Millau 2008 le marathon le récit

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Millau 2008 le marathon le récit

Lorsque l'on parle de Millau et de course à pied, un seul nombre vient à l'esprit : 100, c'est pourtant un autre qui me fait avancer : 42,195 km.

C'est pour ce marathon très particulier que je suis entraîné, les bosses, la distance, tout y est.

Le parcours n'est pas difficile, le grand panneau affiché au départ indique 220m de dénivelée. Je sais que du coté du 100 bornes c'est autre chose, mais cette année, ce n'est pas pour moi, enfin c'est ce que je crois.

La préparation

Cela fait quelques mois que ce marathon est dans ma tête, dès Avril 2008, la préparation est envisagée et planifiée. Une prépa sur deux années, en septembre 2008 : le marathon, en Septembre 2009 : le cent bornes. Les dates sont posées, le calendrier est alors constitué : Septembre le marathon, sept semaines avant c'est la préparation au marathon et quelques semaines encore avant c'est un programme de remise en forme. Au préalable ce n'est que du fond, et ce d'Avril à Juillet.

Entre ces périodes, vont venir se caler des tests de VMA pour poser un objectif réalisable.

D'Avril à septembre, le temps sera long et le point de départ en course à pied est peu élevé. La vitesse n'est pas encore là et le fond en course à pied est peu présent avec une technique à améliorer.

Le dernier Marathon date de ... 1997, il était plat et permettait un temps sous les trois heures.

En juillet le test de VMA rends son verdict, un temps de 3h00 au marathon est possible, bingo. Les séances s'enchaînent sur piste, en forêt, sur route.

Durant les vacances l'objectif Millau prends forme avec des routes d'entraînement dans les bosses, et sous le soleil.

La préparation de Millau a un effet positif sur le moral et la motivation sur un objectif lointain est déjà présente.

Après juillet, ce sont les semaines d'entraînement marathon. Sur piste, à 14 km/h les séances de rythme ne sont pas aussi facile qu'il y a dix ans, alors à 15 km/h, par contre les séances de long se font très facilement avec des semaines à 90 km, en enchaînant jusqu'à 4 jours sans repos.

L'entraînement terminé, c'est l'heure de la course.

La course du marathon

Millau, la Mecque de la course à pied d'endurance, je découvre le site, l'organisation, les coureurs et les accompagnateurs.

Que de monde dans une ambiance que j'avais oubliée : la compétition. Triathlon, Marathon, course de vélo, l'ambiance sonne à mes oreilles comme si j'avais quitté ce monde là hier.

Millau, comme Embrun, a quelque chose de particulier, il y a un esprit famille, détente qui change de Paris et de son usine à coureurs du dimanche.

Le départ va avoir lieu, je remonte le peloton des coureurs qui descends la rue principale pour rejoindre la ligne de départ.

Pour ne pas être pris dans le flot des ultra-marathonien qui vont faire leur propre course à 8, 9 ou 10 km/h, je fais le choix de me positionner devant, avec les premiers.

Avant le dit départ, "les humbles" arrivent, ils portent tous le maillot du club de Millau et chacun porte une casquette indiquant le temps horaire dans lequel il va courir le 100 km. De 9h à 13 H, chacun trouvera ainsi son meneur d'allure.

Les 15 dernières secondes avant le départ sont applaudies, et le coup de feu libére les coureurs vers leur objectif temps ou kilomètres.

Le parcours n'est pas plat, ça je le sait, mais je ne l'ai pas reconnu et pars donc dans l'inconnu.

Je me suis entraîné dans les bosses et sur du long, voir sur du long avec des bosses. Mais je cours là mon premier marathon sur un terrain pentu.

Des les premiers kilomètres je fais le constat que mon temps de 4'17 au km ne sera pas respecté.

Durant la course, un fondeur vient me parler, me demander en combien je vais courir. Je lui indique que je cours sur le marathon et que je vise 3h00. De son coté, il veut tourner le marathon en 3h12 pour un final en 8h. Je resterais un peu avec lui, puis avant le semi je le perd de vue.

C'est à ce moment que le dur de la course se présente, la montée est brutale, la descente est lente. Mais je n'arrive pas à accélérer. Le rythme cardiaque est élevé et je ne peux aller plus vite sans me mettre dans le rouge. Je n'ai pas mal aux jambes, mais je n'arrive pas à tourner à mon rythme de course.

Passé le trentième kilomètre, il n'y a presque plus que de la descente, mais j'ai un mal fou. Je calcule la distance qui me reste et le temps final est estimé à 3h40.

Bigre, que c'est difficile Millau, ma préparation ne semble guère adaptée à ce profil ou a mon objectif, ou bien quelque chose ne va pas.

A mois de trois km de l'arrivée le meneur d'allure de 9h me dépasse, il emmène avec lui un petit peloton.

La panneau 40 km surgit, me reveillant dans mes souffrances, et j'essaye de ne plus penser qu'a l'arrivée.

Je traverse les rues sous les platanes et reconnaît enfin le "Parc de la victoire".

"Allez Papa", tiens voilà que je vole vers l'arrivée, je n'ai plus mal nulle part et je grimpe la dernière côte comme à l'entraînement.

Moins de 3h40, c'est gagné, mais de quelques minutes seulement, il y a déjà une quarantaine de coureurs arrivés. Mon objectif est loin, mais j'ai terminé mon cinquième marathon, et ça ça me réconforte, Millau le 100 bornes, ca va être possible !

Après le marathon

De retour à la maison, j'essaye de comprendre ma "mauvaise perf", mais je n'ai toujours pas trouvé. Le lendemain du marathon, j'ai réussi à trottiner sur 10 à 20 mètres, le jeudi j'ai fait une sortie normale, et le samedi une sortie longue. Je me souviens avoir eu plus de difficulté lors des marathons précèdents, je n'ai donc pas couru à 100 % de mes possibilités. Est ce que je ne me suis pas trop entraîné en pensant Millau le 100 bornes, plutot que Millau le Marathon.

Il me semble que l'épreuve du 100 km est tellement grande, qu'elle nécessite du recul pour l'aborder, il faut l'apprivoiser, patienter pour que le cerveau se fasse à l'idée de cette épreuve.

J'ai couru un marathon, c'est certain, mais dans ma tête il y avait l'idée du 100 bornes, il y avait le 100 bornes même. J'ai couru, mais inconsciemment je me suis testé face à cette épreuve. Depuis Avril, rare sont les jours où Millau n'est pas dans mes pensées.

Tout cela est bon signe, non ?







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