Préparation mentale sur Paris Brest Paris, pourquoi faire

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Se préparer, se motiver pour PBP ne se réalise pas que dans les brevets qualificatifs. Cela ouvre les portes vis à vis de l'organisateur, mais également vis à vis des 1.200 km qui séparent le départ de l'arrivée une victoire sur soi plus loin.



Se préparer, se motiver pour Paris Brest Paris (la reine des manifestations de cyclotourisme) ne se réalise pas que dans les brevets qualificatifs. Cela ouvre les portes vis à vis de l'organisateur, mais également vis à vis des 1.200 km qui séparent le lieu de départ du même endroit une victoire sur soi plus loin. Si le moral aide le physique, il ne se travaille pas sur le physique.

Le déclic de la claque

C'est après un 200 entre Créteil et Montmirail que j'ai pris conscience du travail qu'il y avait encore à faire. Le 200 avait été éprouvant, fait sur un rythme rapide, une alimentation pas en adéquation avec les éléments extérieurs, le moral était plutôt bas car le physique marquait le coup, il y avait encore 20 km pour relier Créteil au bercail. Philippe me propose de rentrer avec lui en voiture, puis intelligemment me dit : " Si tu veux faire PBP, rentre à vélo, ça te fera travailler le moral". Je ne sais plus ce que j'ai répondu, mais j'étais entièrement d'accord. Philippe est rentré avec son carrosse, et je suis retourné refaire le niveau d'eau auprès de l'organisation du Créteil Montmirail. Une canette, deux, trois, au fur et à mesure que les canettes descendaient, le taux de sucre remontait, le moral a suivi.

sortie vélo
Une fois réhydraté, les 20 km qui restaient à faire sont passés sans problèmes, pas de défaillance physique, en fait le physique n'allait pas trop, le moral n'a pas compris et il a pris une bonne claque. Après cet épisode, une nouvelle porte s'est ouverte : "être capable de".

Souvent on cherche à faire des randos, des épreuves, vis à vis desquelles, il y a un petit challenge, c'est un peu au dessus (croit-on) de nos capacités physiques, mentales. La peur s'installe, cela motive, c'est l'adrénaline du départ, l'euphorie de la dernière heure de route. Franchement, cela fait du bien non ? Là pour le coup, une barrière mentale a été repoussée un peu plus loin. La claque a peut-être fait du bien avec un sérieux avertissement sur la nécessité de s'alimenter et de bien boire, tout en faisant face, en résistant au stress de la distance ou du rythme (Leçon N° 1 du cyclo longue distance).

Sur le physique, la barrière du moment est au dessus de 212 km + 20 km aller et retour soit 250 km et rapporté aux 1.200 km de PBP, c'est rien du tout. Depuis ce déclic dans la tête, le degré de liberté a gagné en valeur.



Ardéchoise


La semaine suivant le BRM 300, c'est le parcours très paysager des Sucs (L'Ardéchoise) qui se présente. Je ne le prends pas comme un challenge ou un nouveau défi, mais je décide d'en profiter pour faire cette distance au dessus des 200 km en relative solitude. Le temps est à la pluie, mais ça ne change rien à l'esprit dans lequel je pars, cuissard court, manchettes et coupe vent et profitons des kilomètres, des difficultés annoncées pour tester le bonhomme sur ce parcours totalement méconnu.

L'ardéchoise est une vraie fête du vélo avec des cyclistes tout au long de la route, mais dans la boucle spécifique des Sucs, il n'y a plus aucun cyclo et je me retrouve seul dans la descente. Bah, ce n'est pas grave tant que je suis sur le bon parcours. Aussi je roule à mon rythme, aux sensations, et elles semblent bonnes malgré les conditions climatiques plutôt maussades.
La pluie redouble d'intensité, je me couvre et je ralenti, la pluie cesse, je me réchauffe et je repars de plus belle en m'attendant à rependre un grain. Lutter contre le vent, à quoi bon, mieux vaut passer au travers et avancer en étant plus en dedans. Le vent ou la route tourneront bien à un moment.

En septembre, c'est Levallois Honfleur et comme l'occasion ne peut se représenter de sitôt, ce sera également le retour le lendemain pour permettre de faire 400 km en deux jours d'affilée. En compagnon de route, c'est Christian que je retrouve sur ces deux belles journées de vélo. En discutant avec d'autres cyclos, sur d'autres randonnées, j'ai pu constater que cet aller retour Honfleurais était également réalisé par les candidats à Paris Brest Paris. Le mental se prépare ainsi, au fur et à mesure de l'avancée de la préparation physique.

Les brevets et autres rando, vont permettre de travailler le physique, et pour le moral, il y a bien d'autres points d'entrée, d'autres questions :
Qu'est ce que l'on vient faire sur ce genre d'épreuve, qu'est ce que l'on vient y chercher, qu'est ce que l'on veut se prouver, à qui est ce que l'on veut prouver quelque chose.

En club ou en solo

Faire PBP en club, enfin avec un groupe de copains du même club, ou bien faire PBP "en solo" n'est déjà pas la même démarche. Le cyclo "club" et le cyclo "solo" ne fonctionnent pas de la même manière. Le premier souhaite une approbation, une reconnaissance du groupe, alors que le second cherche quelque chose de plus intérieur. Il n'a pas le même regard sur le groupe ni du groupe. C'est important me semble t-il pour une telle épreuve de connaître ses compagnons de route et de savoir qu'un-tel est dans le groupe, mais serait également très bien à rouler seul. Ce gars là n'a pas besoin du groupe, il peut cependant lui apporter une aide, si il le veut bien.

Trouver le leitmotiv

Il me semble qu'il est important, nécessaire, utile de trouver son leitmotiv sur cette épreuve qu'est PBP. C'est quoi mon but ? Comment j'y arrive ? Qu'est ce que je recherche ? Comment je vais l'obtenir. PBP ce n'est pas aller à Brest et en revenir. Bien que cela soit le début d'une approche grossière, c'est déjà avancer d'une étape à une autre. Avant Brest, il faut viser Mortagne, Villaines ... puis Loudéac, Carhaix, Brest etc puis penser aux moments de repos, de sommeil, de repas comme autant d'étapes réussies permettant de marquer ce qui a été réalisé puis de se projeter vers l'étape qui suit (lieu de contrôle, ou moment de repas).

Cette organisation en pensée du PBP permet de bien repositionner le cyclo dans son effort, dans l'ensemble des journées à vélo : savoir ce qu'il a fait, savoir où il est, savoir où il va.

Et se dire que chaque minute, chaque kilomètre, qui rapproche de l'étape qui arrive, l'ultime étape s'ouvre sur une formidable victoire sur soi.






Article mis à jour par Janol
le 21/10/2010
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Catégorie : Publication Cyclisme


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