Tour du Mont Blanc : vers le refuge Elisabetta Soldini

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Difficile journée que cette troisième étape du TMB : Refuge de la Croix du Bonhomme vers le refuge Elisabetta Soldini. Au coeur des glaciers et des torrents.



Lundi 7 Septembre 2009

Petit déjeuner à 7h00 en compagnie de 2 israéliens venus faire le TMB, le départ est à 7h45 sous un ciel limpide. Revenant en 10 minutes au col de la Croix du Bonhomme nous prenons la direction du col des Fours. Pas de vent, 7 degrés, nous sommes les premiers sur cet itinéraire. Le temps est sec car il n'y a pas de gelée blanche. Au col nous cherchons quelques instants le chemin de la Tête Nord des Fours, dont on distingue la table d'orientation. Cette variante nécessite une météo excellente et est conditionnée à l'absence de neige. Ce parcours nouvellement tracé sur la carte IGN 2009 rejoint le refuge Robert Blanc.



Tête nord des Fours Tour du Mont BlancNous trouvons l'enchaînement des cairns, qui, peu à peu, avec quelques errements, nous conduisent à la Tête Nord des Fours. D'ici, on distingue toute la vallée des Contamines. Nous revoyons le trajet fait la veille. Tout est à l'ombre et les lacs Jovet, 500 m. plus bas, paraissent bien petits. A partir de là, on suivra un sentier cairné, traversant les éboulis et les pierriers qui descendent des crêtes séparant la Vallée des Glaciers du Val Montjoie. Il faut être très attentif et vigilant. Plusieurs fois nous hésiterons, reviendrons parfois sur nos pas, nous égarerons momentanément pour retrouver plus bas (en ayant une vision un peu supérieure) le chemin vers le refuge Robert Blanc. On ne peut pas parler de sentier car même si par endroits on devine l'agencement des cailloux et blocs, il faut un peu d'imagination ou de discernement pour être sûr d'être sur le bon chemin. Une jolie femelle bouquetin et son jeune de l'année dernière se lèvent à notre passage. Ils s'éloignent sans précipitation dans les éboulis. A 9h50, nous franchissons le col des Bouquetins.



Sous le col des Tufs Tour du Mont BlancLa vue septentrionale du col est grandiose. Outre les 2 petits lacs situés sous le col d'Enclave on distingue la partie sommitale du Glacier des Glaciers et son Aiguille éponyme. Lacets bien serrés, nous abordons avec précaution la raide descente pour rejoindre les 2 petits lacs dont l'un presque à sec. Le chemin contourne le plus grand par la gauche mais le confondant avec le lac d'Enclave, situé plus haut, nous traversons les blocs par la droite. Rapidement à l'aplomb de la Brêche des Têtes, nous retrouvons les cairns. Dans la vallée, les moutons montent peu à peu. Le sentier rejoint le chemin qui par le col d'Enclave monte des lacs Jovet. Un vieux monsieur, équipé de chaussures légèrement montantes, en descend. Il s'en accommode fort bien et nous le laissons passer devant. Le sentier se raidit pour passer le col de la Grande Ecaille, parcours en lacets serrés dans des roches délitées mélangées à de la boue noire. Le vieux monsieur qui nous précédait nous laisse passer.



Brêches de Têtes Tour du Mont BlancJacky me prête un bâton car la descente est terreuse, humide, glissante. Nous surplombons l'épanchoir, vaste replat sableux et boueux en contrebas du Glacier des Lanchettes. Ce dernier est situé bien plus haut que la carte ne l'indique.

Sur le versant opposé, le refuge Robert Blanc semble minuscule dans ce grandiose décor rocheux. La descente jusqu'au torrent est émaillée de blocs de quartz bien blanc qui ont dévalé des crêtes. Nous traversons cette sorte de delta sableux aux multiples bras de rivière et passons devant le panneau "Robert Blanc 45 min".

Ce sera avec Nicole qui monte très doucement une heure. De nombreux passages nous rappellent les grimpées du GR20 (Corse) des deux précédents voyages. Escalade facile et sauts de bloc en bloc. Nicole a du mal et nous l'attendons fréquemment, faisant de cette ascension un véritable "interval training". Nous nous serons, Jacky et moi, arrêtés au moins autant de temps que nous aurons grimpé. La météo étant excellente nous profitons largement des paysages. La montée vers le refuge Robert Blanc est chaotique, ponctuée de marques de diverses couleurs et de cairns.

Un couple de randonneur quitte le refuge juste avant notre arrivée. On enlève les chaussures, on sort les repas et je commande 3 coca au gardien qui farniente avec sa copine sur la terrasse ensoleillée en contrebas. Nous mettons les chaussures au soleil, et déjeunons à l'intérieur. A 2.750 m. l'air est frais. La pause durera presque une heure, histoire de recharger les batteries et de se reposer un peu. J'avais annoncé cette étape comme la plus dure, elle répond parfaitement à ses promesses. Vers 13h30, nous repartons non sans faire le complément des Camelbak. Le sentier, dans un premier temps, est d'une grande facilité. Nicole a pris un peu d'avance et sert de contrepoint aux photos de paysage. Nous croisons une arête descendant de la Pointe des Lanchettes et dévalons ensuite sur la crête de la moraine latérale laissée par le Glacier des Glaciers.



glacier des Glaciers Tour du Mont BlancLe recul est impressionnant et la moraine fort élevée. Il fut un temps où le glacier devait non seulement descendre plus bas, mais aussi être bien plus épais. Un petit pont a été aménagé pour traverser un torrent. Nombreux, déjà, furent ceux qui nous avaient barré le passage. Mais celui ci, bien que peu large, présente un fort débit. Pas question de sauter de rocher en rocher. Quelques photos pour "immortaliser l'évènement", nous montons un goulet fort pentu surplombé d'une falaise.

Nous sortons de ce passage étroit par une série de câbles et de marches scellées dans la roche. Depuis le refuge, le dénivelé est globalement négatif et mes pieds souffrent. J'ai la face externe du 5ème orteil douloureuse.



Ruisseau des Cabottes Tour du Mont BlancDernier torrent facile à traverser, déjà, de loin, je voyais le sentier franchir une barre rocheuse délitée, genre ardoises, écailles se clivant et terre noire gorgée d'eau. La surface brillait à contrejour. La pente me paraissait très forte et glissante. Heureusement la voie est sécurisée par un câble. Ceux ci sont noirs de terre, voire même, on pourrait en douter, un peu gras (serait-ce des shistes bitumeux ?). Nous enchaînons les volées, laissant à chacun le temps de grimper entre chaque ancrage, afin de ne pas trop les solliciter.

Au débouché, une sorte de plateau sommital herbeux, on rejoint par un balisage de poteaux et de cairns la frontière franco-italienne. La borne 2998 sera la première rencontrée. Et déjà, nous retrouvons un peu de monde autour du gros cairn marquant le col de la Seigne. Il est 15h55. Nous aurons mis, en enlevant l'heure de déjeuner, un peu plus de 7 heures pour faire la liaison Refuge de la Croix du Bonhomme - Col de la Seigne. Le Val Veny, nous ouvre ses portes et le Vallon de la Lée Blanche semblant fort accueillant. Son côté verdoyant nous charme et contraste avec l'ambiance minérale que nous venons de connaître. Le sentier est large, la pente douce. Au loin, nous distinguons le versant oriental du Mont Blanc et en fond de vallée la rivière aux larges méandres de galets. On ose imaginer la débit lors de la fonte des neiges. Sur la droite, les crêtes qui courent du col au Mont Léchaud se poursuivent du col de Chavannes aux monts Percé et Fortin. Ce sentier un instant envisagé lors des préparatifs printaniers a l'air très aérien et complètement minéral. Nous sommes impressionnés par la vision des derniers lacets du col de Chavannes, tout comme par la descente de celui ci vers le vallon de la Lée Blanche.



Lée Blanche Tour du Mont BlancPassé le petit refuge de la Casermetta, le sentier retrouve un profil presque plat. Une large vallée est occupée par un pâturage. Au ressaut de l'Alpe Inférieure de la Lée Blanche un troupeau est à la traite. L'électricité est fournie par une petite éolienne. Les vaches sont belles, grasses et de beaux sujets de premier plan pour photographier notre refuge situé en surplomb. Il est lui même dominé largement par le glacier de la Lée Blanche et ses torrents de fonte.

Ruines et bâtiments en réhabilitation cohabitent. Un dernier ressaut et nous arrivons au refuge Elisabetta Soldini, nom d'une femme décédée en montagne. A sa mémoire, son mari Mario Giuseppe Soldini fit construire ce refuge en 1953.

L'un des employés nous attribue une chambre de quatre, que nous partageons avec un italien. Les douches sont chaudes et le jeton donne 20 litres d'eau.
A table, c'est minestrone, grillade de porc et purée, salade verte avec quelques tomates et une nectarine "à croquer". Les serveurs sont polyglottes et jonglent facilement avec le français, l'anglais, l'allemand. Nous dînons en échangeant quelques mots avec un londonien. Couchés à 21h00, j'écrirai à la frontale ces dernières lignes.

Philippe CHOPIN



Ensuite direction le refuge Maison Vieille



Les étapes Tour du Mont Blanc :

TMB1 - Nid d'Aigle vers les Contamines Montjoie
2 - Refuge de la Croix du Bonhomme
3 - Refuge Elisabetta Soldini
4 - Refuge Maison Vieille
5 - Refuge Bertone
6 - Refuge Bonatti
7 - La Léchère à Ferret
8 - Champex
9 - Le Peuty
10 - Gîte du Moulin à Montroc
11 - Vallorcine
12 - Chalet du Lac Blanc
13 - les Houches
14 - le Fayet





Article mis à jour par Philippe Chopin
le 05/06/2010
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Catégorie : Publication Randonnee


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