PBP OU LA GRANDE AVENTURE

Running Recits

PBP OU LA GRANDE AVENTURE

C'est le récit d'une cyclote après son fabuleux parcours dans Paris Brest Paris


Ne vous méprenez pas, le sigle PBP ne signifie pas "Pas Besoin de Pédaler", mais PARIS/BREST/PARIS, aventure mythique du cyclisme, puis du cyclotourisme, qui devient pour tout participant une aventure personnelle extraordinaire.

Les brevets qualificatifs 200, 300, 400, 600 sont loin de donner une idée de ce qu'est réellement ce challenge. Le 600 a tout de même été pour moi une épreuve difficile, je me suis même jurée de ne pas faire PBP. Tout s'oublie, les souffrances s'évanouissent ainsi que les promesses à "chaud" ! Nous voici donc au milieu d'une foule hétéroclite internationale, et apparemment très heureuse d'être là.

Que la fête commence !

A 20 heures, nous assistons au premier départ, celui des DICKSON, TALABARDON, LEDU, bref les cadors venus faire moins de 80 heures (pour eux ce sera environ 43 heures !). La corne de brume libère les coureurs et les cris des spectateurs : Vélos classiques, tandems, triplettes, tricycles, vélos couchés s'envolent vers BREST. Mais à ce moment d'excitation infantile fait place un sentiment d'angoisse : Oui, maintenant c'est presque mon tour, il va falloir y aller et assumer mon choix. Nous souhaitons bonne chance à Michel, départ des 22 h (délais moins de 90 h) qui commence à avoir sérieusement les "choquottes" !

A 5 heures c'est notre départ, le départ du plus petit peloton (environ 450, contre 600 à 20 heures et 1800 à 22 heures). Le peloton s'élance à toute vitesse dans la nuit. Quelques motards nous ouvrent la route. Malgré cela il y aura une chute. C'est impressionnant de rouler dans un peloton de 450 cycles. Au petit jour c'est la Beauce qui nous accueille. Nous arrivons encore à suivre ce peloton (Daniel et moi) animé de femmes de tempérament 52 x 15 ou 52 x 13 pour les américaines, malgré le début de parcours vallonné, et des relances dans les bosses pour d'autres. Mais le Perche scinde le peloton à Mortagne, au ler contrôle. Nous avons parcouru 140 KM en moins de 5 heures, fini la folie des premières heures, nous avons 1200 KM à parcourir, maintenant il faut être sage ! Je n'ais pas les moyens physiques de faire de ce PBP une épreuve à fond la caisse. Je suis là pour relever simplement ce défi que je me suis lancé, il y a près d'un an.

Dès lors nous roulerons pratiquement seuls, aucun peloton ne convenant à nos différents rythmes. L'arrivée à chaque contrôle devient une petite victoire. Le rythme des jours s'efface. Il ne reste plus que le jour et la nuit, sans aucune différence pour les repas, puisque nous mangeons presque tout le temps.

A force de pédaler en dedans, au fil des kilomètres on finit pas ne plus l'être. On pédale comme on peut en essayant de limiter les dégâts !

Le parcours de la première nuit est difficile: bosses, routes étroites et obscures. La progression est lente malgré notre relative "fraîcheur" . Mais des lumières dansent de l'autre côté de la route, tout près de nous : ce sont les 9 premiers du départ des 20 h. C'est un très grand moment d'émotion. Ils reviennent de la terre que nous partons tous conquérir ! Et qui plus est à très vive allure malgré la nuit très noire. J'essaie de les encourager en quelques mots, mais aucune réponse, ils sont hyperconcentrés. C'est dommage, on a vraiment l'impression qu'ils ne participent pas à la même épreuve que nous.

L'arrivée à Brest, moralement c'est déjà un PBP gagné, après on a plus qu'à rentrer à la maison. Pourtant les organisateurs ne nous ont pas épargnés les bosses alentours, dont 1 superbe col dans les monts d'Arrée, y compris celle menant au gymnase pour le pointage. Là j'ai vraiment maudit l'organisation, et je crois que c'est bien le seul moment. Une douche réparatrice est la bienvenue, même s'il faut remettre des vêtements déjà portés pendant 600 KM (gain de poids évidemment !). Un bon repas, et c'est reparti, avec s'il vous plaît vent favorable !

Les fesses chauffent de plus en plus et la fatigue augmente. Heureusement la prochaine nuit, sera synonyme de repos. A LOUDEAC, kilomètre 800, c'est la queue pour tout : massages (Si vous avez le temps il ne faut pas s'en priver), repas, dortoirs. C'est avec délice que je sombre pour 4 heures de sommeil profond, au beau milieu de ronfleurs. Pourtant il fait froid dans ce gymnase et le matelas et les couvertures sentent le cycliste pas vraiment frais ! Je me réveille comme la Belle au bois Dormant, le baiser en moins, avec l'impression d'avoir eu un sommeil d'éternité, la super pêche quoi !

Mes tendons commencent à se réveiller. Pas de jaloux, un à chaque pied ! La douleur ne me lâchera plus, alternant avec celle des fessiers. Jusqu'à présent c'est la tête qui m'a emmené à Brest, mais c'est mon corps qui me ramène à Saint Quentin, et il me le fait savoir !

L'étape de nuit jusqu'à MORTAGNE est épique. Nous nous sommes perdus, sans carte, sans connaître le numéro des routes à emprunter. Heureusement nous n'étions pas seuls. Résultat de l'opération 20 km en plus. Evidement ce n'est rien, mais quand on commence à en avoir plein les bottes...... Et toujours la douleur.

Enfin NOGENT LE ROI au petit matin, c'est fini, nous ne sommes plus dans la campagne bretonne. Les routes sont laides, les habitations aussi. Il reste 56 km, une paille ! Ils me paraîtront plus longs que l'aller à BREST !!! D'autant que le paysage n'est pas des plus beaux et que les gros bahuts polluent notre petit matin. Nous traversons maintenant des endroits très sympathiques en bordure de la forêt de Rambouillet et les routes sont très vallonnées, il y a même une bosse à 12 %, quand on a tout donné, on peut bien donner encore !!! quoi !!! Sur cette route nous sommes très encouragés par tous les automobilistes qui tendent leurs pouces en signe d'admiration. Cela fait chaud au coeur.
Le panneau indique SAINT QUENTIN EN YVELINES.

Pourtant il faudra traverser toutes les villes nouvelles avant de toucher définitivement au but. Je suis étonnée d'être déjà arrivée ! Ce n'est pas possible, Je n'avais pas envie de sortir de ce rêve. J'ai l'impression de redevenir simple mortelle après avoir absorbé la potion magique de PANORAMIX.

Je ne peux retenir une larmichette lorsque devant le gymnase des droits de l'homme les spectateurs saluent notre arrivée par des applaudissements. Trop, c'est trop ! Tout se précipite alors: dernier tampon, une rose à l'arrivée, et puis plus RIEN. c'est FINI.

Je n'oublierai jamais la chaleur et le sourire des enfants bretons sur la route, qui nous tendaient à boire, à manger et la main pour taper comme si nous étions des huiles, ni ce groupe de villageois jouant de l'accordéon sur notre passage et chantant à 2 heures du matin. PBP n'est déjà plus qu'un gros tas de souvenir, on se demande même si cela était bien réel.

Nous avons été hardis, ou fous, nous avons conquit l'ouest... ... Breton. Dans nos bagages point d'or, mais un souvenir extraordinaire de liberté et de fraternité.

Ce récit ne me plait guère. Je n'arrive pas à trouver le ton et les mots justes. Normal : PBP est un rêve difficilement traduisible, mon rêve. Je ne peux transposer ni l'esprit, ni l'ambiance d'une telle épreuve. Ce récit est juste une foule de détails, alignés les uns aux autres, comme je les ais vécus. Si vous voulez vraiment savoir ce qu'est PBP, soyez curieux et rendez-vous en 1999 !!



PS : Comme je n'ai pas eu le temps de manger une crêpe, ce qui est un paradoxe en Bretagne, je me vois contrainte d'y retourner pour le PBP 1999, en TANDEM cette fois-ci, l'idéal pour pouvoir digérer tranquillement à l'arrière les crêpes et les petits verres de calvas que je me promet !


RE PS : AUX FUTURS PARTICIPANTS : venez participer à PBP vous vous ferez masser le postérieur par de belles bénévoles de la croix rouge ! Mesdames, FUTURES PARTICIPANTES, venez admirer les fesses des sus-nommés pendant qu'ils se feront masser (Quand même, ce qu'il ne faut pas faire pour rallier les foules pour 1999 !!!)


Extrait de "LA ROUE ENSOLEILLEE" n° 97 Décembre 1995 ~ ASPTT Marseille cyclo

Pour Paris Brest Paris 2011, voyez également Paris Brest Paris du rêve au projet


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