentir les sensations des autres, voyons cette introspection avec son propre regard sur une double expérience de PBP 2011 et PBP 2015.

- Dans la série des brevets qualificatifs, il y a tout d'abord le brevet de 200 km. C'est juste plus qu'un cent km, c'est une distance rapidement faite au-delà du 100 km. Mais c'est franchement une étape car si on fait quelques 200 km dans une année, les premiers ont commencé à révéler des possibilités de progresser, de pousser la machine un peu plus loin.

- Le brevet de 300 km. Pierre blanche que celui-ci. Mon premier 300 a été une révélation, un bonheur total, parti en soirée à 20 heures dans un groupe et rentré à 9 heures avec 4 autres cyclos, les premiers du 300. La confiance prend racine.

- Le 400 km est une autre histoire, il faut passer la nuit sur le vélo ou gérer le temps de sommeil pour ne pas rentrer hors délai.
En fonction du temps mis, là aussi, PBP à venir commence à prendre une certaine tournure et ce 400 donne des indications. 17 heures pour ce 400 km entièrement plat. La confiance s'enracine.

- Puis vient le 600 km. Le gros défi, un demi Paris Brest. Celui effectué en 2011 emprunte une partie du parcours de PBP. Il a été effectué en solitaire à l'aller avec 300 km de vent de face avant de faire demi-tour et de rouler en groupe sur Paris. 31 heures de vélo et la sensation d'avoir de bonnes jambes sur le dernier 100 km parcouru au petit matin. Aucun arrêt pour dormir et 31 heures de vélo à l'arrivée. Déçu sur le moment, et avec le temps ce temps parait bien honnête. Le 600 est le dernier brevet qualificatif, PBP s'enracine alors encore un peu plus. PBP fait bien comprendre des possibilités. Le 600 donne une idée des obstacles à passer et laisse imaginer les contraintes liées à la distance, ainsi le cyclo peut trouver les solutions pour sauter ou contourner les difficultés.

Il ne reste alors que le gros morceau des 1.200 km, gérer le sommeil, les pauses, l'alimentation, la récupération, choisir le jour puis l'heure du départ et plus généralement comment se préparer à Paris-Brest-Paris.
Avec juste 10 heures de repos comprenant le sommeil (2 nuits), les pauses et 52 heures de vélo (23 km/h de moyenne), je passe à Brest en 30 heures et retourne sur Paris pour y arriver 32 heures après. Soit grosso modo, avec le même rythme que sur le 600 km du mois de juin. PBP est là, définitivement gravé dans la tête.


Il y a d'autres épreuves de ce genre de par le monde, qui se vivent à part entière et non en préparation de PBP (quoique). Mais une fois fait, PBP est là. On a envie d'y retrouver les sensations de bien être ressenties alors.
La distance n'effraie plus et si participer à un 200 km nous faisait poser des questions, après PBP on sait que l'on peut faire un 200 dans 3 semaines ou même dimanche prochain, si on est entrainé sur un 140. Et l'on sait comment le gérer pour passer le manque d'entrainement, il y a tout ce qu'il faut dans la tête pour aborder la distance, passer la pluie, ne pas cramer sous la canicule, ressentir la fringale, gérer le mal aux jambes, s'écouter, se parler, contrer la perte d'envie de pédaler et finalement terminer sa sortie avec brio, dans la nuit, mais avec de l'éclairage !
C'est comme cela que PBP fait grandir le cyclo.

Et encore ...


Alors que PBP 2011 avait été une victoire particulièrement savoureuse, la défaite de Paris-Brest-Paris 2015 a été encore plus délectable.
Peut-être moins bien préparé, mais tout aussi confiant qu'en 2011, l'édition 2015 a été un fiasco grandissime. D'un niveau tel qu'avec le temps il fait encore grandir, apprendre davantage, prendre sur soi pour surmonter non pas les bosses du Mont d'Arrée, mais la platitude de la défaite. Parti trop vite, trop fort, trop froid, certainement aussi mal positionné, le genou est devenu douloureux 100 km après le départ et l'abandon a été déclaré au bout de 300 km, dans l'obscurité d'une fin de journée.

Soigner une tendinite du genou, c'est long, cela prend du temps sur le genou, cela prend du temps sur le moral et l'un influençant l'autre dans une boucle à double sens inversé ...
Mais on peut dire que l'on s'en sort, car le PBP qui arrive motive et que celui effectué en 2011 a permis de soigner celui abandonné en 2015, car il est toujours présent, gravé.
L'abandon de 2015 permet d'apprendre que grandir avec PBP se fait avec humilité, respect. Ce qu'il permet d'envisager : un 300 km en 12 heures, un Biarritz Marseille de 700 km, un 1 000 du Sud avec 16 000 m de dénivelé, un 1 000 km Coureur des Bois et bien au delà, mais cet ensemble n'est pas un droit à la réussite, seulement une participation.

Garder à l'esprit l'humilité de sa réussite, tout en subjuguant le courage de ses rêves.




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Article mis à jour par Janol
28/05/2022
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